9:23 - samedi décembre 10, 2016

Quels enjeux pour la COP22 à Marrakech ?

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TRACTATIONS.  » On entre vraiment dans le dur ». A entendre ce négociateur français, les nuits de tractations de décembre 2015 ne sont qu’un hors d’œuvre devant ce qui attend désormais la communauté internationale à Marrakech pour la COP22. Depuis le 4 novembre et l’entrée en vigueur de l’accord, les Etats sont juridiquement astreint à atteindre l’objectif de l’accord de Paris. « Contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous des 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C ». Ce principe doit désormais être concrétisé par des règles internationales de mesures des gaz à effet de serre, de rapportage des résultats nationaux et de vérification de ces résultats par des pays tiers.  » C’est tout ce cadre qu’il va falloir bâtir et les COP prochaines seront très différentes de l’avant Paris car elles vont aborder des sujets techniques qui ont d’importantes résonances politiques », explique David Levai, chercheur senior en coopération internationale sur le climat à l’IDDRI.

Les contributions nationales volontaires déposées par les Etats avant la conférence de Paris ne répondent pas à l’enjeu puisqu’elles s’inscrivent sur une pente de 3°C. Le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE) vient de tirer la sonnette d’alarme. Selon son rapport, les émissions de gaz à effet de serre devraient atteindre 54 à 56 milliards de tonnes d’équivalent CO2 pour l’année 2030, alors qu’à cette date, pour atteindre l’objectif des 2°C, ces émissions devraient plafonner à 42 milliards de tonnes. Le PNUE appelle les Etats à agir dès à présent pour éviter de rejeter ces 12 à 14 milliards de tonnes. Il leur faudra durcir leurs contributions nationales.

Pour atteindre les objectifs, il faudra augmenter les efforts

MESURE. Le principal enjeu de Marrakech réside donc dans l’encadrement des plans nationaux. Comment mesurer les émissions de chaque Etat ? Comment évaluer l’efficacité des politiques publiques mises en place pour réduire les émissions ? Comment faire vérifier les rapports nationaux par des Etats tiers ?  » L’enjeu va être de doter les Etats les moins avancés de véritables systèmes de mesures des émissions et surtout de les aider à former chercheurs, ingénieurs et techniciens qui vont faire ce travail », note Thierry Lebel, chercheur à l’IRD. En France, ce travail est effectué par le CITEPA depuis 1961. Cette association mène déjà des programmes d’aides en direction des pays africains et a signé cette année un accord de coopération avec l’université de Pékin. Ces initiatives devront se multiplier. L’encadrement des contributions nationales nécessitera de nombreux appareils de mesures et des centaines d’ingénieurs pour les utiliser. C’est un réseau mondial qu’il faut créer dans la durée. Chaque Etat va publier une première contribution en 2018. Celle-ci sera vérifiée en 2023 par les tiers pour une correction ou un approfondissement en 2025. Puis ce rythme quinquennal s’établira dans la durée.

Marrakech constituera également un point de départ des négociations sur trois points.

L’adaptation. Dans ce seul mot se résume les efforts de politique publique pour que l’économie prenne bien en compte les effets du réchauffement climatique afin de diminuer les dommages. Le développement économique doit être désormais cohérent avec l’accord de Paris. Les sujets sont nombreux : habitat économe en énergie, infrastructures de transports publics, traitement des déchets et économie circulaire, énergies renouvelables, urbanisme…

Les finances. Les pays développés ont promis un fonds d’aide aux pays en voie de développement de 100 milliards de dollars par an dès 2020. Cette promesse sera d’autant plus abordée que le Maroc fait partie des demandeurs. Il faudra notamment décider comment et par qui cette somme sera fournie et comment elle sera répartie.

Le renforcement des capacités. Il s’agit de la formation, de l’éducation et des transferts de connaissances à effectuer vers les pays les moins développés à la fois pour les politiques d’adaptation et la mesure et vérification des contributions nationales. Il faudra aussi former des personnes compétentes et aider à la création de cadres juridiques et politiques nationaux pouvant garantir l’efficacité de l’action nationale. C’est aussi un moyen pour les pays donateurs de vérifier que l’argent du fonds d’aide est bien employé.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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