3:54 - jeudi septembre 29, 2016

Panne de courant pour la voiture électrique

Lu 516 fois Jean-Brice Sénégas 0 réaction
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Trop dangereuses les batteries des voitures électriques ? Les révélations d’un chercheur provoquent la panique chez les constructeurs automobiles…

La semaine dernière dans le journal Le Monde, Michel Armand, chercheur au CNRS, dénonçait le fait que les batteries utilisées pour les voitures électriques en France nee soient pas assez sûres…

Tempête dans le landernau des constructeurs français, surtout pour Renault, à quelques mois de la commercialisation de sa Zoé… PSA tremble aussi, lui qui a déjà commencé à vendre ces citroën C zéro et Peugeot Ion…

Les craintes du chercheur françaisvisent la technologie choisie par PSA et Renault pour fabriquer leurs batteries lithium-ion…

Michel Armand, dr en électrochimie, travaille depuis 20 ans sur le sujet…il trouve trois inconvénients majeurs à ces batteries lithium Ion à cathode en oxyde manganèse…

Elles fonctionnent à un haut potentiel électrique, et une surcharge peut créer des risques d’incendie, voire d’explosion… en cas d’incendie, une batterie de ce type dégage des fumées fortement toxiques, notamment du fluorure d’hydrogène…Avec des conséquences graves si le véhicule se trouve par exemple dans un parking souterrain ;

Mais le risque peut aussi provenir d’un choc avec un objet contondant, qui en heurtant la batterie créé un court-circuit.

Enfin, l’usure de la batterie, en cas de vieillesse ou de surchauffe, peut elle aussi engendrer un incendie, comme cela s’est produit sur une voiture de la poste au mois de mai.

Le chercheur Michel Armand n’est pas le seul à sonner l’alarme : le ministère de l’écologie et du développement durable a publié au mois de juin un mémorandum là encore négatif.

Cette fois c’est la recharge des véhicules qui est visée…dans le rapport du ministère, il est écrit qu’il faudrait séparer de 15 mètres les points de rechargement des véhicules, ou mettre des parois coupe feu entre les véhicules en charge pour éviter tout incendie.

Les constructeurs rejettent ces critiques en bloc, et se défendent de proposer au public des véhicules qui présenterait le moindre risque.

Renault explique dans le nouvelobs qu’il a déjà mis sur le marché 10000 véhicules grâce à son partenaire japonais Nissan, et qu’aucun problème de sécurité n’a été rencontré.

Le constructeur français affirme que cette technologie de la cathode à oxyde de manganèse est le « meilleur compromis entre impératifs de sûreté et exigences économiques ». Selon les tests effectués par Renault, le risque d’émanation de fumées toxiques lors d’un éventuel incendie seraient très en dessous des normes admissibles.

On peut se demander pourquoi les risques seraient supérieurs à des appareils de notre quotidien, qui utilise cette même technologie ?

Parce que ces batteries de voiture comportent un très grand nombre de cellules, bien plus important que dans nos téléphones ou ordinateurs.

Voilà pourquoi l’institut national de l’environnement industriel et des risques, l’Ineris, émet lui aussi un avis négatif.

Son rapport sur le sujet conclue à la présence de risques électriques et chimiques de ces batteries.

Il parle de l’emballement thermique, un phénomène où lorsqu’une des cellules s’échauffe trop, des réactions chimiques en découlent, elles augmentent la chaleur, pour produire ensuite un incendie ou une explosion.

Mais PSA se défend de tout risque.

Les batteries de ses voitures électriques seraient protégées par un emballage physique, et contrôlées par un système de sécurité qui veille sur la tension des cellules, la température et le courant électrique dans la batterie.

A l’heure actuelle, la recherche n’a pas vraiment de solution miracle.

Le pamphlétaire dr en électrochimie Michel Armand prêche pour sa paroisse en préconisant la technologie au Lithium ion au phosphate de fer, à laquelle il a participé.

Mais elles pourraient aussi produire des émanations dangereuses d’acide fluorhydrique, les mêmes que l’autre technologie aujourd’hui mise en cause, selon PSA.

Certains réclament de nouvelles homologations de ces technologies, des labels de sécurité, en quelque sorte. Au vu de l’ampleur du doute créé dans l’opinion, les constructeurs vont certainement devoir faire de très gros efforts pour rassurer les futurs acheteurs de voitures électriques.

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Jean-Brice Sénégas
Responsable du secteur mobilité de Fréquence Terre

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