4:14 - lundi septembre 26, 2016

COP 21 : écouter la voix des peuples autochtones

Lu 1327 fois Philippe Boury 0 réaction
© Eau Planète et Peuples
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La COP 21 vient de s’ouvrir et les discussions qui se sont engagées entre les dirigeants des 195 états promettent d’être âpres. En marge de ces négociations officielles, des tables rondes ont lieu afin d’aborder toutes les solutions pour lutter contre le réchauffement de la planète. Ce mercredi 2 décembre au Bourget, la vision des peuples autochtones pour faire face au réchauffement climatique sera au centre de l’un de ces évènements parallèles, organisé par France Libertés, la Région Ile de France et l’association Paroles de nature.

Ces peuples autochtones ressentent fortement les effets du changement climatique. C’est à ce titre que la parole leur sera donnée lors de cette table ronde.

Elsa Olaizola est chargée de mission sur les migrations à la Fondation France Libertés

« Les peuples autochtones sont les premiers affectés par les changements climatiques. Ils sont particulièrement vulnérables du fait de leur mode de vie traditionnel, parce qu’ils sont culturellement très liés à la nature et entièrement dépendant d’elle pour subvenir à leurs besoins. Mais ils combattent aussi le changement climatique et ont des solutions à proposer. Le problème, c’est que la COP 21, c’est une réunion entre états où les peuples autochtones en tant que tels ne peuvent pas porter leur message, que ce soit l’impact qu’ils subissent ou leurs solutions. »

Le mode de vie des peuples autochtone est en première ligne face aux menaces climatiques.

« Il y a d’abord les menaces que fait peser le changement climatique de manière directe : par exemple la montée des eaux qui va engloutir des îles du Pacifique ou la fonte des glaces qui change complètement l’écosystème en Arctique et qui impacte les peuples autochtones de ces régions. Mais il y a aussi les menaces qui pèsent sur ces peuples du fait du mode de vie des occidentaux qui accélère le changement climatique. C’est par exemple l’accaparement des terres pour créer des champs de monoculture, ou pour les industries extractives qui détruisent les écosystèmes dans lesquels vivent les peuples autochtones, qui polluent leur terre, leur air, leur eau, et qui les empêchent de vivre selon leur mode de vie traditionnel. »

Ces populations ont un savoir ancestral sur la nature, la biosphère. Elles ne nous ont pas attendus pour prendre conscience de la nécessité de préserver leur cadre de vie. Elles sont porteuses de solutions qui peuvent nous éclairer.

« Il est nécessaire de prendre en compte ce que disent ces peuples du fait de la relation particulière qu’ils ont avec la nature. Ils peuvent nous apprendre à la respecter et à ne plus considérer la terre comme une matière première sur laquelle on aurait tous les droits. Un leader d’Amazonie brésilienne, Davi Kopenawa, disait sa surprise que les occidentaux aient mis autant de temps à comprendre que couper les arbres entrainaient la disparition de la pluie. Ce savoir ancestral, qui pour eux était une évidence, nous, nous avons eu besoin de preuves scientifiques pour nous en rendre compte. »

© Eau Planète et Peuples

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Parmi les intervenants des tables rondes, des représentants de populations autochtones… Quelles solutions ou actions, localement ont été mises en œuvre ?

« Il y d’abord les actions qui ont pour but de bloquer des projets qui sont mortifères. Nous aurons un représentant des Pacific Climate Warriors, des habitants des îles du Pacifique, qui mènent des actions pour bloquer les projets extractifs en Australie. Il y a aussi des actions de mises en œuvre de projets alternatifs comme celui de Benki Piyako, leader politique et spirituel en Amazonie brésilienne. Il a mis en place des écoles pour les peuples autochtones et non-autochtones de la région. Il y enseigne des pratiques de gestion environnementale, basées sur les savoirs traditionnels des peuples autochtones. Cela a permis de créer des emplois dans l’état de l’Acre, au Brésil, et de reboiser la région. Cela a aussi permis de responsabiliser les communautés locales sur la gestion de l’environnement tout en renforçant l’identité culturelle de ces peuples. »

Des partenariats entre ces populations et les pays du Nord peuvent-être envisagés. Les solutions locales sont-elles transposables ?

« Il y a des solutions clairement transposables. Il ne s’agit pas de dire que les populations du Nord doivent vivre comme les peuples d’Amazonie, mais il est important d’écouter ce qu’elles ont à dire de notre système pour changer nos pratiques. Il y a par exemple cette nécessité de revenir vers le local au niveau de la production et de la consommation, et de diminuer notre consommation et de l’adapter au respect de la nature. Il faut aussi prendre en compte leurs pratiques politiques pour nous en inspirer, en revenant au local et en créant une démocratie qui soit réellement participative et inclusive. Les exemples des peuples que nous allons porter à la COP 21, ce sont des peuples qui prennent les décisions en assemblée générale, où tous les peuples de la région participent et où tous ont une voix pour dire les messages qui veulent porter et les modes de développement qu’ils souhaitent. »

  • La vision des peuples autochtones pour faire face au changement climatique, c’est ce mercredi 2 décembre, de 14h45 à 18h45, au Parc des Expositions de Paris le Bourget.

 

Pour en savoir plus :

 

 

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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