5:30 - jeudi septembre 29, 2016

Communiqué – Lettre ouverte aux spécistes

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Amateurs de viande, produits laitiers, œuf, cuir, fourrure, laine, spectacles avec animaux, pro-vivisection

Mon but n’est pas de vous importuner mais il me paraît très important d’accorder une  attention toute particulière à la condition animale: condition de vies effroyables de milliards d’êtres sentients chaque année.

Le mot « sentience » existe en anglais mais il n’a pas de correspondance dans la langue de Molière, ce qui n’est sans doute pas un hasard, hélas !..
La souffrance physique d’un animal est en principe collectivement admise mais sa souffrance psychologique, bien souvent, ne l’est pas encore. C’est un peu cela que l’on peut appeler la sentience, cette capacité à ressentir la souffrance morale et toutes sortes d’autres sentiments du plus agréable au plus intolérable, à l’instar des humains.

Ainsi, les animaux souffrent terriblement de leur privation de liberté, de leur emprisonnement (y compris  quand ils sont nés en détention, les mouvements stéréotypés des animaux dans les cirques en sont une preuve parmi d’autres) ou de la séparation des uns avec les autres (comme par exemple les vaches folles de douleur pleurant leur petit veau qu’on leur a arraché, ce, pour lui voler  son  lait destiné par l’homme à l’homme alors qu’il revenait de droit au petit. Dans quel état mental les petits veaux séparés de leur mère sont-ils plongés alors, d’après vous?..)

Les animaux ont donc des pensées, éprouvent des émotions et des sensations, peuvent avoir des projets (bien sûr à leur niveau), ont une représentation de soi et des autres, sont capables de stratégies pour vivre etc.
Tout ceci en fait donc des êtres sentients et qui souffrent psychologiquement quand leurs conditions de vie sont très difficiles, qui peuvent éprouver un stress intense quand ils savent qu’ils vont être confrontés à leur mort dans un abattoir sans omettre la souffrance physique) alors qu’ils n’ont pas plus envie de mourir que vous et moi !

Et puis, nous avons  encore quantités de choses à découvrir sur les animaux et même la compassion dont on se vante tant alors que bien des humains en sont dépourvus et que des animaux, comme les rats et les singes (parce que des expériences ont été faites sur eux mais il y en a sans doute d’autres) sont capables de gestes compassionnels forts que peu d’entre nous auraient le courage d’avoir.

Il faut donc déjà savoir admettre que nous ne sommes pas les seuls sur cette planète et que les autres « terriens » sont capables d’éprouver les mêmes choses que nous, humains.
Après avoir intégré, la question de la sentience, qui va, comme vous le voyez, bien au-delà de la seule souffrance physique, on ne peut plus admettre comme éthiquement  acceptable quelque élevage que ce soit, pas même les élevages traditionnels: les animaux élevés dans de tels élevages ressentent la frustration de ne pouvoir aller au-delà des enclos. Quant à leur fin dramatique, elle est bel et bien la même que celle des animaux d’élevages intensifs: terreur, angoisse, douleurs physiques indicibles. Alors, pourquoi persévérons-nous dans cette acceptation de l’exploitation, de l’esclavage et de la mise à mort des animaux? La réponse est le mot SPECISME. Nous, humains, sommes spécistes.

Le spécisme est une discrimination comme le racisme, le sexisme, sont d’autres discriminations. Il y a un socle commun à toutes les discriminations car chaque fois qu’il y a discrimination un groupe d’individus se proclamant supérieur à un autre groupe d’individus s’autorise à le dominer, à l’exploiter et à ne pas lui reconnaître des droits pourtant élémentaires. Ainsi, l’esclavage des noirs s’est-il bâti sur le racisme, le noir n’étant pas considéré comme un humain à l’époque.
Le racisme et le sexisme sont des discriminations d’une certaine catégorie d’humains sur une autre catégorie d’humains (Blancs/Noirs, hommes/femmes)

Le spécisme, quant à lui, est une discrimination inter-espèces, c’est-à-dire qu’elle va au-delà des discriminations entre différents groupes ou communautés humaines. L’argument de la supériorité est infondée quand on évoque différents « genres » d’humains (les blancs, les noirs, les femmes, les hommes) mais il peut être réel si on évoque certaines qualités ou aptitudes de ces derniers  comme l’intelligence, la créativité, que ce soit dans le domaine pratique ou artistique.
Pourtant, décidons-nous d’exploiter, enfermer, tuer, dépecer, découper et manger des êtres humains moins intelligents? La réponse est bien  évidemment: « NON! »

Par conséquent, l’argument selon lequel nous pouvons disposer comme bon  nous semble des animaux non humains pour la simple raison qu’ils sont moins intelligents ou créatifs (ce qui reste à démontrer), cet argument tombe du même coup..
Et pourtant, c’est bien à partir de ce non-sens que notre monde fonctionne depuis longtemps et que nous exploitons sans vergogne les animaux. L’élevage industriel n’en est que la phase ultime, le sommet dont beaucoup de gens s’accordent à en dénoncer « l’inhumanité » alors qu’il est l’œuvre aboutie de l’humanité telle qu’elle est conçue aujourd’hui et hier avec ses valeurs  comme la cupidité,  la compétition, l’égocentrisme.

Notre préoccupation concernant le calvaire que nous faisons endurer à des milliards d’animaux innocents est nulle face à nos  intérêts égoïstes fussent-ils très secondaires.
Ainsi, songeons devant chaque escalope, chaque steak. à mettre en balance la vie misérable, de l’être sentient confiné à vie, que l’on a fait mourir dans des conditions probablement insoutenables alors que celui-ci n’a pas encore atteint l’état d’adulte pour ce plaisir  furtif de  manger, de nous régaler de sa chair… ! Un intérêt si minime  quand on le met en balance avec la vie, oui la vie, des animaux ! On ne le ferait évidemment pas avec un humain et on le fait sans réfléchir avec un animal parce que c’est un animal. Oui mais pourquoi se le permettre parce que c’est un animal ?
Bien sûr, on n’y pense pas quand on se régale de morceaux de cadavres d’animaux D’ailleurs, combien de fois nous, militants pour la cause animale avons-nous entendu lors d’actions: « oui mais c’est si bon ! »  L’être humain est donc prêt à emprisonner sciemment, à tuer  (ou faire tuer) sciemment un animal simplement parce que sa chair est  bonne à manger ! La gourmandise peut-elle excuser qu’on sacrifie cette multitude d’êtres qui voulaient tant continuer de vivre???

On pourrait aussi évoquer bien d’autres exemples, comme celui des « animaux de cirques » dont l’emprisonnement à vie et les mauvais traitements nous laissent indifférents pourvu que ces animaux émerveillent les enfants ! Pourtant ne serait-il pas plus intéressant d’apprendre aux petits qu’il n’est pas bien d’aller au cirque parce que ce sont des lieux où on y voit des animaux très malheureux à cause de l’homme? Ne vaudrait-il pas mieux apprendre aux enfants le respect, l’amour et la compassion pour tout être sentient???

Prenons encore le cas de cet animal qui aura eu la chance de vivre libre mais dont on interrompra brutalement l’existence d’une balle comme ça pour le plaisir, le plaisir de tuer, le simple mais horrible plaisir de tuer que peu de  personnes  remettent en question parce que les victimes sont des animaux, « ne sont que des animaux ! »comme elles le disent: là encore, c’est l’idéologie SPECISTE qui justifie ces actes meurtriers, cette réflexion commune!.

Il y a donc un travail considérable pour déconstruire les mécanismes du spécisme enfouis en chacun de nous depuis certainement la nuit des temps et qui nous donne une perception déformée de la réalité, rendant le martyre animal normal à nos yeux. Nos cultures, nos modes de pensées et d’actions, ce regard que nous portons sur l’animal sont profondément spécistes. Le spécisme déforme la réalité et  rend acceptable à nos yeux le fait d’exploiter des êtres tels de simples objets.

Et pourtant les antispécistes, dont je suis, souhaitent que les droits élémentaires des animaux comme de vivre libres, ne pas souffrir (par nous) et ne pas être tué (par nous / sauf cas de légitime défense bien sûr) soient respectés. Nous avons su, de par notre évolution, créer une communauté humaine avec des femmes et des hommes qui ont des droits identiques, une reconnaissance d’être humain quel que soit nos origines, la couleur de notre peau. Alors, pourquoi ne pas élargir notre communauté à celle de TOUS les Terriens puisque nous sommes tous des habitants de cette Terre, TOUS SENTIENTS?!  Cette communauté serait basée sur l’égalité entre tous les Terriens !

« Terriens », c’est d’ailleurs le titre français d’un film que je vous invite à découvrir. Il va dans le sens de ce que j’ai écrit précédemment mais il fait aussi un état des lieux de la  si grande misère animale, que dis-je de ce que l’homme est capable de faire subir aux animaux et cela tous les jours, à chaque instant, chaque seconde et ce depuis des millénaires.
Ce qui fait penser à certains que nous ne sommes pas dans l’urgence et pourtant si nous étions à la place de tous ces martyres, nous n’en pourrions plus d’attendre le moment de notre libération car  il y a urgence depuis bien longtemps, urgence qui perdure à chaque seconde qui passe où que ce soit sur notre planète.

Attention, les images sont très dures et dépassent parfois les scénarios les plus violents des films d’horreur !

Enfin, je vous invite à écouter Mélanie Joy, professeure  universitaire de sociologie et de psychologie qui aborde la question sous un angle légèrement différent. Elle parle de carnisme au lieu de spécisme mais les mécanismes et les fondements sont identiques.

Si vous pouviez, à l’occasion, me faire savoir ce que vous pensez de tout cela, j’en serais heureux. Une profonde réflexion sur ce sujet vous aura-t-elle conduit(e) à changer considérablement votre comportement envers les autres êtres sentients, les  animaux  autres que les animaux humains ? Il n’est pas dans mes objectifs de vous culpabiliser ayant passé moi-même la majeure partie de ma vie à être spéciste, carniste et à participer sans trop savoir ni pourquoi ni comment au massacre animal, non, je souhaite seulement vous aider à vous interroger et je l’espère à changer pour nous rejoindre dans l’heureux monde des antispécistes, des Végans.

Dominique Joron

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2 Réponses à “Communiqué – Lettre ouverte aux spécistes”
  1. CHRISTIN
    # 27 janvier 2014 à 17:33

    Je partage tout à fait cette réflexion et vais dans ce sens depuis de nombreuses années malheureusement les habitudes ancrées sont difficiles à déraciner…… moi qui était grosse mangeuse de viande, je ne mange déjà plus de viande rouge, de mouton, de gibier. J’avoue avoir encore du mal à me passer de volailles et de porc en particulier du jambon……et pourtant je connais les conditions d’élevage inhumains des porcs (entre autres). J’ai déjà fait un grand pas mais j’ai du mal – bien que convaincue – à rayer toute alimentation animale……

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