12:18 - samedi octobre 1, 2016

Émission spéciale : Le message le plus important du Dalaï-Lama

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pgf-ft300Durant quatre jours, à la fin de l’été 2016, le Dalaï-Lama était en visite dans la capitale de l’Europe et « Fréquence Terre – RFI » avait été convié à partager plusieurs de ces moments importants dans la vie citoyenne et politique, a fortiori qu’il devait être question d’environnement et de relations humaines.

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Pierre Guelff en compagnie de lamas tibétains pour ce rendez-vous avec le Dalaï-Lama.

 Une bonne occasion de le rencontrer pour la troisième fois en vingt ans et de vérifier si les propos de ce personnage marquant de la non-violence et de la compassion restaient compatibles avec les concepts de fraternité et de tolérance qu’il n’avait cessé de prodiguer ces dernières années, alors que déferlait un flot de critiques négatives sur le fait qu’il ait fêté son 80e anniversaire avec l’ancien président américain George Bush, voire ne s’était guère épanché sur la candidature de Donald Trump à la Maison Blanche.

La réponse est sans la moindre équivoque possible : le Dalaï-Lama reste bien une véritable conscience planétaire !

Nouveau monde et révolution silencieuse

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Photo Olivier Adam Mind & Life Europe

Pour ce faire, ma première démarche a été d’en discuter avec Frans Goetghebeur, enseignant, auteur et ancien président de l’Union Bouddhique Européenne, après lui avoir lu la déclaration[1] du Dalaï-Lama qui venait de rencontrer quelque 250 délégués de Comités de soutien au Tibet représentants de cinquante pays, en présence de l’acteur Richard Geere, lors de leur 7e Conférence internationale organisée également à Bruxelles :

« Je regrette l’usage de la violence lorsqu’il s’agit de régler des conflits et, bien sûr, je continue à préconiser la culture de la paix, la compassion et la non-violence. L’humanité doit entreprendre des efforts dans ce sens et il y a lieu, justement, que l’on encourage la pratique de l’amour, de la tolérance et du pardon. Je reste intimement persuadé que le pouvoir de la pensée est plus fort que celui des armes. Je respecte toutes les croyances et, au sujet du Tibet, je sais que beaucoup de Chinois ne sont pas insensibles à ce qui s’y passe. »

. Frans Goethgebeur :

– Je pense que l’Occident s’est habitué à la présence du Bouddhisme. On le voit avec « Power & Care » où le top des scientifiques des universités européennes se réunit autour du Dalaï-Lama pour parler d’un point qui est capital pour la survie, pour la préparation d’un nouveau monde. C’est-à-dire, est-ce que notre nature est coopérative ou sommes-nous des animaux frustrés, agressifs et dangereux ?

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Frans Goethgebeur au micro de « Fréquence Terre »

C’est une question importante parce que de la réponse découle toute une série d’habitudes que l’on prendra et, éventuellement, de choix nouveaux comme cela se fait dans les disciplines qui sont représentées à « Power & Care » (recherche en psychologie, neurosciences, psychiatrie…) où l’on ne va plus étudier l’homme malade mais celui qui est sain d’esprit !

C’est une grande victoire sur une culture restée très pessimiste, mécaniste, un peu bornée, grâce à la présence du Bouddhisme et du courage de ces scientifiques qui ont senti « quelque chose ». On est en présence d’une révolution silencieuse qui, à mon avis, prépare de très belles découvertes.

– N’est-on pas également en présence de discours élitistes, alors qu’il y aurait lieu de les vulgariser ?

– Il y a de plus en plus d’initiatives locales organisées par de simples citoyens, comme vous et moi, et pas par des VIP. Partout, en Europe, on utilise des idées développées dans ce congrès, même dans des mouvances politiques qui ne veulent plus adopter la stratégie de partis politiques traditionnels et cela dans des choix économiques et financiers qui partent d’une autonomie, telles des monnaies locales, des coopératives… Donc, il se passe beaucoup de choses et je ne suis pas d’avis quand on dit que cela reste confiné à une élite.

– Et comment évolue la situation au Tibet, que vous connaissez depuis plus de trois décennies ?

– Elle est pire qu’avant ! Tous les yeux sont braqués sur les pays arabes et les Chinois font n’importe quoi. J’ai été très proche de la pression que les organisateurs de « Power & Care » ont rencontrée pour la présente visite du Dalaï-Lama. Je peux dire que la carte de la Belgique commence à prendre la couleur « jaune » depuis quelques années. Il faudrait quand même se poser quelques questions à ce sujet. Dès lors, on peut très bien s’imaginer ce qui se passe au Tibet… en silence.

Désastre et changement

 Deuxième démarche : relever des propos tenus par le Dalaï-Lama à l’occasion de son séjour dans la capitale de l’Europe. Certes, sa déambulation est devenue hésitante, mais l’esprit reste toujours aussi vif, parfois un rien ironique, souvent grave. Il reste à l’écoute des autres et ses répliques sont mesurées, pondérées, immensément porteuses sur le plan éthique. Pourtant, le sujet était extrêmement complexe, comme l’annonça Matthieu Ricard :

– Nous allons explorer la relation entre force et bienveillance. Pour ce faire, on a besoin de la voix de tous. Des voix politiques, économiques, scientifiques, philosophiques, industrielles, éducatives, des femmes…

Le Dalaï-Lama monta au créneau  :

– Le réchauffement climatique est un désastre ! Nous devons réaliser un effort pour changer cette situation. Nous sommes sept milliards sur la planète et chacun de nous doit développer davantage de compassion. Ainsi, il y aura une influence sur les autres et le monde pourra changer.

– Comment opérer ?

– Vous, les Européens, vous avez déjà beaucoup souffert. Votre continent a été impliqué dans énormément de violences, de guerres…  Alors, pour réaliser l’effort de changement, nous devons, tous, avoir une image claire de la réalité. Pour cela, il faut qu’il y ait un effet sur la société grâce à une collaboration entre le pouvoir et la bienveillance. Le XXIe siècle devrait être celui de la compassion à travers l’éducation. C’est ça le message le plus important pour moi !

[1] Agence Reuters.

Tous mes remerciements à M-P P., N.G., Mme X (journaliste) et M.A. pour leur aide précieuse (traductions, quelques propos…)

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Pierre Guelff

Pierre Guelff

Pierre GUELFF est journaliste, écrivain (Éditions Jourdan) et chroniqueur radio. À travers ses ouvrages, ses émissions et ses chroniques, il défend avec passion la Nature, les notions de « Terroir », de « Tradition »… À « Fréquence Terre », il anime “Littérature sans Frontières”, "Nature sans Frontières" et "La Nuit porte conseil". Sur son site officiel retrouvez toutes ses émissions radio et tv (RTBF, VivaCité, TV5 Monde), ses ouvrages, sa biographie... Son site officiel

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Une Réponse à “Émission spéciale : Le message le plus important du Dalaï-Lama”
  1. BHL l 'entarté
    # 10 septembre 2016 à 19:24

    Le « message  » d’un chef de secte au sourire figé ?

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