5:46 - samedi octobre 1, 2016

La pêche illicite en Afrique : c’est loin, c’est pas chez nous, et on s’en fout !

Lu 873 fois Daniel Krupka 3 réactions
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La pêche illicite : C’est loin, c’est pas chez nous, et on s’en fout.

C’est bien ainsi que l’on peut traduire les réactions internationales à la vue de la surexploitation des populations de poissons  par les flottes de toute nation en Afrique.

Un exemple : le Sénégal

La pêche est vitale pour ce pays .., par manque de moyens, la zone économique de pêche est constamment bafouée, les autorités n’ayant pas les moyens de la contrôler. Et ça coute cher à l’état et au peuple sénégalais. On estime les pertes  entre 70 et  350 millions d’euros, dues à la fraude.

 J’ai pu assister au retour de pêche de dizaines de pirogues multicolores. Et je  confirme les  tendances observées: les prises sont peu importantes. Les ressources diminuent, c’est désormais une évidence. Le poisson est massivement péché par  la pêche industrielle.  Vider l’océan, c’est, selon les ONG et le gouvernement, mettre 600 000 personnes sans travail,  c’est retirer  la première source de protéines pour les Sénégalais

L’espèce emblématique du Sénégal, le thiof,  qui est un mérou,  est en voie de disparition par des prélèvements massifs, et selon Greenpeace 75% de la population de Thiof a déjà disparu.

Malgré  des limites mises par le gouvernement sénégalais que ce soit en licence de pêche, en taille de filets, de zone de protection, en nombre de bateaux étrangers  autorisés

Rien n’y fait car les infractions sont nombreuses pour contourner ces interdictions : pêche de nuit, fraude sur les licences,  filets à maille fine dans des filets légaux. Non-activation des balises obligatoires de présence pour les bateaux industriels.

Et l’arsenal pour contrôler tout cela est dérisoire : quatre vedettes de 12m et de deux bateaux de 20m, pilotés par la marine nationale sénégalaise sans  une autonomie suffisante pour pouvoir contrôler efficacement les navires au large des côtes. Sachant qu’un seul de ces bateaux sort par jour, et rarement plus, et que les avions théoriquement chargés de la surveillance sont cloués au sol faute de réparations, il n’est pas difficile d’imaginer que peu d’amendes sont attribuées et que celles-ci sont des  broutilles  pour les gros chalutiers étrangers  en comparaison des montants gagnés. La corruption des inspecteurs chargés des observations à bord des navires est aussi  usuelle.

En 2012, ce sont 47 navires qui ont été arrêtés pour des infractions plus ou moins graves – ce niveau est  insuffisant et montre que les moyens mis en œuvre font à peine office de dissuasion.

 Et si  le Sénégal a décliné les accords de pêche avec l’union européenne depuis quelques années, c’est pour voir depuis , la « sénégalisation » des navires européens, c’est à  ire des  navires qui battent pavillon sénégalais, mais dont les capitaux et la direction sont essentiellement étranger, européens notamment.

Ben oui, faut quand même  approvisionner nos marchés.

Bref,  la pêche illicite, c’est loin, c’est pas chez nous, et on s’en fout, du moment que l’on a du poisson. Non ?

Et vous ça vous convient ?

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Daniel Krupka
Daniel Krupka, Plongeur, écovolontaire pour «the Changing Oceans Expedition » de la Fondation Antinéa, membre de differentes ONG oeuvrant pour la préservation et la protection des Océans, il vous fait partager les enjeux et les menaces qui pèsent sur les océans, mais aussi les solutions individuelles ou collectives pour leur préservation au travers d’enquêtes et de rencontres insolites. En Novembre 2015, il est assisté pour les interviews par Maud SARANO, jeune journaliste en radio et presse écrite, passionnée par l'environnement et la mer.

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3 Réponses à “La pêche illicite en Afrique : c’est loin, c’est pas chez nous, et on s’en fout !”
  1. # 9 janvier 2014 à 11:01

    Il manque a frequence terre un envoye special sur le Mali et sur la Centrafrique. C’est a cause de la degradation du Sahel et de l’extension de la zone de secheresse que les conflits armes se sont etendus de l’ouest a l’est de l’Afrique. Il ne faut pas que les conflits entre les religions prennent le pas sur la lutte generale contre le rechauffement climatique.

  2. # 31 décembre 2013 à 18:32

    Bien sûr, je me répète : quelle est la cause première ? Les consommateurs inconscients de leurs actes !
    Point d’achats ? Les océans verraint leur faune revivre.
    Donc la faute ne revient pas aux industriels !
    On ne voit que l’autre. C’est bien pratique : cela permet de ne pas se regarder …

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