9:09 - samedi octobre 1, 2016

A quand les villes 30 ? (rediffusion)

Lu 614 fois Jean-Brice Sénégas 0 réaction
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Une ville 30, ce n’est pas une agglomération qui compte 30 000 habitants, ce n’est pas non plus une des 30 villes qui comptent dans le pays, ni une ville dédiée au trentenaires.

Une ville 30, c’est une commune ou agglomération qui a décidé de limiter la vitesse de circulation à 30km/h.

Et donc au lieu des 50km/h normalement en vigueur en agglomération, avec quelques zones

semi-piétonnes limitées à 30km/h, c’est l’inverse : la norme de la ville 30 c’est 30km/h, et 50km/h l’exception sur certains grands boulevards ou artères de circulation pour rentrer ou sortir de la ville.

Les militants de cette idée, sont au départ plutôt écologiste ou très portés sur la sécurité routière. Ils partent d’un constat relevé par plusieurs études : la vitesse moyenne d’une voiture en ville est de 18km/h, quel intérêt de maintenir alors la vitesse maximale à 50km/h ?

Ces militants ont fini par trouver l’oreille des élus locaux. Et ceux-là sont allés contre l’avis même de leurs propres électeurs pour faire adopter le concept de ville 30. C’est le cas dans une dizaine de villes françaises, comme Lorient, ou Fontenay aux Roses, dans les Hauts de Seine, qui revendique sur le panneau d’entrée de la commune être la 1ère ville 30 de France. Mais parfois, la pilule ne passe pas, comme à Strasbourg, dernier exemple en date relaté dans l’Express.

C’était fin mai. Le maire socialiste Roland Ries s’est vu opposer une fin de non recevoir de la part de ses concitoyens : 55 % des votants ont répondu non à la consultation qu’il avait lancée sur la limitation à 30km/h, avec une très grande mobilisation des électeurs, preuve de l’engouement suscité par le débat.

Si l’opposition fut si remontée par cette consultation, c’est que le projet de la ville 30 est une petite révolution : c’est un changement du rôle même d’une rue. La priorité n’est plus donnée aux automobilistes, et la chaussée devient un espace de cohabitation possible où tous les utilisateurs, piétons, cyclistes et automobilistes peuvent se partager l’espace sans se mettre forcément en danger les uns avec les autres.

Les avantages promis par la municipalité de Strasbourg étaient au nombre de trois : la sécurité en premier… L’accident mortel d’un piéton avec une voiture atteint une probabilité de 80 pour cent quand la vitesse maximale est à 50km/h, alors qu’elle chuterait à 10 pour cent à 30km/h.

En deuxième argument, la baisse de la pollution environnementale et sonore grâce à la fluidité de la circulation.

Et enfin en troisième argument, la paix ainsi créée entre tous les utilisateurs de la chaussée.

Un quatrième objectif était dans la tête du maire de Strasbourg, il ne l’a pas mis en avant mais l’a reconnu dans la presse : c’est celui de décourager les automobilistes de rentrer dans la ville en voiture.

Ce dernier objectif a énervé les opposants à cette mesure comme l’Automobile Club.

Cette association a fait campagne contre le projet de la ville 30 à Strasbourg. Tout d’abord, il lui était inconcevable qu’on bannisse ainsi la voiture du centre urbain, et qu’on étende ensuite la mesure au reste de l’agglomération. Et puis l’association y voyait une perte de temps pour les automobilistes… dans un communiqué précédent le vote, l’automobile club disait ne pas admettre que le principe de zone 30 soit généralisé, plutôt qu’appliqué à certains quartiers très clairement signalés et aménagés. Et sa mobilisation a fonctionné : Strasbourg ne sera pas une ville 30.

C’est évident, le refus des citoyens de la capitale alsacienne va stopper l’élan des villes 30 par son poids médiatique. Car si de petites agglomérations arrivent en France à passer à 30km/h, la victoire de Strasbourg aurait engendré des conséquences importantes dans le reste de l’hexagone.

Le gouvernement, lui non plus, ne fait pas la promotion de la ville 30: pour faire face à la hausse de l’insécurité routière, le comité interministériel de la sécurité routière a annoncé que 1000 nouveaux radars seront installés d’ici la fin 2012. Par contre l’Etat n’abaissera pas la vitesse en ville à 30km/h.

Les partisans de la réduction de la vitesse en ville devront plutôt compter sur des initiatives locales ici ou là. C’est bien connu, pour réduire la vitesse, il est urgent d’attendre.

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Jean-Brice Sénégas
Responsable du secteur mobilité de Fréquence Terre

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