12:38 - samedi décembre 3, 2016

La vraie vie d’un végétalien

Lu 891 fois Marie Fin 1 réaction
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Un végétalien, pour la majorité des habitants du pays aux 350 fromages est un extraterrestre qui ne mange ni viande, ni poisson (passe encore), ni aucun produit issu de l’animal. Autrement dit, ni œuf, ni laitages, et ni fromages… et pas de miel non plus ! Cette triste perspective gastronomique peut faire paniquer le Français soudainement nez à nez avec un végétalien. Or, le paradoxe veut qu’il existe des Français végétaliens… et qui s’en trouvent fort bien.

Le végétalien doit donc faire face en société à une incompréhension quasi systématique concernant ses choix alimentaires, jugés trop restrictifs. Il en est presque à devoir se justifier. Mais aussi, il doit rassurer son interlocuteur quant à son état de santé, car un végétalien est, selon l’opinion générale, forcément carencé.

Sur ce point, certes, il est peut-être plus menacé d’être carencé, mais s’il est attentif, il peut y échapper facilement grâce à une connaissance basique des teneurs en minéraux et vitamines des aliments. Par exemple, même sans produits laitiers, il est aisé de consommer assez de calcium. Savez-vous que l’algue wakamé contient autant de calcium que le lait aux 100 grammes ? Les amandes, fruits secs, certains légumes comme le brocoli en contiennent beaucoup et permettent rapidement d’atteindre la dose journalière recommandée d’environ 0,8 gramme.

Quant à la vitamine D, une exposition quotidienne d’un quart d’heure à peine au soleil du visage, des mains et des avant bras, et le tour est joué ! Si vous habitez dans le Nord de la France ou en Irlande, il suffit de vérifier son taux dans le sang, et prendre un complément annuel si besoin, largement suffisant.

Côté protéines, on en a déjà parlé dans de précédentes chroniques, un végétarien ou lien averti se soucie comme de l’an 40 d’une carence en protéines, car il sait que son alimentation lui en fournit de façon largement suffisante. Le mythe des protéines est révolu depuis belle lurette pour lui !

Les oméga 3, très présents dans le poisson, il les trouve dans les noix, huile de noix et de colza, et dans les graines ou huile de lin.

La carence en fer n’est pas non plus réservée aux végétaliens : ceux qui le sont le sont pour des raisons annexes, comme l’est un carnivore anémié.

Seule carence possible et même plutôt fréquente pour un végétalien : celle de vitamine B12. En effet, si on la trouve dans le règne végétal, notamment des algues, le temphe, le miso, ses quantités peuvent s’avérer insuffisantes. Là encore, pas de panique, il suffit de se supplémenter : on trouve en pharmacie des ampoules végétaliennes à très faible coût, et même remboursées en cas de carence. Une ampoule Gerda par semaine est suffisante.

La principale difficulté d’un végétalien, dans sa vraie vie est d’ordre social. Sortir, manger à l’extérieur quand on a pas le choix du restaurant équivaut presque à décommander ou se faire préparer d’avance un repas spécial. Même scénario pour les invitations d’amis pour qui la préparation d’un repas végétalien relève de l’exploit culinaire, quand ils osent s’y aventurer.

Cette connaissance de terrain, je la dois à une période d’un mois et demi pendant laquelle j’ai adopté ce régime. Côté santé, je me suis sentie à l’aise, surtout au niveau digestif, mais il a fallu m’habituer à manger différemment, plus d’oléagineux, de pâtes à tartiner végétales, d’algues, de grains… Ce régime assez marginal dans l’hexagone demande quelques efforts, et une fréquentation des magasins diététique et biologique. Elle invite à découvrir de nouveaux ingrédients : c’est cet aspect qui m’a plu. Côté finances, quand on sait que la part du budget alimentaire français consacré à la viande est de 22% de son budget alimentation, le végétalien ne risque pas de dépenser plus, même en mangeant bio ! Mais il doit lire les étiquettes avec encore plus d’attention, car certains produits comme la bière, le vin, les jus et certaines confiseries contiennent des additifs issus des animaux, sans que cela ne soit clairement indiqué.

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Marie Fin
Je suis une grande voyageuse toujours à l'affût de découvertes, avec une préférence pour l'Orient : Inde en particulier, Asie en général. Ma formation en philosophie m'invite à me poser des questions sur notre façon de vivre, et à trouver des réponses pour l'améliorer. Passionnée de nature, d'environnement, de diététique, je cherche à allier cette nature et cette quête de bien-être pour tous nos auditeurs. Vos suggestions sont les bienvenues !

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