5:38 - mercredi juin 28, 2017

L’hydrolienne fluviale, le Graal énergétique ?

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Classée pour ses paysages viticoles surplombant le Danube, la Wachau, en Autriche, pensait devoir rester à l’écart des énergies vertes. Mais une nouvelle technologie, l’hydrolienne fluviale, promet aux zones protégées ou éloignées d’accéder à l’électricité renouvelable sans dénaturer l’environnement. Dans cette région à l’ouest de Vienne, classée par l’Unesco en 2000, « les éoliennes sont exclues et la pose de panneaux solaires est strictement réglementée« , rappelait Andreas Nunzer, président de la communauté de communes de la vallée, durant la dernière COP21. « Mais nous avons trouvé comment contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique sans toucher à notre cadre de vie« , se félicite-t-il.

La solution ressemble à une sorte de sous-marin de 6 tonnes, muni d’une turbine et pouvant développer de quoi couvrir les besoins annuels en électricité de plus de 250 personnes : une hydrolienne fluviale. « Nous avons obtenu toutes les autorisations pour en immerger neuf et nous ne comptons pas nous arrêter là. Nous n’attendons plus que la production en série« , souligne l’élu, maire de la commune de Spitz.

Fruit de dix ans de recherches de la start-up autrichienne Aqua Libre, cette hydrolienne est invisible car elle flotte sous la surface de l’eau, avec simplement un point d’ancrage au fond du fleuve. « Il y a 40 ans, on s’est battu avec succès pour empêcher la construction d’un barrage hydro-électrique : heureusement car aujourd’hui, nous vivons du tourisme. Là, il s’agit d’un équipement qui n’altère pas l’environnement« , souligne Christian Thiery, propriétaire d’un hôtel-restaurant de luxe dans la commune voisine de Dürnstein, qui en a commandé un exemplaire à titre privé pour alimenter son établissement de 100 lits. Après la mise au point de trois prototypes de 40 à 80 kW et plus de 35.000 heures d’essais en conditions réelles dans le Danube, la production en série de cette hydrolienne doit commencer « courant 2016« , assure Fritz Mondl, co-président d’Aqua Libre.

« Pas de complication écologique »

Seule source d’énergie verte produisant 24h/24 sans nécessiter d’infrastructure lourde, l’hydrolienne fluviale atteint à ce titre « le Graal » des énergies renouvelables. De ce fait, plusieurs sociétés en Europe et en Amérique du Nord s’y intéressent également. « Le marché est évalué à 15 milliards d’euros sur dix ans dans le monde« , affirme Jean-François Simon, PDG de la société française HydroQuest, qui a déjà installé deux hydroliennes en Guyane française et à Orléans (centre de la France) et qui, comme Aqua Libre, est au seuil de la production en série.

L’hydrolienne de 12 KWatts développée par Hydroquest, présentée à la galerie des solutions durant la COP21. ©Erwan Lecomte

La société Hydroquest déploie une éolienne fluviale en Guyane. Cette dernière est fixée sous une barge amarrée. L’avant de l’hydrolienne est protégé par une grille qui évite que des corps dérivant tels que des troncs d’arbre ne viennent se coincer dans les pales. Lorsque la grille est obstruée, un système de vérins relève l’hydrolienne et les débris tombent par gravité. Cette maquette était présentée sur la galerie des solutions durant la COP21 en décembre 2015. ©Erwan Lecomte

Deux fabricants de micro-unités (5 kW), le québécois Idénergie et l’allemand Smart Hydro, revendiquent de leur côté déjà respectivement 16 et 53 ventes. En France, on peut également citer EcoCinetic, une PME Rochelaise qui a installé des hydroliennes fluviales en estuaire à Bordeaux et Tonnay Charentes dès 2011. « Actuellement, nous livrons 12 hydroliennes pour un village au Congo Brazzaville, avec l’appui de l’ADEME internationale, de l’IRAM, de l’AFD, entre autres« , nous a précisé par mail Frédéric Mourier, responsable R&D et gérant de l’entreprise. L’entreprise Bertin Technologies, quant à elle, a installé depuis la mi-octobre 2015, une hydrolienne dans le port de Bayonne.

Tous les fabricants ont dû résoudre plusieurs défis technologiques, notamment la gestion des corps flottants qui risquent d’abîmer ou d’entraver la turbine, mais aussi l’optimisation du rendement du générateur grâce à de l’électronique de pointe. Ces défis techniques et la puissance modeste des engins, qui n’excède pas les 80 kW, expliquent pourquoi le développement des hydroliennes est resté confiné aux PME, selon M. Simon. « En dessous de 1 MW (1.000 kW), les grands groupes ne sont pas intéressés. Mais les hydroliennes ont vocation à fonctionner par fermes de plusieurs dizaines d’unités et surtout, elles permettent d’accéder à des gisements hydro-électriques inutilisés« , relève-t-il.

Sources d’énergie locale, elles ne nécessitent que peu d’infrastructures

La Wachau espère ainsi couvrir à terme les besoins de la majeure partie de ses 30.000 habitants. Jugées inoffensives pour les poissons et compatibles avec la navigation, les hydroliennes fluviales « n’engendrent pas de complications écologiques« , assure l’ONG environnementaliste autrichienne Global 2000. Mais c’est surtout hors d’Europe, notamment dans les pays en voie de développement où des régions entières ne sont pas raccordées au réseau électrique, que les hydroliennes fluviales ont leur plus fort potentiel d’implantation, en tant que source d’énergie locale ne nécessitant pas d’infrastructure, font valoir leurs partisans.

Reste que dans les pays développés, « les démarches administratives (pour l’implantation de ces équipements) sont souvent longues, coûteuses et sans garantie de résultat« , déplore Emmanuelle Kenol, de Idénergie. Pour Jean-François Simon toutefois, « les choses avancent doucement dans ce domaine« . « Les hydroliennes ne vont pas bouleverser le mix énergétique », c’est-à-dire la répartition des différentes sources d’énergie primaire (pétrole, charbon, nucléaire, éolien…), « mais elles peuvent y contribuer« , souligne le chef d’entreprise.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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