1:54 - samedi octobre 1, 2016

A la reconquête de l’eau dans le Beaujolais (rediffusion)

Lu 4586 fois Philippe Boury 3 réactions
image-08-02-16-18-16-32-ok

Bruno Ducluzaux est ingénieur hydrogéologue. Depuis plus de 10 ans, il porte son attention sur la problématique de la qualité des eaux souterraines.

Et c’est dans le beaujolais, non loin de Villefranche-sur-Saône, au nord de Lyon, que l’essentiel de ses préoccupations sont concentrées. Là bas, il piste toutes les pollutions qui menacent les eaux captées le long de la Saône, et qui sont sensées alimenter le réseau d’eau potable des communes environnantes.

Si les pouvoirs publics annoncent que l’eau potable de la Région est d’excellente qualité, Bruno Ducluzaux, lui affirme le contraire. Pour lui, les eaux de captages et les nappes souterraines subissent de multiples pollutions. Un peu partout dans le département, la qualité de l’eau potable laisserait à désirer.

« L’eau captée est polluée par les pesticides, les HAP et les perturbateurs endocriniens des cours d’eau. De plus, l’autre partie de l’eau provient des versants, sur lesquels des zones industrielles ont été installées dans les années 1970. »

Cette contamination est due, notamment, aux endroits où l’eau est captée, comme par exemple à Villefranche-sur-Saône.

Les analyses officielles laisse penser que les rhodaniens boivent une eau d’excellente qualité. Mais ce ne serait qu’un leurre, d’après Bruno Ducluzaux. Pour lui, les mesures effectuées prennent pour base des seuils de détection des polluants trop élevés.

« D’après la DDASS, 98 % de la population boit une eau qui contient du tétrachloréthylène. D’après les pouvoirs publics, l’eau est d’excellente qualité à Lyon, et il n’y a aucun problème sanitaire dans le Beaujolais. Aucune amélioration n’est possible, car les décideurs nient les problèmes. »

Pour limiter ces pollutions, Bruno Ducluzaux préconise des solutions simples et peu onéreuses à mettre en place.

« Actions immédiates : boucher les drains pour empêcher l’eau des rivières d’arriver directement dans les captages, mettre en place des barrières hydrauliques pour empêcher les polluants industriels d’arriver dans les captages, supprimer les rejets d’eaux usées en amont des captages.

Actions de long terme : abandonner les captages près des rivières, en aval des zones industrielles et des rejets des réseaux d’eaux usées, créer de nouveaux captages dans des zones moins polluées avec une protection de la totalité des bassins d’alimentation : territoires sans industries polluantes, avec une agriculture sans pesticides, ni nitrates. »

Un « Collectif beaujolais des usagers de l’eau » a vu le jour, afin d’informer largement les riverains et de porter ces constats à la connaissance des pouvoirs publics.

Pour aller plus loin:

The following two tabs change content below.
Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

N'oubliez pas de Suivre Fréquence Terre et de partager !
Loading...
0/5 - 0
You need login to vote.
Rubriques :
Crédit  Photo : Fabrice Guérin

Les cachalots : tout un programme …LONGITUDE 181 !

Éteignères1FT

Ardennes françaises mystérieuses (20/61) : ÉTEIGNIÈRES : Le Grand Condé et la Chèvre d’or

Dans la même thématique :

Utiliser Facebook Pour réagir

Un commentaire ?
Laisser un commentaire