9:03 - mercredi septembre 28, 2016

Le retour des écovoiliers dans le transport maritime (rediffusion)

Lu 737 fois Jean-Brice Sénégas 0 réaction
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Comment ne pas être séduit par la démarche audacieuse lancée par un homme atypique: Jorne Langelaan. Avec sa casquette de marin vissée sur la tête, son caban et sa moustache, il colle avec l’idée qu’on se fait du vieux marin breton. D’ailleurs son projet ressemble à un long retour en arrière : il veut relancer le transport maritime à la voile.

Idée fumeuse et excitante à la fois. L’homme a réussi son coup médiatique, mais pas seulement. Voyons donc ce qu’il y a derrière le buzz.

La première cargaison de son bateau est partie de Brest au mois d’octobre. Le tout dans le voilier le Très Hombrès, une brigantine de 32 mètres de long et de 35 mètres cube de capacité qui ferait rougir de jalousie le capitaine Haddock. Parti d’hollande le 11 octobre avec à son bord un équipage de quinze hommes, l’objectif de ce premier trajet était de rejoindre la ville de Porto.

Après une halte en Angleterre pour charger des produits bios, il a rejoint Brest 10 jours plus tard, avec beaucoup de difficultés à l’arrivée, faute de vent à hauteur d’Ouessant. Mais ce bateau ne va pas en rester là à faire du cabotage de Londres à Bordeaux, non, il doit même traverser l’Atlantique. Certes, à ce moment-là du récit, on commence à s’approcher de la traversée de la Russie en 4L.

Mais cela n’effraie pas Jorne Langelaan. Il a lui-même fondé le label Fairtransport, label de transport maritime durable. Car l’homme veut remettre au goût du jour les porte containers à voile.

Son initiative vient au moment où les critiques pleuvent sur les transporteurs de la marine marchande, qui seraient incapables de faire le moindre effort dans le domaine écologique. Son partenaire breton Transoceanic Wind Transport veut se servir de l’expérience de Jorne Langelaan comme ambassadeur d’un projet plus large, avec mise en route d’une production d’écovoiliers. De là à monter une véritable flotte de voiliers de commerce ? Oui, répond Transoceanic Wind Transport, car ce projet s’adresse aux producteurs, aux circuits bio et aux citoyens. Il faut donc avoir l’ambition d’un développement de cette flotte et du savoir faire maritime pour lancer véritablement la construction des écovoiliers de demain.

Il pourrait être question de monter des moteurs à ces voiliers pour donner au bateau le coup de pouce en cas de temps calme. On parle ici de bateaux de 132 mètres de long, de 8000 tonnes de capacité avec conteneurs, très différents du Très Hombres.

Transoceanic Wind Tranport appelle de ses voeœux le secteur des transport maritimes à lutter contre le réchauffement climatique. Aujourd’hui, il faut convaincre les distributeurs de faire affaire dans le Fairtransport, sinon tout développement est impossible. A terme, c’est un surcoût qui représenterait 30 à 40 centimes sur un paquet de café de 3- ou 4 euros.

Mais pour l’instant les clients du très hombres doivent accepter des délais plus longs et des surcoûts importants, le temps que le modèle de l’écovoilier tienne bon la barre.

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Jean-Brice Sénégas
Responsable du secteur mobilité de Fréquence Terre

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