5:30 - vendredi septembre 30, 2016

La biodiversité au fil de nos cours d’eau

Lu 1855 fois Philippe Boury 0 réaction
© L'Age de Faire
© L'Age de Faire

Monde Solidaire part en balade le long de nos rivières cette semaine, à l’occasion de la sortie du numéro d’Avril de l’Age de Faire… Le journal est parti à la rencontre de ceux qui s’emploient à faire vivre ou revivre les cours d’eau…pour préserver leur biodiversité. Gros plan sur le numéro 96 du journal, avec Nicole Gellot, journaliste à l’Age de Faire.

Ce mois-ci l’Age de Faire a croisé la route des acteurs qui prennent soin de nos rivières et donc de la ressource en eau, à travers des actions d’entretien ou d’éducation menées par les fédérations de pêcheurs dont les actions sont assez mal connues.

Nicole Gellot.

« On s’est rendu compte que les fédérations de pêcheurs faisaient un travail très important et peu connu du grand public. On s’est éloigné des rivières, on ne s’en occupe plus beaucoup, la population les prend parfois pour des déchetteries. Les agriculteurs, les industriels, les entreprises portent parfois des atteintes assez graves sur le plan des pollutions. Face à çà, les fédérations de pêcheurs jouent un rôle capital. Dans les Hautes Alpes, le président de la fédération de pêche du département, avec une dizaine de bénévoles, participent à la restauration des adoux. Ce sont des petits cours d’eau qui alimentent les rivières et qui servent de lieux de reproduction. Dans le département, cela sert notamment à la reproduction de la truite. C’est assez fondamental, car la rivière sans poisson, ce n’est plus une rivière vivante. Si on favorise la reproduction de la truite, cela permet de réinstaller tout un cycle de vie au niveau de la rivière. Pour cette reproduction, il faut que la truite puisse créer des frayères. Elle ne peut créer ces nids qu’à certaines conditions de qualité. Le courant doit être assez continu, il ne doit pas y avoir d’obstacle, il faut qu’il y ait des méandres… Ces pêcheurs entretiennent la rivière tout au long de l’année. Ils aménagent les berges, les restaurent, surveillent le cours d’eau pour qu’il soit toujours propice à la reproduction. »

Il y a d’une part ce travail d’entretien des rivières, essentiel, mais en amont il y a aussi de la prévention à mettre en oeuvre, une prévention qui passe notamment par l’éducation…

« Comme ont pu le témoigner les pêcheurs rencontrés lors des reportages, à une époque, les enfants allaient fréquemment à la pêche avec leur père. Au fil du temps, cela s’est un peu perdu. C’est l’une des raisons qui peut expliquer que les populations se sont éloignées de la rivière. Aujourd’hui, les fédérations ont ce rôle de sensibiliser les jeunes générations à la rivière. Souvent les enfants ne pensent pas qu’une rivière est vivante. Il y a des micro-organismes, une micro faune, des petits mollusques… Les fédérations misent sur la sensibilisation pour faire prendre conscience que la rivière est un milieu vivant dont nous dépendons tous. »

© St Hilaire durable

© St Hilaire durable

L’Age de Faire, s’est aussi intéressé ce mois-ci à une nouvelle ZAD qui vient de voir le jour du coté d’Alès dans le Gard. Les militants écologistes s’opposent à la construction d’un golf.

« C’est sur une zone de 370 hectares. Au départ du projet il y avait 200 hectares de terres agricoles menacées. Le projet a été revu à la baisse. Il n’y a plus qu’un golf au lieu de deux en projet, sur une zone de 100 hectares. Mais les opposants, dont la Confédération Paysanne, n’ont pas confiance car le projet peut encore être modifié d’ici trois ans. Il y a la problématique environnementale liée à l’eau, puisque pour arroser le golf, il faut prélever des quantités importantes d’eau dans la rivière. L’enquête publique a d’ailleurs pointé le problème. La Confédération paysanne juge gravissime le fait de supprimer encore des terres agricoles, alors que l’on sait qu’il y a l’équivalent d’un département de terre agricole qui disparait tous les sept ans. Et cela s’accélère. L’INSEE a constaté dans une étude qu’il y avait 1/3 des demandes de nouvelles installations agricoles qui n’étaient pas satisfaites, faute de terre agricole disponible. Ici c’est un golf, mais ailleurs c’est un parking ou un supermarché… Ces nombreuses installations grignotent ces terres agricoles et cela devient problématique. Alors qu’il faut se remettre à cultiver en France, autour des ceintures urbaines, alors que le pétrole devient plus rare, on est en train de creuser la problématique. »

  • A lire encore dans ce numéro de l’Age de faire, le rendez-vous manqué du rachat des concessions des autoroutes par l’Etat. Et un reportage auprès de troupes de théâtre qui investissent le milieu rural en proposant des spectacles chez l’habitant.

Pour aller plus loin :

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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