10:38 - lundi juillet 24, 2017

C’est la première fois que le cycle complet d’une inondation est détaillé

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SATELLITE. Fin mai 2015, à la suite des importantes inondations qui avaient submergé le sud-est du Texas les 23 et 24 mai et fait au moins 21 morts, le président Barack Obama décrétait l’état de catastrophe naturelle pour cet Etat américain. Un an plus tard paraît, dans le journal Geophysical Research Letters, la première analyse du cycle complet d’une inondation, depuis les premières pluies à terre jusqu’à l’arrivée et au parcours d’un panache d’eaux douces dans l’océan. Menée par la Française Séverine Fournier, océanographe au Jet Propulsion Laboratory, à Pasadena, en Californie, l’équipe de chercheurs de la Nasa a combiné les données du satellite américain SMAP (Soil Moisture Active Passive) avec les observations de 5 autres satellites de la Nasa, afin de reconstituer la chronologie des événements, de cartographier l’inondation et d’observer ses effets régionaux. SMAP mesure en effet à la fois l’humidité des sols (l’eau retenue dans les quelques centimètres de surface) et la salinité de surface de la mer.

Cet épisode catastrophique a débuté par des semaines d’intempéries, qui avaient gorgé d’eau les sols et déjà fait gonfler les rivières, avant que des orages et des pluies diluviennes ne s’abattent durant deux jours sur la région : 140.000 milliards de litres d’eau sont tombés sur le Texas en ce fameux mois de mai 2015. Suffisamment pour couvrir l’Etat entier d’une couche de 20 centimètres d’eau. Les dernières fortes pluies n’ont pu être absorbées par des sols déjà détrempés et l’eau s’est donc déversée en aval. Huit rivières du Texas ont drainé d’énormes volumes d’eau jusqu’au golfe du Mexique, avec des pics de décharge pouvant aller jusqu’à 1.700 mètres cubes par seconde !

Au cours du mois de juin 2015, les courants océaniques ont ensuite dévié ce vaste panache d’eau douce vers l’est, le long de la côte de la Louisiane. En juillet, elles se sont mélangées aux eaux du Mississippi, gonflé lui-même par les précipitations du printemps et le produit de la fonte des neiges. Le mariage des panaches d’eaux du Texas et du Mississippi ont alors pris la forme inattendue d’un énorme fer à cheval, un type de panache qui n’avait encore jamais été observé. L’action combinée d’un fort courant océanique dans l’est du golfe et d’un tourbillon chaud à l’ouest ont joué un rôle dans la formation de cette étrange forme.

Croissance et la multiplication des algues

Par ailleurs, les eaux fluviales charrient également nombre de polluants et de nutriments jusqu’à la mer, ce qui a un impact sur la vie marine. Et notamment l’azote et le phosphore – principalement issus des engrais agricoles – lessivés par les eaux de ruissellement. Ces nutriments contribuent à la croissance et la multiplication des algues. Lorsqu’elles meurent, elles sombrent dans les fonds marins et se décomposent en utilisant l’oxygène présent dans l’eau de mer. Lorsque les algues en décomposition sont en excès, elles appauvrissent tant le milieu en oxygène qu’il devient  » zone morte » aucun animal ni plantes ne pouvant y survivre. Le golfe du Mexique abrite déjà un tel désert océanique, considéré comme le deuxième plus vaste du monde, sa superficie moyenne dépassant celle de toute l’Ile-de-France.

Paradoxalement, le golfe du Mexique est aussi l’un des plus grand fournisseur de produits marins au monde. Lorsque cette zone morte s’étend, cela a des conséquences à la fois pour la vie marine et pour l’économie régionale : les bateaux de pêche doivent en effet aller de plus en plus loin pour trouver du poisson, augmentant de ce fait leurs dépenses en carburant. C’est précisément ce qui s’est produit après l’inondation du Texas en 2015, puisque la zone désertique du golfe s’est agrandie d’environ 28 %. Les chercheurs américains veulent maintenant étudier plus précisément les impacts biochimique de l’inondation sur les eaux du golfe. L’objectif, à terme, est de concevoir un modèle prédictif de l’influence des hauts niveaux de pollution sur les activités de pêche.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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