4:10 - lundi septembre 26, 2016

Eau et Climat : un équilibre à trouver

Lu 1091 fois Philippe Boury 0 réaction
© France Libertés
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Monde Solidaire s’intéresse cette semaine au lien entre le cycle de l’eau et le climat.

Dans un mois et demi, le changement climatique sera au cœur de la COP21, la Conférence des Nations Unies sur le Climat, qui se tiendra à Paris.

L’enjeu des discussions est de trouver un accord permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter la hausse des températures à 2°C d’ici la fin du siècle.

Le changement climatique perturbe notamment le cycle de l’eau, comme le reconnait le GIEC, le Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

A l’occasion de cette COP21, France Libertés met l’accent sur les liens qui existent entre le cycle de l’eau et le climat. La question de l’eau doit faire partie des discussions de la Conférence.

« Les négociations sur le climat ne parlent pas de l’eau. Elles se focalisent sur les gaz à effet de serre pour résoudre la crise climatique. Pourtant, l’eau est à la fois une ressource fortement impactée par le changement climatique, et qui, lorsque son cycle est déréglé, l’affecte en retour. La COP 21, par son impact médiatique, sera l’occasion de mettre en lumière cette variable cruciale du dérèglement climatique : l’eau. »

Expliquer le rapport entre cycle de l’eau et climat, présenter des alternatives existantes et donner des pistes d’actions pour que chacun s’engage, ce sont les objectifs que s’est fixée la Fondation. Alors en quoi le cycle de l’eau et le climat sont-ils liés ?

« Le changement climatique impacte le cycle de l’eau. On peut le voir au travers d’évènements tels que les sécheresses, les typhons ou les inondations. Il impacte les ressources en eau et modifie par exemple les précipitations ou l’écoulement des cours d’eau. Mais les perturbations du cycle de l’eau affectent aussi gravement le climat à l’échelle locale. L’eau des pluies ruisselle et s’infiltre pour se stocker dans la nappe phréatique, qui elle-même alimente les cours d’eau. En parallèle, l’eau s’évapore sous l’action du soleil, ce qui conditionne l’humidité de l’air et la formation de nuages et de pluies. Toutes ces interactions définissent un climat. »

© Agence de l’Eau Seine-Normandie

© Agence de l’Eau Seine-Normandie

Les activités humaines ont modifié durablement l’environnement dans de nombreuses régions. C’est le cas notamment avec la déforestation. C’est l’un des exemples les plus frappants.

« Lorsque l’on perturbe le cycle de l’eau, on perturbe le climat. Dans le cas de la déforestation, couper une forêt sur une large région empêche l’eau de s’infiltrer normalement dans le sol, grâce aux racines des arbres. L’eau ne s’évapore plus pour former des nuages et garder un certain taux d’humidité dans l’air pour créer des précipitations. Moins d’humidité, moins de pluies : conséquence, les températures augmentent. C’est ce qui se passe par exemple au Mozambique, où la forêt primaire est fortement déforestée et où les températures de toute la région sont en train d’augmenter. »

L’urbanisation à outrance est aussi un facteur important de modification du cycle de l’eau. On l’a vu dernièrement avec les inondations dans le sud-est de la France.

« Avec l’urbanisation et la disparition du couvert végétal dans les villes, apparaissent l’effet d’ilots de chaleur urbain et une sensibilisation très accrue aux inondations. Les effets d’ilots de chaleur urbains, c’est quand la chaleur du soleil est stockée par le béton. Cela créé un effet de dôme thermique au dessus des villes, et la température augmente fortement sur des espaces qui sont très localisés. A Tokyo par exemple, qui est le plus grand ilot de chaleur au monde, on a relevé des écarts de température qui vont jusqu’à 10 degrés entre le centre de la ville et la campagne. On peut aussi voir chaque année des exemples où, lors de précipitations intenses, l’eau ne peut plus s’infiltrer puisque le sol des villes est imperméabilisé. Elle ruisselle et créé des inondations parfois très violentes. »

Pourtant, pour restaurer le cycle local de l’eau et les microclimats, des alternatives existent. Par exemple en agriculture,  des solutions peuvent être mises en œuvre.

« De nombreuses formes d’agricultures, autres qu’intensives et polluantes, existent et permettent de mieux respecter le cycle de l’eau. On peut par exemple réintégrer des haies et des bocages au paysage agricole, on peut favoriser les cultures en bandes alternées qui suivent les courbes de niveau et évitent l’érosion. On peut aussi adapter les cultures au climat local pour limiter l’irrigation intensive. Ces principes sont repris dans l’agroécologie, l’agriculture écologique ou la permaculture. »

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Les alternatives existent donc en agriculture, en milieu urbain et même pour les industries.

« Pour moins impacter le cycle de l’eau, l’industrie peut par exemple se tourner vers les énergies renouvelables plutôt que fossiles. Les usines peuvent aussi réutiliser leurs eaux usées pour les processus industriels de façon à moins pomper dans les nappes phréatiques. L’usine Pochéco, par exemple, située dans le Nord-Pas-de-Calais, est autosuffisante en eau, puisqu’elle récupère les eaux de pluie. Elle a aussi installé un système d’isolation thermique, avec une toiture végétalisée. Des panneaux photovoltaïques lui permettent également de réduire sa consommation d’énergie. »

Ces solutions de grande échelle ne sont pas les seules à devoir être mises en œuvre. Des initiatives locales et individuelles peuvent également porter leurs fruits.

« Chaque citoyen peut, à son échelle, impacter positivement le cycle de l’eau et restaurer le climat. Dans un premier temps, en s’informant sur ce qui est réalisable. Chacun peut économiser son eau, et prendre en compte l’empreinte eau de ses produits de consommation. On peut aussi réduire sa consommation d’énergie et choisir d’utiliser des énergies renouvelables, en optant par exemple pour un fournisseur comme Enercop. A l’échelle collective, les citoyens peuvent se rassembler pour interpeler leurs élus et les pousser à intégrer le climat et l’eau dans leurs plans d’actions politiques. Ils peuvent aussi se former sur la question de l’eau et du climat pour agir ensemble. »

Toutes ces alternatives destinées à restaurer le cycle de l’eau et à influer sur le climat seront mises en avant au moment de la COP21 et sont à découvrir sur le site de France Libertés.

Pour aller plus loin :

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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