9:14 - mardi septembre 27, 2016

Chamanga : une bourse des vocations pour les jeunes uruguayens

Lu 1771 fois Philippe Boury 0 réaction
Chamanga - programme entete

Une bourse des vocations pour aider les jeunes à financer leur formation, c’est ce que propose la Fondation Chamanga, en Uruguay.

Agir, plaider, sensibiliser… ces trois piliers sont au cœur de l’action de France Libertés au quotidien. Soutenir les initiatives locales, former les citoyens localement, c’est la volonté de la Fondation depuis sa création. Et elle s’engage notamment cette année auprès de la Fondation Chamanga, en Uruguay sur un programme de bourses à destination de jeunes uruguayens.

Avec Emmanuel Poilane, le directeur de la Fondation France Libertés.

Quelle est la mission de cette Fondation Chamanga en Uruguay ?

« C’est une fondation qui a 15 ans. Elle a pour ambition de permettre à des jeunes qui sont en situation de précarité de pouvoir mener leurs études. Mais elle fait aussi en sorte d’aider des jeunes qui ont une véritable vocation pour un métier particulier. Ce qui est intéressant dans le fonctionnement, c’est qu’il y a l’ambition d’aider ces jeunes, de leur donner un vrai tutorat pour les appuyer et les engager dans une action sociale afin de mettre leur métier au service des autres. »

Quel est le profil de ces jeunes ? Qui sont-ils et quel sont leurs projets ?

« Ce sont des jeunes au profils très éclectiques. Il y en a évidemment qui se forment dans les métiers de l’agriculture, de l’élevage, ou de l’industrie… Mais il y a aussi des vocations artistiques, des chanteurs, des musiciens… Il y a des journalistes, des guides touristiques… Il n’y a pas de sélection sur le métier en tant que tel. Chaque jeune, à partir du moment où il peut défendre l’idée d’être en vocation pour un métier, la Fondation Chamanga le reçoit, et ouvre son écoute autour du métier qu’il propose.

Dans des pays comme les nôtres, on a un peu oublié ce que pouvait représenter la vocation pour un jeune. On les pousse plutôt à faire telle ou telle filière, parce qu’il y aura du travail, que cela lui permettra d’avoir plus d’argent… On n’est plus dans cet exercice du métier qui doit normalement permettre, un épanouissement, d’avoir les moyens de vivre et de faire ce que l’on a envie de faire… Essayer de trouver sa voie dans un métier où on ne se pose pas la question du pourquoi on se lève le matin. »

© Fondation Chamanga

© Fondation Chamanga

Il n’y a pas de critères particuliers pour l’attribution des bourses, si ce n’est la motivation et la vocation ?

« L’idée n’est pas de financer des bourses à des jeunes qui n’ont pas besoin d’aides. Il y a évidemment un critère de ressource financière, mais il n’y en a pas d’autres que celui de la vocation. Le processus de sélection de ces trente bourses est très long et fait l’objet d’une sélection très approfondie. Cela implique tout un tas de personnalités uruguayennes qui ont traversé toutes les époques, de la dictature à la mise en place de la République sociale. Elles sont l’ambition de mettre en avant des personnalités et des vocations importantes pour le pays. Elles ont aussi le souci d’accompagner la jeunesse pour que le souffle qu’ils ont connu à la fin de la dictature puisse perdurer, afin que les jeunes soient porteurs de connaissance et d’ambition pour la société uruguayenne. »

L’action de Chamanga ne s’arrête pas à l’attribution de la bourse. Elle assure le suivi et l’accompagnement des boursiers ?

« C’est passionnant. Il y a une petite équipe qui suit la partie administrative et d’accompagnement psychologique des candidats. Derrière, il y a une centaine de bénévoles, des tuteurs qui exercent les métiers que les jeunes veulent préparer. Ils accompagnent les bénéficiaires des bourses tout au long du parcours scolaire. C’est ce relais qui est intéressant. Des gens qui portent un métier comme vocation font en sorte que celle-ci soit transmise à un jeune qui a la même envie. Il y a en plus un fond de solidarité de bourses scolaires. Ce fond est alimenté par l’ensemble des gens qui ont été bénéficiaires du système scolaire uruguayen pour atteindre leur diplôme. Tout au long de l’exercice de leur métier, ils reversent une petite somme pour permettre aux jeunes de bénéficier d’une bourse. Il faudrait que l’on reconstruise çà chez nous. Donner du sens à l’appui que l’on donne aux boursiers, c’est un système clair, précis, extérieur au financement de l’état. »

Comment France Libertés s’inscrit-elle dans ce programme ?

« La Fondation Chamanga a été créé il y a 15 ans par des cadres uruguayens et une personnalité française, Mme Anne-Marie Sendic, qui a fait fortune sur un héritage. Elle a investit l’ensemble des intérêts de son argent pour financer Chamanga. L’âge avançant, elle a souhaité que la Fondation France Libertés prenne le relais  de son action pour que les bourses Chamanga puissent perdurer. Daniele Mitterrand, la connaissait bien. A l’époque de la dictature, Danièle Mitterrand avait été très proche des réfugiés d’Amérique latine et notamment uruguayens. C’est par ce lien que Mme Sendic est revenue vers nous pour faire ce travail d’accompagnement, et pour renforcer les liens entre la France et l’Uruguay.

C’est un partenariat qui commence, que l’on espère voir grandir dans les années qui viennent. Danièle Mitterrand tenait beaucoup que les jeunes soient aidés, qu’ils trouvent leur place dans la société et puissent devenir des personnes engagées au niveau social et sociétal. C’est un bel exemple d’action qui permet de montrer que quand on investit des jeunes dans une ouverture sociale de leur vocation, cela peut amener des élans tout à fait intéressants pour nos sociétés. »

© Fondation Chamanga

© Fondation Chamanga

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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