11:05 - dimanche septembre 25, 2016

France Libertés : 30 ans de combats contre les souffrances des hommes (rediffusion)

Lu 734 fois Philippe Boury 0 réaction
© France Libertés
© France Libertés

Il y a 30 ans, Danièle Mitterrand s’engageait dans un combat. Le combat contre les souffrances des hommes.

En créant la Fondation France Libertés, en mars 1986, elle s’est donnée pour mission de défendre les droits humains et les biens communs du vivant, et de construire un monde plus solidaire.

Quel était la volonté première de Danielle Mitterrand, il y a 30 ans, en créant la Fondation France Libertés?

« La volonté c’était de poursuivre son engagement associatif. Danielle Mitterrand avait toujours été très engagée au travers de diverses associations. Sauf que ce format n’était pas très compatible avec son statut de « Première Dame ». Elle a donc fait le choix de créer la Fondation pour avoir un cadre d’utilité publique qui soit fort, respectueux de l’Etat. Elle a fait le choix d’œuvrer pour la justice sur la planète. C’était quelqu’un de très radicale, très tournée vers l’injustice pour faire en sorte de la régler et d’aider ceux qui la subissaient. Au fur et à mesure de son action, elle a évolué pour être toujours dans le tempo de la modernité. Elle était toujours très attachée à regarder les combats du moment et pas ceux du passé. »

Danielle Mitterrand disait vouloir organiser une alternative à la mondialisation capitaliste.

« C’est vrai qu’elle assez basculé assez rapidement sur la question du droit à l’eau pour ça. Elle estimait que la question des biens communs était le moyen le plus efficace, à coté de la sphère du capitalisme économique, d’avoir une vraie sphère du bien commun, du partage, de la coopération, pour que l’on ne soit plus prisonnier d’un modèle économique qui nous étouffe et qui casse les dynamiques de nos sociétés pour enrichir quelques personnes. C’était quelque chose de très important pour elle. »

Nous parlerons de l’eau la semaine prochaine, mais parmi ses premiers combats, il y avait les droits des peuples, Cambodge, Afrique du Sud, Tibet ou le peuple kurde. Qu’est-ce qui motivait ces engagements là ?

« C’était vraiment la volonté d’aider les peuples qui vivaient des traumatismes très forts. Le combat qu’elle a menée pour la fin de l’apartheid en Afrique du Sud par exemple, lui a valu de rencontrer Nelson Mandela a plusieurs reprises, et cela vaut à la Fondation d’être citée dans les livres d’histoire sud-africains. C’est un combat emblématique.

Avec le Kurdistan, c’est encore plus fort. Danielle Mitterrand a fait connaitre le Kurdistan à l’ensemble de la planète. Elle a permis d’accueillir 3000 orphelins en France qui sont aujourd’hui des Français intégrés, qui agissent en France et au Kurdistan avec l’association qu’ils ont créé Kurdistan Libertés. Elle a pu aussi faire en sorte que, là-bas, les ethnies qui étaient parfois les uns contre les autres, deviennent plus solidaires, travaillent ensemble. Le travail qu’elle a fait pour réconcilier M Masoud Barzani de M Jalal Talabani, marque pour longtemps de son empreinte l’action de Danielle Mitterrand au Kurdistan. C’est pour cela qu’elle est considérée comme la mère de la patrie là-bas, qu’il y a des écoles, des statues. C’est assez impressionnant de voir les résultats de son action au Kurdistan. »

Au delà de son engagement pour le droit des peuples dans le monde, il faut souligner qu’elle s’engageait aussi en France. Cela a été le cas notamment au moment des sans-papiers de l’église St Bernard, en 1996.

« Danielle Mitterrand a toujours été très ouverte à tous les combats qui puissent permettre de lutter contre les injustices et d’aider les minorités. C’est aussi ce qui fait aujourd’hui notre identité. On travaille autant en France qu’à l’international. Danielle était très présente en France, elle faisait beaucoup de conférences, elle allait beaucoup aider ceux qui le souhaitaient. Par exemple, le 10 mai 2011, 30 ans après l’accession au pouvoir de François Mitterrand, elle était devant l’Assemblée Nationale pour lutter conter le gaz de schiste qui faisait l’objet d’une loi à l’étude pour son interdiction. Elle a toujours été dans tous les combats possibles pour faire en sorte que la planète soit respectée, que les hommes et les femmes soient respectés et que l’injustice ne passe pas sa porte. »

Un combat contre toutes les formes d’injustices que nous continuerons d’aborder la semaine prochaine, à l’occasion de ces 30 ans de France Libertés.

Pour aller plus loin :

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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