5:36 - jeudi septembre 29, 2016

HOUTEN aux Pays-Bas, le paradis du vélo

Lu 1051 fois Philippe Boury 0 réaction
© http://www.developpement-durable.gouv.fr
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Bienvenue dans la cité qui rend l’automobile inutile ! Ce pourrait-être la devise de la ville de Houten, aux Pays Bas. En quelques années, elle est devenu le paradis du vélo.

Houten, 45000 habitants, est une ville dite « nouvelle » située à 50 km au sud-est d’Amsterdam. Ici, les modes de déplacements, l’aménagement du territoire, le fonctionnement de la commune… tout a été pensé pour inscrire le développement de la ville dans une démarche éco-responsable.

Dans les années 1970, Houten n’était encore qu’un village de 4000 âmes. Et comme beaucoup de bourgades à l’époque, il a fallu penser à s’étendre pour accueillir de nouveaux habitants.

Dès le début de l’extension de la ville, Houten a été pensé en fonction de déplacements en transports collectifs, ou de déplacements en vélo ou à pied… Très compacte, la ville s’étend le long d’un ovale de 3km sur 2km, cintrée d’un périphérique.

Elle est divisée en plusieurs quartiers résidentiels qui s’organisent autour de deux centres villes. Tous les services, les commerces, les établissements publics, sont à quelques pas ou quelques tours de roue.

L’utilisation de la voiture est donc quasiment inutile. D’autant que les chaussées sont adaptées avant tout aux déplacements doux. La voiture n’y est nulle part prioritaire. Pour passer d’un quartier à un autre, les automobilistes doivent obligatoirement passer par le périphérique, ce qui rallonge considérablement le temps de parcours.

A l’intérieur de la cité, ce sont les pistes cyclables qui constituent l’essentiel du maillage routier… Des pistes bordées d’espaces verts. Le réseau cycliste est séparé de celui pour automobiles. Les deux sont clairement repérables grâce à leur enrobé de couleurs différentes. Et lorsque les deux réseaux doivent se croiser, le vélo reste prioritaire.

Les deux roues motorisées sont tolérés sur ces pistes. Mais leur vitesse y est régulée grâce à des ralentisseurs appelés « drempel », sortes de double dos d’âne à l’envers.

Cette structure originale de la circulation fait de Houten une ville très sûre pour le piéton. La sécurité des enfants y est privilégiée… Ils peuvent sans souci jouer hors de leur maison sans crainte. Et l’accès à leur école est facilité par l’implantation des établissements à proximité des pistes cyclables.

Pour aller faire leurs courses, les habitants d’Houten ont majoritairement recours au vélo. Ils font d’ailleurs les 2/3 de leurs achats sur place… Une proportion qui atteint les 100% pour les denrées alimentaires. La voiture ne redevient utile que pour 50% des autres achats.

Les déplacements doux sont plus intensifs à Houten que dans le reste des Pays Bas. 44% des déplacements personnels de moins de 7,5 km se font en vélo et 23% se font à pied.

Les habitants de Houten circulent 25% moins en voiture que dans le reste du pays, et aux heures de pointes, il y a 50 voitures en circulation pour 100 logements au lieu des 65 à 70 voitures en moyenne ailleurs.

© http://www.developpement-durable.gouv.fr

En octobre 2008, la ville a d’ailleurs été nommée ville du vélo des Pays-Bas.

La voiture reste tout de même nécessaire pour aller travailler à l’extérieur de la ville. Mais là encore, les habitants privilégient les transports en commun. Les parcs de stationnement pour vélos étant omniprésents à Houten, comme partout ailleurs dans le pays, les deux roues restent le véhicule préféré pour aller travailler… Arrivé à la gare, il n’y a plus que 10 minutes de train pour rejoindre Utrecht, la métropole de 530000 habitants, située à 8 kilomètres.

En dehors du coté « paradis du vélo », Houten est aussi une ville où il fait apparemment bon vivre. Avec plus du tiers de la population qui a moins de 20 ans, Houten est une ville jeune. Mais elle sait aussi offrir des services pour les plus âgés et les personnes seules. La variété des commerces, bureaux, entreprises fait l’objet d’une attention toute particulière de la part de la municipalité qui a opté également pour un habitat fait de maisons et de petits immeubles collectifs peu élevés.

La mixité sociale y est privilégiée et un effort particulier a été fait pour que habitat, travail et circulation ne soient pas séparés, mais harmonieusement liés.

Avec la nature au cœur de la ville, le silence pour environnement, la mixité sociale et la convivialité pour moteur, Houten est sans doute un des exemples à suivre pour les villes décidées à se convertir aux déplacements doux…

Pour aller plus loin :

Houten: une ville favorable aux modes doux qui rend l’automobile inutile

Pays-Bas : Houten, la ville nouvelle favorable aux modes doux

Les réseaux express vélo aux Pays Bas

 

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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