9:20 - lundi septembre 26, 2016

Migrations : France Libertés interpelle François Hollande

Lu 872 fois Philippe Boury 0 réaction
© Mauricio Esse
© Mauricio Esse

Dans Monde Solidaire cette semaine, France Libertés interpelle le Président François Hollande afin de discuter en urgence des politiques migratoires à mettre en place pour répondre aux drames actuels et garantir le droit des migrants.

Plus de 2000 disparus en Méditerranée depuis le début de l’année… Plus de 20000 migrants morts aux frontières de l’Europe en 20 ans… Il y a urgence à agir… c’est l’objet de l’appel que France Libertés et plusieurs autres organisations lancent auprès des élus nationaux et européens, ainsi qu’au Président de la République François Hollande… Un appel intitulé « Des ponts pas des murs ».

  • Elsa Olaizola est chargée de mission sur les migrations à France Libertés.

« C’est un appel écrit conjointement par une quarantaine d’organisations. Après les drames qui se sont déroulés en Méditerranée, ces ONG travaillant sur les migrations se sont rendu compte qu’elles avaient des positions communes et qu’il y avait urgence à agir. Nous avons voulu porter un message commun à destination des médias, des citoyens et des personnels politiques.

Dans ce texte, les ONG portent quatre demandes. La première, c’est qu’une opération de sauvetage soit menée par tous les Etats membres dans la Méditerranée. La deuxième demande est qu’un mécanisme d’accueil des migrants basé sur la solidarité des Etats membres soit mis en place. Les ONG demandent aussi l’ouverture de voie d’accès aux migrants. Enfin, elles demandent que soit bannie, en matière d’immigration, toute coopération avec des Etats tiers. Cet appel est assorti d’une lettre à M François Hollande demandant une réunion d’urgence afin de discuter des politiques migratoires à mettre en place.

Dans ce texte, les ONG appellent aussi à une mobilisation forte en France du 20 au 30 mai, avec un temps fort le soir du 22 mai. Elles appellent aussi à une mobilisation à l’échelle européenne en juin et une mobilisation à l’échelle méditerranéenne en septembre. »

Cet appel urgent intervient après le sommet européen qui a tenté d’apporter des réponses aux situations dramatiques. Selon vous, ce sommet n’est pas allé assez loin ou ne donne pas les bonnes réponses à l’urgence actuelle ?

« D’une part il ne va pas assez loin, car il faut vraiment mettre en place une opération de sauvetage d’envergure dans la Méditerranée qui soit portée de façon égale par touts les Etats membres. Et puis il faut ouvrir des voies d’accès aux migrants en Europe. Car la faute est rejetée trop souvent aux passeurs. Mais si les passeurs existent, c’est qu’il y a trop peu de voies d’accès en Europe. Ces personnes qui risquent leur vie, qui fuient des situations dramatiques, ne vont pas cesser de prendre des embarcations parce que l’Europe ferme ses frontières. Nous devons permettre aux migrants d’accéder en Europe par des voies légales qui leur font prendre le moins de risques possible. »

Pour une citoyenneté universelle- Chiffres clés

© OCU

Dans le contexte des drames humains récents, il y a une nécessité de trouver des alternatives aux politiques migratoires actuelles. C’est dans cette optique que se tiendra les vendredi 22 et samedi 23 mai une rencontre internationale « Gouvernance alternative des migrations »… Cette rencontre est organisée conjointement par le CCFD et l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle, l’OCU, qui est l’une des organisations signataires de l’appel « Des ponts pas des murs ».

Qu’est-ce que l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle ?

« L’OCU a été créée par France Libertés, Emmaüs International et le Mouvement Utopia en 2013. C’est au Forum social de Dakar en 2011 que ces organisations se sont rendu compte qu’elles partageaient la même vision sur l’immigration, à savoir qu’il est nécessaire de permettre la liberté de circulation et d’installation dans le monde. Les objectifs de l’OCU c’est d’agir pour cette liberté de circulation et d’installation et de changer le regard sur l’immigration. Nous souhaitons remettre les valeurs et la solidarité au centre du débat, valeurs trop souvent oubliées dans les discours sur l’immigration. Et nous rappelons qu’aucun être humain n’est illégal. Pour atteindre ces objectifs, nous appelons à la tenue d’une conférence mondiale au sein des Nations Unies sur cette liberté de circulation et d’installation, au regard notamment des crises humanitaires et écologiques présentes et à venir. Nous proposons également l’écriture d’un traité sur le sujet. Nous sommes enfin nous sommes en négociation avec l’Equateur qui est très intéressé par le projet. »

Dans les outils de cette Organisation pour une Citoyenneté Universelle, il y a le Passeport de Citoyen Universel. Quel est sa vocation ?

« Ce n’est pas un document d’identité mais un document de voyage. C’est un outil de sensibilisation sur le sujet. Pour l’instant, lors d’évènements que nous organisons sur la liberté de circulation et d’installation, nous délivrons ce passeport à des personnalités qui sont sensibles à ce sujet, comme dernièrement à Edgar Morin ou Guy Bedos. Notre projet est d’élargir la diffusion de ce passeport de citoyenneté universelle avec l’accord de pays qui accepteraient que des personnes voyagent chez eux avec ce passeport. Nous travaillons notamment avec l’Equateur et l’Uruguay sur ce sujet. »

Les 22 et 23 mai se tiendra donc cette rencontre internationale « Gouvernance alternative des migrations ». Quel est son objectif ?

« L’idée est de travailler avec différentes ONG qui agissent sur la question des migrations pour définir une feuille de route sur ce que nous, organisations, nous allons faire pour porter des alternatives aux politiques migratoires actuelles. Trois tables rondes vont avoir lieu. L’une sur les politiques migratoires existantes, les modèles dominants et les modèles alternatifs. Une autre table ronde sur les acteurs de cette gouvernance des migrations. Et une sur le rôle de l’ONU dans une gouvernance mondiale des migrations. Des ateliers se tiendront également sur la liberté d’installation, les enjeux économiques des migrations, du vivre ensemble dans nos sociétés et de la question des réfugiés climatiques. »

Cette rencontre se veut donc une force de proposition et devrait déboucher sur des actions concrètes pour influer sur les modes de gouvernance.

« C’est un séminaire de réflexion et d’action. Notre objectif est bien d’avoir une feuille de route sur les actions que nous pourrons mener. Le soir du 22 mai, nous allons remettre des passeports de citoyenneté universelle à des personnalités. Des actions seront organisées afin de sensibiliser les citoyens et les politiques sur les drames récents en Méditerranée et sur les propositions que nous portons de liberté de circulation et d’installation, pour montrer que d’autres politiques sont possibles. »

 

Pour aller plus loin :

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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