12:50 - lundi septembre 26, 2016

La Clé aux âmes de Gilles Laporte (Presses de la Cité)

Lu 678 fois Pierre Guelff 0 réaction
books

« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Derrière tout ouvrage, il y a, bien entendu, un auteur, mais parfois, il y a aussi une « âme », celle qui transcende un récit. Dans « La Clé aux âmes » de Gilles Laporte (Presses de la Cité), si l’histoire est poignante et bouleversante, elle est également emplie de « messages » subtils qui en font alors un roman exceptionnel.

La saga se déroule dans les Vosges, s’étire sur trois décennies (1925 à 1954) et décrit le combat aussi noble, si j’ose dire, que farouche pour promouvoir et défendre les valeurs laïques et républicaines. Les principaux personnages vont du luthier franc-maçon à une institutrice, Mathilde, jeune veuve d’un mari ayant été l’une des nombreuses victimes de la Première Guerre mondiale, à P’tit Paul, leur fils, amoureux du violon de son père (d’où la « clé » et « l’âme »), devenu maître d’école à son tour, de Louise, sa bien-aimée, tondue à la Libération alors qu’elle avait accepté « la souillure pour sauver son homme » d’un deuxième envoi en camp de concentration, ayant pu s’échapper une première fois de l’enfer nazi, puis Victor, un être bouffé par l’ambition et un ardent fasciste que l’auteur décrit de la manière suivante : « Jusqu’à l’âge de quarante ans, on a le physique que la nature nous a fait. Après, on a la gueule qu’on mérite ! », et le lecteur n’aime pas du tout cette gueule-là, je vous l’assure.

Avec parcimonie, Gilles Laporte distille d’autres pensées qui marquent les esprits. Telle l’explication du luthier à P’tit Paul au sujet du Temple de Salomon, cher aux francs-maçons : « Il est toujours en construction, partout dans le monde. Chacun de nous doit faire sa part de travail qui permettra, peut-être, de l’achever un jour. Chacun de nous doit tailler sa pierre destinée à prendre sa place dans l’édifice commun. » Et, face aux atrocités de la Seconde Guerre mondiale, ce cri de rage : « Où sont-ils les chefs, ceux des états-majors, des palais de la République, les étoilés d’opérette qui ont produit un tel désastre ? »

Et, ces deux propos, le premier avant la guerre 40-45, le second en 1954 : « La bonne conscience complote souvent avec l’amnésie » et « Hier on mourait dans les rues sous les balles allemandes. Aujourd’hui, on meurt dans les rues… de faim et de froid ! »

Ah ! Comme il est heureux de constater que la littérature peut encore « produire » des auteurs qui touchent l’âme du lecteur…

The following two tabs change content below.
Pierre Guelff

Pierre Guelff

Pierre GUELFF est journaliste, écrivain (Éditions Jourdan) et chroniqueur radio. À travers ses ouvrages, ses émissions et ses chroniques, il défend avec passion la Nature, les notions de « Terroir », de « Tradition »… À « Fréquence Terre », il anime “Littérature sans Frontières”, "Nature sans Frontières" et "La Nuit porte conseil". Sur son site officiel retrouvez toutes ses émissions radio et tv (RTBF, VivaCité, TV5 Monde), ses ouvrages, sa biographie... Son site officiel

N'oubliez pas de Suivre Fréquence Terre et de partager !
Loading...
0/5 - 0
You need login to vote.
recluse

La Recluse du Destel de Martine Alix Coppier (Presses de la Cité)

Domme et de mystérieux signes templiers

Symboles templiers par Jacques Rolland (MdV)

Dans la même thématique :

Utiliser Facebook Pour réagir

Un commentaire ?
Laisser un commentaire