10:47 - mercredi septembre 28, 2016

Une traversée militante et solidaire (rediffusion)

Lu 2834 fois Philippe Boury 1 réaction
© Emmaüs France
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Le 11 aout dernier, deux responsables d’Emmaüs France ont relevé le défi de traverser le détroit de Gibraltar, l’un à la nage, l’autre en kayak, pour mettre en lumière l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : la liberté de circulation.

Alors que le drame des réfugiés est au cœur de l’actualité, cette traversée militante, soutenue par la Fondation France Libertés, Emmaüs France et l’OCU, l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle, et parrainée par le navigateur Titouan Lamazou, entendait mettre en lumière ceux qui n’ont d’autre solution que l’exil pour sauver leur vie.

  • Esa Olaizola est chargée de mission « droits des populations autochtones » à la Fondation France Libertés.

« Maria Guerra et Alain Gomez sont deux responsables de la communauté Emmaüs de St Etienne qui ont eu cette idée de traverser le détroit de Gibraltar à la nage. Ce ne sont pas des sportifs professionnels, mais ils se sont entrainés depuis 2 ans pour réussir cette traversée extrêmement dangereuse. Ils sont partis de Tarifa en Espagne, pour arriver à Tanger au Maroc. Maria en kayak et Alain à la nage. Une traversée de 18km en 5h. » 

© Emmaüs France

Emmaüs France

C’était une traversée sportive, mais pas seulement. Ce défi souhaitait avant tout dénoncer la situation des réfugiés et les discours des responsables européens.

« Maria et Alain travaillent avec beaucoup de migrants dans leur communauté de St Etienne, et notamment des Roms. Ils donc ont souhaité faire cette traversée comme message de soutien à tous ces migrants qui prennent des routes extrêmement dangereuses pour se rendre en Europe. Mais c’était surtout un acte de dénonciation de cette fermeture des frontières qui provoquent des morts et des drames. La traversée du détroit de Gibraltar est la troisième route la plus meurtrière en Europe.

Ils souhaitaient aussi dénoncer cette absurdité des politiques migratoires européennes qui se basent sur du non-sens. Certains vont dire qu’il faut fermer les frontières pour des raisons de sécurité. Mais de quelle sécurité parle-t-on ? La sécurité de qui ? De quoi ? Ces migrants, qui essaient de rentrer, en Europe fuient des situations terribles, des situations de pauvreté ou de guerre. La seule question de sécurité qu’il faut se poser c’est leur sécurité.

D’autres personnes vont affirmer qu’il faut fermer les frontières pour des raisons économiques. Mais de nombreux rapports prouvent que les apports des migrants en termes économiques sont très importants pour nos sociétés. Cette traversée dénonçait donc aussi l’inhumanité des ces arguments et leur non-sens. Maria et Alain ont aussi voulu alerter l’opinion sur la différence de traitement entre occidentaux et non-occidentaux, puisqu’ils n’ont eu aucun problème pour passer la frontière. »

© Emmaüs France

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Cette traversée s’est déroulée sous le drapeau de l’article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

« Cet article 13 dit que toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat, et que toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. Et le fait que ce droit de circuler dans le monde soit inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme signifie que le droit de circuler est reconnu comme un droit fondamental. C’est un droit intouchable, qui ne dépend pas des circonstances. Il n’y a pas de bons ou de mauvais migrants comme on voudrait nous le faire croire. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons pour migrer. L’être humain, juste parce qu’il est humain, a le droit de circuler dans le monde. Pour l’OCU cet article 13 est fondamental et représente tout notre travail, puisque nous nous battons pour la liberté de circulation dans le monde et pour la liberté d’installation et donc la promotion de cette idée de citoyenneté universelle. »

A l’issue de leur traversée, Maria Guerra et Alain Gomez ont reçu le Passeport de citoyenneté universelle.

« Ce passeport est délivré par l’OCU (l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle), une organisation créée par France Libertés, Emmaüs International et le Mouvement Utopia. C’est un outil symbolique et politique qui est remis à des personnalités ou à des migrants qui se battent pour la liberté de circulation et la liberté d’installation dans le monde. L’idée est que ce document soit un document de voyage qui serait reconnu par les Etats et permettrait à toute personne de circuler dans le monde. »

© Emmaüs France

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Cette traversée militante est à revivre sur le blog qui relate le périple de Maria Guerra et Alain Gomez. Un blog qui met également à disposition une pétition pour dire non aux politiques migratoire meurtrières et pour demander l’application de l’article 13.

Pour aller plus loin :

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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Une Réponse à “Une traversée militante et solidaire (rediffusion)”
  1. # 11 décembre 2015 à 10:15

    c’est toujours de9licat ces catitions of9 extraits d’e9changes,je n’aime pas trop les utiliser.Cela se re9ve8le un peu comme du preat e0 penser.Nous sommes tous dans ce bain,mais quelques un s’appuie trop sur la teate de leurs semblables. gloup gloup gloup.Bzzz…

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