12:32 - mercredi septembre 28, 2016

Assassinat d’abeilles par graines enrobées !

Lu 565 fois Gilles Soulhac 0 réaction
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Les graines de maïs enrobées d’insecticides peuvent faire des ravages chez les abeilles. Non pas seulement quand les plantes fleurissent et que les abeilles se nourrissent de pollen mais au moment du semis. Lors de cette opération, des millions de microparticules sont mises en suspension dans l’atmosphère. Même si les quantités sont infinitésimales, cela suffit à contaminer les abeilles qui survolent le champ à ce moment-là ou qui butinent à côté. C’est le résultat d’une étude publiée par une équipe de l’université de Padoue dans la revue Environmental Science and Technology, éditée par la Société américaine de chimie.

Les semences enrobées appartiennent à une famille d’insecticides dits systémiques. Le principe est le suivant: au lieu que les pesticides soient pulvérisés sur la terre ou sur les plantes, il sont mélangés dans une pâte qui entoure la graine. En germant, la plante absorbe le poison dans ses tissus par l’intermédiaire de la sève. Le procédé est largement utilisé pour une nouvelle famille d’insecticides: les néonicotinoïdes qui agissent sur le système nerveux central des insectes. Mis au point dans les années 1990, ils sont accusés par les apiculteurs d’être une des principales causes de la mauvaise santé des abeilles.

L’équipe pilotée par Andrea Tapparo a relevé la présence de molécules insecticides sur des abeilles mortes qui avaient traversé le champ expérimental au moment du semis pour aller chercher du sucre déposé dans un nourrissoir. Ils ont fait le même constat avec des abeilles enfermées dans des cages et placées à différentes distances du semoir.

«L’étude italienne est sérieuse mais l’exposition des abeilles est irréaliste», critique François Thiboust, de Bayer. «En France, plusieurs apiculteurs ont subi des dommages lors de semis», assure Henri Clément, de l’Unaf (Union nationale des apiculteurs de France). «Non seulement les graines enrobées ne sont pas écologiques mais elles ne sont même pas pertinentes d’un point de vue agronomique. Cela revient à faire un traitement préventif systématique au lieu d’appliquer la dose au bon endroit au bon moment».

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Gilles Soulhac

Gilles Soulhac

Gilles Soulhac est avant tout un passionné de la nature. Journaliste à Genève en Suisse, il est aussi membre des journalistes des nations unies. Sa situation géographique (ONU, OMS, CNUCED...) lui permet la rencontre avec des personnalités du monde de l'écologie, des scientifiques, décideurs et grandes ONG environnementales. Pour sa part, aujourd'hui dans les différents débats environnementaux, l'enjeu reste la transparence.
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