1:31 - lundi décembre 5, 2016

De l’énergie à revendre dans les rots des vaches

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21 fois plus puissant que le CO2, mais avec une durée de vie dans l’atmosphère cinq fois moindre (20 ans), le méthane est un gaz à effet de serre dont la production a plus que doublé depuis le début de l’ère industrielle. Et cela va croissant avec l’augmentation des animaux ruminants d’élevage et des volumes de déchets et d’eaux usées. Pourtant, relâcher ce gaz dans l’atmosphère est un véritable gâchis en plus d’être une aberration climatique. Le méthane est un gaz que l’on peut en effet capter pour produire de la chaleur et/ou de l’électricité ou être injecté après purification dans le réseau de gaz naturel comme cela est autorisé depuis 2014 en France.  » A ces deux voies, nous en ajoutons une troisième, celle de la cryogénisation qui permet de produire un gaz naturel liquéfié utilisable dans les transports  » annonçait Denis Clodic, fondateur et directeur R&D de cette petite start-up qui a été nommée « ambassadrice de la French Tech  » à la COP21.

Le démonstrateur industriel de Cryo Pur est en place depuis 2015 à la station d’épuration de Valenton. © Cryo Pur

Le biogaz exploitable est issu de trois sources principales : les stations d’épuration des eaux usées, les décharges de déchets et les exploitations agricoles.  » Le problème, est que le réseau gazier est loin de couvrir le territoire national, bien que la France –avec l’Allemagne- recèle le réseau le plus dense en Europe, expose Denis Clodic. Comme allonger une conduite gazière de quelques kilomètres a un coût très élevé, de nombreux points de méthanisation ne peuvent être raccordés « . Il faut donc brûler le gaz sur place pour produire de l’électricité, le réseau électrique couvrant, lui, l’ensemble des territoires. Mais cela se fait au prix d’une déperdition énergétique. D’où la solution de la liquéfaction.

Une liquéfaction souple adaptée aux méthaniseurs

-161°C. Denis Clodic s’est emparé d’une vieille solution, la cryogénisation, pour l’adapter aux caractéristiques d’une production délocalisée.  » Par souci de sécurité sur les méthaniers, la liquéfaction du gaz se fait à pression atmosphérique, rappelle Denis Clodic. Nous avons déposé des brevets pour des techniques qui permettent de concentrer la masse gazière jusqu’à 8 bars sans devoir descendre à la température de liquéfaction du méthane de -161°C « . Dans ce système, un prétraitement à -90°C permet de « laver  » le biogaz de résidus d’eau, d’hydrogène sulfuré et de composés organiques volatils. Un première décarbonation sépare le méthane du CO2, gaz qui représente en masse 60% du biogaz. Ce CO2 liquéfié est alors vendu en agro-alimentaire et dans les serres agricoles. Intervient enfin la liquéfaction du méthane, qui produit un gaz pur à 99,4%. Ne reste plus qu’à venir charger cette production liquide en camion citerne. « Notre unité peut s’adapter à des production allant entre 125 et 2000 m3/heure » précise Denis Clodic. Dans les cartons, figurent également des projets de miniaturisation du système pour couvrir les projets de méthanisation dans de plus petites exploitations agricoles.

CORRIDOR. L’intérêt de la cryogénisation, c’est de fournir un carburant qui n’émet aucun gaz à effet de serre, puisque le bioGNL n’a aucune source fossile. C’est donc une solution d’un grand intérêt pour le secteur des transports où les alternatives au pétrole sont rares. Actuellement, le projet « Blue corridor » est en train de faire la démonstration que le transport longue distance de marchandises peut s’effectuer par gaz naturel liquéfié (GNL). Plus de 18 millions de kilos de GNL ont fait ainsi le plein de poids lourds entre Danemark et Espagne et Italie pour plus de 5,5 millions de km parcourus.

Le biogaz enfin reconnu en France. Tarif officiel de rachat, autorisation d’injection du biogaz dans le réseau du gaz naturel, incitations financières. La filière du biogaz français commence à se développer avec cependant beaucoup de retard vis-à-vis de l’Allemagne où 8000 unités à la ferme produisent déjà de l’électricité. « Nous avons fait cependant des choix différents, souligne Antoine Jacob du Club Biogaz . L’Allemagne méthanise uniquement du maïs alors que nous avons décidé de ne prendre que des déchets agricoles et alimentaires en mélange pour éviter la concurrence avec les production alimentaires « . Cette matière première plus disparate a provoqué de nombreuses difficultés dans la conduite des quelques dizaines de méthaniseurs pionniers, difficultés qui sont en cours de résolution. Il le faut parce que la stratégie nationale bas carbone française intègre des objectifs ambitieux pour le biogaz. Ainsi, le gaz renouvelable devra représenter 10% de la consommation nationale en 2030, alors qu’elle est quasiment inexistante aujourd’hui. Le Ministère de l’écologie vient de lancer un appel à projets pour 1500 méthaniseurs d’ici 2017 et l’objectif est d’atteindre 30 milliards de kWh de production en 2030 sur un gisement potentiels de 56 milliards de kWh, soit la consommation de 3 millions de foyers.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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