5:52 - lundi septembre 26, 2016

Sauvons les mers des déchets plastiques

Lu 1547 fois Philippe Boury 0 réaction
© Expeditions MED
© Expeditions MED

Sauvons les mers des déchets plastiques. C’est la campagne menée par le Collectif Expeditions MED. Une initiative citoyenne européenne dont l’objectif est de lutter contre les pollutions marines. Il s’agit aussi de mettre en œuvre les solutions pour protéger les mers et les valoriser. Temps fort de cette campagne, une pétition pour convaincre les députés européens de légiférer sur la production des déchets plastiques et leur dispersion en mer.

La Fondation France Libertés s’est associée à cette initiative à l’occasion de la Journée européenne de la mer, le 20 juin.

Concrètement, quelle est cette pollution marine ? Qu’est-ce qui menace les océans ?

« C’était essentiel pour France Libertés de s’associer à cette campagne. Derrière les pollutions plastiques dans les océans, il y a nos consommations au quotidien, et notamment l’eau en bouteille qui est une véritable catastrophe écologique. Même si les publicités de l’eau en bouteille nous montrent la pureté de l’eau, en réalité, lorsque vous achetez de l’eau en bouteille plastique, vous payez le plastique, le transport, la publicité, mais en aucun cas l’eau. Derrière ces habitudes de consommation qui produisent des tonnes de plastiques, il y a la question de savoir où finit le plastique. Malheureusement, il y en a une quantité non négligeable qui finit dans les océans. Allez voir sur internet les images de ce que l’on appelle le septième continent, qui est un continent de plastique qui est en train de s’agglomérer  au cœur de  l’Océan Pacifique, et qui montre combien cette pollution est pernicieuse. On ne la voit pas, mais elle est en train d’abimer durablement nos océans. »

Le collectif rappelle qu’il faut une seconde pour fabriquer un sac plastique. Il est utilisé pendant 20 minutes. Mais il polluera pendant des siècles. Ce sont des véritables bombes à retardement pour le milieu marin.

« C’est une bombe à retardement qui est récente. On oublie souvent que le plastique est un matériau récent. Nos grands-parents utilisaient très peu de plastiques. Derrière il y a une explosion exponentielle de ces pollutions. On sait aujourd’hui  qu’avec les déchets présents dans les océans, on pourrait recouvrir la planète de plastique. Il faut se poser les bonnes questions dès maintenant. C’est le sens de cette campagne. C’est d’abord dire au consommateur que l’on peut faire autrement… consommer de l’eau du robinet, utiliser des gourdes. On n’est pas obligé de consommer de l’eau en bouteille plastique. Et c’est aussi l’engagement citoyen que l’on doit avoir pour dire aux acteurs politiques – français, européens, mondiaux – que l’on souhaite qu’il y ait un engagement pris, notamment européen, pour que l’on sorte de cette impasse du plastique dans les océans. »

Initiatives individuelles, en modifiant nos pratiques… Initiative citoyenne européenne également… L’association Expéditions MED lance donc cette pétition d’initiative européenne. C’est un outil de démocratie participative qui avait déjà été utilisé sur le droit à l’eau.

« C’est important de comprendre que l’on n’est pas dans un cadre de pétition habituelle, où l’on signe un document sans savoir l’impact que cela a. On est ici dans une initiative citoyenne européenne (ICE). C’est un espace créé par l’Europe pour permettre aux citoyens de poser des questions au Parlement européen. C’est un petit plus compliqué à signer qu’une pétition standard, où on met juste son e-mail. Là, il y a l’obligation de rentrer son numéro de carte d’identité. C’est un petit peu comme si on allait voter pour une élection. Derrière cette initiative, si elle se concrétise, c’est tout un tas de débats qui avancent et qui permettent de faire évoluer les législations. Cela a été le cas pour la première initiative européenne sur le droit à l’eau pour tous. Elle avait fait l’objet d’un million huit cent mille signatures. Une des victoires de l’ICE à l’époque, cela a été de faire retirer l’eau de la résolution sur les délégations de service publics en Europe. C’est l’occasion pour les citoyens européens d’avoir un impact concret sur les politiques européennes. »

La campagne « Stop Plastic in the Sea » espère récolter 1 million de signatures d’au moins sept pays de l’Union Européenne. Sur quoi doit-elle aboutir ? Quelle est la demande vis à vis de la Commission européenne ?

« L’objectif est d’obtenir un engagement de l’Europe pour réglementer et encadre la production, la consommation et l’importation de plastiques. Ensuite, il y a la volonté de favoriser d’autres modes de plastiques qui soient recyclables, biodégradables. Il s’agit aussi de faire évoluer les normes pour que les acteurs industriels ne se satisfassent pas de la simplicité du plastique qu’ils utilisent aujourd’hui. Il faut qu’ils aillent plus loin. Ils ont la possibilité d’utiliser des matières moins nocives pour la planète. Il ne faut pas penser que la réussite de l’ICE va en elle-même tout transformer. Mais c’est un moyen de pression considérable des citoyens. Cela donne une vraie parole aux citoyens pour s’exprimer et être entendus par le Parlement et la Commission européenne. »

Pour aller plus loin :

 

The following two tabs change content below.
Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

N'oubliez pas de Suivre Fréquence Terre et de partager !
Loading...
0/5 - 0
You need login to vote.
Eau droit humain

Vers un droit humain à l’eau

© Piero – Altermondes

2016, l’année du dérapage climatique

Dans la même thématique :

Utiliser Facebook Pour réagir

Un commentaire ?
Laisser un commentaire