11:01 - lundi septembre 26, 2016

Curitiba, la ville écologique

Lu 893 fois Philippe Boury 0 réaction
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Si de nombreuses villes françaises se convertissent, petit à petit, au développement durable, dans d’autres endroits du globe, la conversion s’est opérée depuis un peu plus longtemps.

C’est le cas, par exemple, au Brésil. A Curitiba, au sud du pays, les municipalités successives travaillent depuis près de 40 ans au développement de la ville dans le respect des populations et de l’environnement.

A une centaine de kilomètre de l’océan, la capitale de l’Etat du Parana a vu sa population multipliée par 12 en 50 ans, passant de 150.000 habitants en 1950 à près de 1.8000.00 habitants en 2006. Une forte croissance démographique qui n’est pas allé sans poser de problèmes.

La place de la voiture s’est fortement accrue et les favelas côtoient les quartiers plus résidentiels.

Il a fallut très tôt anticiper cette croissance. Car les habitants de Curitiba ont souhaité conserver la douceur de vivre de leur cité. Ils redoutaient que le développement soit mal maitrisé comme dans d’autres mégalopoles brésiliennes telles que Rio ou Sao Paulo.

Un programme d’urbanisation innovant a été mis en place afin d’associer croissance économique, développement social et protection de l’environnement.

Un des premiers chantiers engagé a été le développement d’un réseau de transport en commun qui soit la colonne vertébrale d’une urbanisation cohérente. Plutôt que de construire un métro, comme beaucoup de grandes villes, Curitiba opte pour des autobus en site propre. Les véhicules extra-longs, bi-articulés, et pouvant transporter 270 passagers, sillonnent la ville au milieu des artères principales. Les stations, des tubes transparents servant de sas, sont conçues pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Elles sont équipées de points d’achats de tickets, comme dans des stations de métro afin d’éviter l’attente à la montée dans les bus.

On y trouve des kiosques à journaux, des fleuristes… De quoi patienter sereinement avant d’embarquer à bord des bus… Une attente qui reste limitée : toutes les deux minutes, un bus s’arrête devant les stations-tubes !

Le maillage du réseau à été pensé pour desservir pleinement et rapidement à la fois le centre de la ville et l’ensemble de la périphérie. 340 lignes de bus sur plus de 1000 km…Résultats : 2,4 millions de curitibains utilisent quotidiennement les transports en commun, alors que plus du tiers de ces passagers possèdent une voiture. 80% des déplacements urbains sont effectués en bus.

Des zones piétonnes agrémentent aussi le paysage de la cité… Et pour éviter de multiplier les déplacements, la municipalité a créé dès 1985 des « rues de la citoyenneté ». A proximité de chaque terminal de bus, ces rues regroupent la plupart des services publics, des commerces, des salles polyvalentes pour les activités culturelles et sportives, ou encore des magasins familiaux… Ces 9 rues, véritables pôles de services de proximité desservant chacune environ 20.000 personnes, sont gérées par des représentants de quartier. Une démocratie participative avant l’heure qui permet de résoudre rapidement les problèmes locaux ponctuels.

La gestion des déchets fait aussi partie de la démarche écologique de la ville. Lancée en 1989, la collecte des déchets est l’affaire de tous. Deux fois par semaine, des camions sillonnent la ville et réceptionnent les paquets de papier, de verre ou de plastique préparés par les habitants. En échange, les curitibains reçoivent un kilo de nourriture ou des tickets de transport.

Les déchets collectés sont triés et valorisés dans des centres spécialisés qui emploient des personnes en difficulté.

Au total, Curitiba récupère et tri plus de 13% de ses déchets, alors que la moyenne dans les autres grandes villes brésiliennes est de 1%.

D’autres réalisations de cette ville durable avant l’heure pourraient encore être citées… Comme les « phares du savoir », des centres culturels gratuits, proposant bibliothèque, ou accès Internet… Ou encore la « ligne pour l’emploi » ou les « hangars de l’entrepreneur », autant d’actions menées pour favoriser l’emploi et un aménagement du territoire raisonné. Les centres de santé gratuits, l’école, les espaces verts font aussi partie des lignes directrices du développement de la ville.

Depuis 40 ans, la volonté des municipalités successives porte ses fruits. Le dynamisme économique de Curitiba fait presque figure de modèle au Brésil. Avec un taux de chômage de 4%, les exigences environnementales et sociales se combinent avec réussite. Un modèle qui tente de faire des petits dans le reste de l’Etat du Parana et qui pourrait aider les autres villes d’Amérique latine, mais aussi des villes européennes pourquoi pas, à dégager des pistes d’actions pour contribuer à un développement plus durable.

Pour aller plus loin :

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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