1:18 - dimanche décembre 11, 2016

Mal de Terre – Hubert Reeves et Frédéric Lenoir, aux Editions du Seuil

Lu 483 fois Olivier FRIGOUT 0 réaction

Cette semaine, je
n’ai pas de nouveauté à vous proposer, c’est l’occasion d’un retour
en arrière sur un livre qui m’a personnellement beaucoup apporté, et
que je conseille à chacun d’entre-vous. L’ouvrage est en fait le
recueil d’entretiens entre quelqu’un que l’on pensait plutôt la tête
dans les étoiles, L’astrophysicien *Hubert Reeves,* et le journaliste
*Frédéric Lenoir,* philosophe, sociologue et historien des religions.
*Mal de Terre* est un plaidoyer pour la planète, la nôtre, et pour
l’intelligence humaine qu’Hubert Reeves espère toujours voir triompher
des errements de notre espèce.

Réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles,
pollutions des sols et de l’eau provoquées par les industries civiles
et guerrières, disparité des richesses, malnutrition des hommes, taux
d’extinction effarant des espèces vivantes, Hubert Reeves passe en
revue tous les maux de la Terre, avec la rigueur scientifique qui lui
est propre.
Mais il va plus loin, en détaillant les options qui nous sont offertes,
et pourquoi certaines sont l’avenir alors que d’autres sont des
leurres. Son constat est accablant, mais il garde cette démarche
optimiste qui lui est propre, peut-être parce qu’il craint plus pour le
devenir de l’espèce humaine que pour celui de la nature. Car si la vie
sur Terre est robuste, dit-il, c’est l’avenir de l’espèce humaine qui
est en cause. Le sort de l’aventure humaine, entamée il y a des
millions d’années, va-t-il se jouer en l’espace de quelques décennies
?, s’interroge-t-il aux fil de ses échanges avec Frédéric Lenoir.
Précis et documenté, ce livre n’en est pas moins empreint d’une réelle
poésie, indissociable du personnage et de sa perception cosmique du
monde, de la vie. Et je terminerai sur un passage qui me semble résumer
la relation intime que cet homme de science noue avec la nature :
/ »Les vivants existent de leur plein droit et n’ont pas à se justifier
d’exister. Les expressions « espèces nuisibles » et « mauvaises
herbes » ne sont que le reflet d’un préjugé séculairement ancré jusque
dans la Genèse que les plantes et les animaux sont là pour nous servir
ou nous réjouir et que nous avons sur eux un droit discrétionnaire. En
réalité nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres, et, face aux
disparitions dont nous sommes responsables, nous mériterions vraiment le
qualificatif d’espèce nuisible à l’harmonie et à la préservation de la
biodiversité. »/

*Mal de Terre – Entretiens d’Hubert Reeves avec Frédéric Lenoir, publié
aux Editions du Seuil, est toujours disponible dans les meilleures
librairies.*


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