10:51 - mardi décembre 6, 2016

Les oiseaux sont attirés par l’odeur du plastique

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POLLUTION MARINE. Le plastique, ça trompe énormément ! Et pour cause, après avoir simulé un nouveau continent, le « 7ème continent » comme il est appelé, le plastique en décomposition aurait également la même odeur que le plancton, ce qui aurait de graves conséquences sur les animaux marins. C’est le triste constat qu’ont rapporté Matthew Savoca et son équipe dans une étude parue dans Science Advances en novembre 2016. Le plastique constitue un leurre visuel pour les animaux marins : les tortues confondent les sacs plastiques avec des méduses, les poissons gobent les microparticules plastiques ressemblant aux particules organiques qu’ils mangent habituellement… Les scientifiques ont longtemps cru que les oiseaux confondaient également le plastique avec leur nourriture, mais ne s’étaient pas encore penchés sur l’hypothèse des pièges odorants. Dans cette étude, les chercheurs américains ont décidé de se focaliser sur les oiseaux marins, particulièrement touchés par ce fléau.  » Les animaux ont une raison d’agir comme ils le font. Si nous voulons comprendre pourquoi ils mangent le plastique présent dans les océans, nous devons réfléchir à la manière dont ils trouvent la nourriture, explique Matthew Savoca.

En 2014, pas moins d’un quart de billion de tonnes de plastiques flottait dans les océans, impactant plus de 200 espèces de poissons, mammifères marins, reptiles et oiseaux.  » Il y a 50 ans, il n’y avait presque pas de plastique dans l’environnement. Maintenant, on en trouve dans tous les océans, lacs et rivières, déplorent les chercheurs.

« Dead zones » : carte représentant les endroits les plus pollués par le plastique, l’agriculture, la pollution industrielle etc. – © National Geographic

La faute au sulfure de diméthyle

Afin de découvrir ce qui pouvait attirer ainsi les oiseaux marins, les chercheurs ont placé trois types de plastique dans des sacs en toile (pour qu’ils ne soient pas ingérés) dans plusieurs baies californiennes et ont ensuite comparé leur composition chimique avec celle du plastique « propre ». Bilan : le plastique en décomposition dans l’océan produirait un composé chimique, le sulfure de diméthyle ou diméthylsulfure (DMS), présent dans de nombreux aliments de notre alimentation mais également … dans le zooplancton ! Ce DMS serait en effet produit par la décomposition d’algues et de phytoplancton lorsque ceux-ci sont ingérés par le zooplancton, et notamment le krill. Certains oiseaux marins, comme les procellariiformes (albatros, pétrels, puffins …), sont capables de détecter cette odeur à des quantités infimes grâce à des narines tubulaires externes, ce qui leur permettrait de trouver facilement de la nourriture. Grâce à des données de 55 études sur 13 350 oiseaux, dont 25 procellariiformes, les scientifiques ont constaté que 8% des espèces non sensibles au DMS mangeaient du plastique contre 45% chez les espèces sensibles à ce composé.  » Les espèces utilisant l’odorat pour se nourrir sont 5 à 6 fois plus enclins à manger du plastique les espèces qui n’ingèrent pas habituellement du DMS, résume Matthew Savoca. Le plastique constitue donc un véritable piège odorant. Grâce à cette étude, les chercheurs espèrent que les oiseaux soient mieux protégés dans le futur.

Le fléau des océans

Le plastique possède de nombreux composés chimiques associés qui absorbent les toxines de l’eau. Une fois ingéré, il peut alors provoquer un blocage des intestins et endommager les organes internes.  » À court terme, l’ingestion de plastique induit une impression de satiété chez l’animal, qui ne va plus manger, explique le chercheur. Le plastique n’ayant aucune valeur nutritive, ces animaux vont alors jeûner et mourir de faim. Des projections réalisées en 2015 sont arrivées à la conclusion que 99% des oiseaux marins étudiés mangeront du plastique d’ici 2050.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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