1:27 - vendredi août 18, 2017

La chasse favorise-t-elle le développement cérébral des oiseaux ?

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CERVEAU. Pour survivre, il vaut mieux ne pas avoir une cervelle d’oiseau… ou peut-être que si, justement ! D’après une étude danoise publiée dans Biology Letters en octobre 2016, la chasse pratiquée par l’homme pourrait en effet favoriser l’intelligence des oiseaux puisque les chasseurs tueraient principalement les individus possédant un petit cerveau. La chasse aurait donc une action non prévue sur la sélection de ces espèces.

Une chasse sélective

Les scientifiques ont comparé la taille et le poids des cerveaux de 3781 oiseaux appartenant à 197 espèces apportés aux taxidermistes danois entre 1960 et 2015. Résultat ? Ils ont établi une corrélation entre le fait que les oiseaux soient chassés et la taille de leur cerveau. Les chercheurs ont dénombré le nombre d’oiseaux qui avaient été tués à la chasse, ce qui représentait 7,9% de l’échantillon total, et ont observé que la plupart étaient dotés de petits cerveaux (< 1 gramme). Si l'on considère que la taille du cerveau est proportionnelle à la taille du corps des oiseaux, alors la probabilité d'être tué à la chasse diminuerait de 30% pour les détenteurs de grosses cervelles. Le taxidermiste et ornithologiste Johannes Erritzøe a procédé à l'autopsie de ces oiseaux afin de comparer la taille de différents organes : cœur, poumons, foie … Résultat, seule la taille du cerveau différait chez les espèces chassées. "Cela signifie que la chasse a un effet particulier et spécifique sur le cerveau et non sur les fonctions corporelles de ces animaux » résume Anders Pape Møller, un des auteurs de l’étude travaillant à l’Université Paris-Sud. Bien sûr, les chasseurs ne choisissent pas d’abattre principalement les espèces à petits cerveaux. Ces dernières seraient juste plus susceptibles d’être tuées car elles ne seraient pas assez « intelligentes » pour comprendre qu’un fusil symbolise un danger.

Ce phénomène peut être également mis en parallèle avec la pêche. Les sandres de l’archipel finlandais par exemple tendraient à devenir de plus en plus petits car les individus les plus gros sont pêchés en priorité. La maturité sexuelle se produirait également plus tôt puisque les poissons matures sont souvent capturés.

Des résultats controversés

Mais peut-on tirer des conclusions si rapidement ? Certains scientifiques sont assez sceptiques sur ces résultats, comme Jesper Madsen, un spécialiste en écologie des populations de l’Université Aarhaus au Danemark. Il pense qu’on ne peut pas simplement se baser sur une corrélation tirée d’une comparaison de données sur le long terme. Selon lui, il faudrait étudier cela via des expériences. Une objection qui a fait réagir Anders Pape Møller. Celui-ci avance que, par chance, une expérience était déjà en cours sans qu’il ne la provoque. Elle est permise par l’interdiction de la chasse des bécassines et des courlis depuis déjà 5 ans en Europe. Les chercheurs pourraient donc comparer la taille des cerveaux d’oiseaux chassés avant la période d’interdiction et après, pour voir si une sélection a réellement été exercée par la chasse. D’autres questions peuvent encore se poser : retrouve-t-on cette même corrélation chez les oiseaux solitaires et les oiseaux sociaux ? Si les espèces à gros cerveaux survivent mieux, vont-elles être de plus en plus dures à chasser ? Sans oublier que des études ont également montré que l’intelligence n’est pas forcément liée à la taille du cerveau, mais davantage au nombre de neurones. De quoi se creuser la cervelle encore longtemps.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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