3:36 - samedi avril 29, 2017

Saru – Les singes du Japon : la culture animale en photos

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CULTURE. Les macaques japonais. Qui n’a pas eu à l’esprit l’image de ces singes à tête rouges en train de se prélasser dans des bains chauds sous la neige ? Cette image surprenante a fait le tour des médias mais, qu’on ne s’y méprenne, il s’agit d’une représentation bien lacunaire de tous les comportements qu’effectuent ces macaques en réalité. Dans l’optique de remédier à ce manque d’informations, le photographe Alexandre Bonnefoy et deux éthologues, Marie Pelé et Cédric Sueur, ont décidé d’arpenter le Japon pendant 8 mois pour capturer via des photographies et des vidéos, des expressions, mais surtout des comportements particuliers retrouvés chez les macaques japonais. Le 25 octobre 2016, ils sont venus partager leur expérience à travers une conférence tenue à la Maison de la Culture du Japon à laquelle Sciences et Avenir a participé.

Ces singes, il faut les appeler Saru, de leur nom japonais. Ce mot est repris partout par les acteurs du projet, et pour cause : ils veulent qu’il soit connu, et diffusé, car les macaques japonais, très étudiés par les scientifiques, en valent la peine et ont beaucoup à nous apprendre.

Des photos bien méritées

Le projet était ambitieux : il a fallût tout d’abord trouver les groupes de singes, se faire accepter par eux, puis prendre des photos. Un éthologue peut observer de loin des animaux et en tirer des conclusions, tandis qu’un photographe doit trouver le bon angle, choisir la lumière et être au niveau des animaux pour faire « de belles photos », comme le fait remarquer Alexandre Bonnefoy. Et ce n’est pas tout. Car au Japon, beaucoup d’endroits sont accessibles uniquement sur autorisation, comme la célèbre forêt de Yakuoshima qui a inspiré Miyazaki pour son film d’animation « Princesse Mononoké ». D’autres sont peu praticables. Confronté aux montagnes escarpées, aux racines glissantes recouvrant le sol ou encore aux tempêtes de neige au nord du Japon, Alexandre Bonnefoy a dû s’armer de patience (et de polaires !) pour réussir ses clichés. Les règles ? Ne pas déranger, attirer, nourrir, interagir ni toucher les singes. Les regarder dans les yeux est dangereux, car les singes l’interprètent comme un comportement de menace. Mais l’aventurier – car on peut finalement l’appeler ainsi – ne s’est pas découragé. Heureusement, il n’a pas choisi que l’hiver pour suivre les singes. Les autres saisons offrent des conditions largement plus agréables pour s’adonner à la photographie : l’automne avec ses érables devenus rouges et les mâles cherchant les faveurs des femelles pour se reproduire, puis le printemps, plus calme, avec la période des premières naissances…

Le résultat de tous ces efforts est épatant. Le livre  » Saru – Les singes du Japon regorge de photographies tout aussi amusantes que poignantes. Grâce à des portraits en plan très serré, des paysages magnifiques et colorés ou encore des comportements étonnants, le lecteur est plongé dans l’univers de ces macaques. Le livre est également commenté par les deux éthologues et illustré par Delphine Vaufrey, pour expliquer simplement certaines choses complexes à photographier.

Des comportements variés et fascinants

« Les singes se baignant dans les onsen (bains chauds) à Jigokudani ont commencé à agir ainsi après avoir observé les humains le faire dans les années 60« , explique Cédric Sueur, l’un des deux éthologues ayant participé à la mission.Il raconte ensuite d’autres comportements observés chez les macaques japonais comme les singes de Kojima qui lavent les patates douces dans l’eau de mer et séparent les grains de blé du sable en les plongeant dans un peu d’eau. Des comportements qui se sont peu à peu transmis de singe en singe, avec quelques variations selon les individus (une proto-culture).

Le lavage de patates douces chez les saru – © Alexandre Bonnefoy, Marie Pelé et Cédric Sueur

À Shodoshima et Arashiyama, dans les hauteurs de Kyoto, des singes manipulent des pierres, en les frottant entre elles ou en les regroupant. S’agit-il d’un jeu ? d’un exercice de dextérité ? ou bien encore font-ils ça car ils aiment le son des pierres en train de s’entrechoquer ? Personne n’a réussi à le déterminer pour l’instant, mais, chose étrange, seuls les singes nourris par l’homme effectuent cela…

La manipulation de pierres chez les saru – © Alexandre Bonnefoy, Marie Pelé et Cédric Sueur

Livre  » Saru – Singes du Japon par Alexandre Bonnefoy, Cédric Sueur et Marie Pelé, aux éditions Issekinicho, 35€
Exposition à la Maison de la Culture du Japon du 25 au 29 octobre 2016, entrée gratuite

Blog : http://www.issekinicho.fr/blog-japon/

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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