5:45 - dimanche juin 25, 2017

Comment développer la Chine mais l’empêcher de fumer

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300 millions ! C’est le nombre attendu de nouveaux citadins chinois d’ici 2030. Dans 15 ans, le pays atteindra son milliard d’habitants vivant en ville. Ils n’étaient “que” 190 millions en 1979. Ces quelques chiffres donnent le tournis, ainsi que le montre l’animation du Mc Kinsey Institute. Jamais dans l’histoire de l’Humanité, on avait vu des agglomérations grossir aussi vite. Et jamais aussi une telle croissance n’avait généré autant de pollutions. L’air des mégapoles chinoises est irrespirable. Pékin, pour la première fois, a déclenché l’alerte rouge à la pollution atmosphérique le 7 décembre (voir aussi l’infographie de la BBC). Et l’organisation urbaine est chaotique comme l’a montré l’explosion de l’usine chimique de Tianjin en août 2015 où l’on s’est aperçu que les entrepôts de produits dangereux voisinaient avec des quartiers d’habitation. “La fabrication des villes nouvelles procède d’une méthode générique de planification hyper-productiviste et fonctionnaliste, déclinée de façon pyramidale dans tout le pays, qui se concrétise par un zonage urbain à très grande échelle, constatait en 2014, le doctorant de l’école nationale des Ponts et Chaussées Rémi Curien, dans la revue scientifique Perspectives chinoises. Ce mode opératoire, en vigueur depuis près de 30 ans, n’est à ce jour pas mis en question par les décideurs chinois, et les principes environnementaux n’y sont pas concrètement intégrés“.

Des villes entières à construire en 15 ans !

C’est ce schéma de production “à la chaîne” de villes entières que tente de casser le gouvernement chinois pour les milliers de quartiers qu’il va falloir construire dans les 15 prochaines années. Aligner des bâtiments mal construits, mal isolés, gaspilleurs d’énergie selon une organisation qui ne tient compte ni du climat, ni de la géographie n’est plus tenable. Ce constat très récent impose au gouvernement chinois une véritable remise en cause. Le ministère de l’Habitat et du développement urbain et rural (MOHURB) vient en effet d’imposer à toutes les villes des schémas directeurs du développement urbain, selon le modèle autoritaire chinois qui veut que toutes les décisions soient prises à Pékin. Derrière cette obligation, c’est tout un marché de l’ingénierie urbaine (déchets, eau, énergie), des constructions de réseaux de transports en commun, de communication qui est en train de s’ouvrir. Sans délai. “Le Parti communiste chinois soumet les responsables politiques locaux à une obligation de résultat : si l’objectif assigné n’est pas atteint, il n’y a pas de promotion”, explique Wang Xi, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI).

Ces villes à construire font saliver tous les aménageurs de la planète, les Chinois comptant peu de compétences dans ce domaine. “Mais nos interlocuteurs veulent juger sur pièce de l’efficacité de ce qu’on leur propose, aussi choisissent-ils des sites urbains pilotes où ils peuvent évaluer les savoir-faire “, précise Philippe Masset, chef du service des partenariats internationaux à l’ADEME. Cela s’accompagne aussi de visites de terrain. De nombreux élus chinois sont ainsi venus en France pour voir comment fonctionnaient les premiers écoquartiers.

Des jumelages avec la France bien utiles

Pour la France, plusieurs sites pilotes vont ainsi s’ouvrir à Wuhan, Chengdu, Shenyang, Chongqing. Des villes qui ne sont pas choisies au hasard : elles sont toutes jumelées avec des villes françaises. “Cette coopération décentralisée est une bonne base mais ne suffit cependant pas à ouvrir toutes les portes. Aussi, le ministère du Développement durable français a-t-il décidé de regrouper l’offre technique sous une même ombrelle, Vivapolis” explique André Durbec, président du bureau d’études environnementales Terao et animateur de Vivapolis. Cette entité sert à répondre aux appels d’offre internationaux, à structurer les réponses des entreprises et bureaux d’études français et à les aider à accéder au marché chinois. Efficacité énergétique, connectivité, gestion des flux, l’offre doit être globale. “Nous devons également présenter des certifications et des normes qui montrent que les zones pilotes que nous allons bâtir peuvent être répliquées partout en Chine avec la même efficacité, tout en étant adaptables aux différents climats de cet immense pays“, poursuit André Durbec.

Les premiers bâtiments des écoquartiers à la française sont sortis de terre cette année. Wuhan constitue indéniablement la vitrine du savoir-faire français. La ville baignée par le Yang Tse fut autrefois un comptoir français. Cette mégapole de plus de dix millions d’habitants accueille aujourd’hui les grands industriels français comme Renault et PSA. Et en vertu d’un échange administratif, les services publics de la ville ont même engagé Rémi Curien, chargé de mieux comprendre comment fonctionne la bureaucratie locale.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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