11:01 - lundi septembre 26, 2016

La qualité de l’eau du robinet reste à améliorer

Lu 500 fois Philippe Boury 0 réaction
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Près de deux millions de français paieraient pour une eau polluée !

C’est le constat dressé par l’UFC Que Choisir dans une étude sur la qualité des eaux en France.

L’analyse, publiée par l’association de consommateurs, met en évidence la non-conformité de l’eau distribuée aux consommateurs dans certaines régions.

Les polluants décelés, tels les pesticides, les nitrates, le sélénium, mettent en lumière les graves menaces que la pression agricole fait peser sur la ressource.

L’étude met l’accent sur les départements où l’eau est dégradée par une agriculture intensive.

Une partie du Bassin Parisien – l’Eure-et-Loir, le Loiret, la Seine-et-Marne et l’Yonne – ainsi que le Nord et la Champagne – le Pas-de-Calais, la Marne et l’Aube – sont particulièrement visés.

Ce phénomène n’est pas nouveau, malheureusement. L’agriculture est montrée du doigt depuis de nombreuses années. Et la situation ne semble pas s’améliorer, si l’on en croit l’UFC Que Choisir, qui constate que l’utilisation des pesticides par le monde agricole n’a pas baissé depuis 10 ans. En cause, le fait que les pollueurs ne seraient pas les payeurs. Car si l’agriculture est responsable pour 74% de la pollution aux nitrates et 90% de la pollution aux pesticides, la « facture pollution » est supportée à 90% par les consommateurs.

Ces dépenses supplémentaires dues aux pollutions agricoles représentent 7% à 12% de la facture des ménages, soit un coût de 640 millions à 1140 millions d’euros !

Ce défaut de qualité de l’eau distribuée n’a pas qu’un effet sur les portes monnaies… La santé des usagers est aussi concernée.

A ce sujet, la Direction générale de la Santé indique que le risque susceptible posé par les pesticides est une exposition sur le long terme, à des doses faibles mais répétitives, et avec des interactions entre des pesticides de différentes natures.

Cancers, troubles du système nerveux et troubles de la reproduction pourraient être générés par ces pollutions.

Pesticides, nitrates, sélénium, aluminium ou radioactivité, les différents polluants décelés, ne sont, certes pas, la généralité.

Selon l’UFC Que Choisir, 97,5% des Français ont accès tout au long de l’année à une eau de bonne qualité. Mais des carences restent encore à combler, notamment en terme de traitement des eaux, qui peut ne pas être irréprochable partout.

Les pratiques agricoles doivent aussi évoluer.

L’association de consommateur demande que des aides financières de la Politique Agricole Commune soient réservées aux modes de production s’inspirant des approches de l’agriculture intégrée et de l’agriculture biologique.

Les aides financières de la Politique Agricole Commune doivent être réorientées vers l’agriculture biologique, ou tout du moins responsable de l’environnement, et des sanctions financières dissuasives devraient également être appliquées.

Ces constats et ce combat sont aussi ceux du WWF qui tire la sonnette d’alarme. Face à la dégradation autorisée et généralisée des eaux potables distribuées, l’organisation demande

que soit développée une expertise indépendante et qu’il y ait une meilleure transparence sur les données publiques. Deux impératifs nécessaires pour répondre aux exigences sanitaires et pour rassurer la population.

Car, malgré ces dysfonctionnements, il faut rappeler que l’eau du robinet reste la plus économique et la plus respectueuse de l’environnement. A qualité équivalente, elle est jusqu’à 130 fois moins chère que l’eau en bouteille et contribue près de mille fois moins à l’effet de serre.

L’enjeu d’une eau de qualité est donc primordial, tant du point de vue du pouvoir d’achat, que de l’environnement.

Pour en savoir plus sur la qualité de l’eau que nous consommons, deux sites sont disponibles. Tout d’abord, l’UFC Que Choisir qui publie la carte de la qualité de l’eau dans votre commune… Elle vous permet de visualiser précisément la teneur en polluant desservis chez vous.

Et le WWF met à votre disposition des cartes interactives pour voir l’état des eaux et son évolution partout en France.

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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