1:34 - lundi décembre 5, 2016

Suivre l’ours à la salive

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ADN. Les ours n’auront plus à gaspiller leur salive, les chercheurs de l’Université de Californie lui ont trouvé une utilité de taille. Dans une étude parue dans Plos One en novembre 2016, ces derniers ont affirmé que la salive constituait une source unique de données scientifiques. Habituellement, le suivi de populations s’effectue à partir de la récupération de poils et de fèces d’animaux sur des structures telles que des barbelés, des arbres, etc. L’analyse de salive, elle, a déjà été employée dans quelques cas pour identifier des individus isolés lors d’attaques sur des animaux domestiques ou sur des humains, ou encore pour évaluer l’état de santé de certains animaux mais aucune étude ne l’avait encore utilisée comme un outil de mesure et de suivi des populations.

Un échantillonnage moins coûteux

Dans le Nord-Est du Pacifique, la salive est facilement prélevable sur les saumons pêchés par les ours. En effet, ces ours bruns, Ursus arctos, ne dévorent que rarement les poissons en entier, d’autant plus quand ceux-ci sont abondants, en automne et en été. « Dans certains cas, les ours mangent seulement le cerveau, et nous avons trouvé qu’en prélevant la salive le long de la colonne vertébrale, nous obtenions de meilleurs résultats pour extraire l’ADN », explique Rachel Weat, une écologiste ayant participé à l’étude. Afin de confronter la pertinence de l’utilisation de la salive à celle des fèces, l’équipe de scientifique a réalisé un échantillonnage de 156 saumons partiellement dévorés et de 272 excréments d’ours. Cette comparaison s’est faite selon plusieurs critères : l’estimation du nombre d’individus, de la taille de la population, de calcul de l’intervalle de confiance (marge d’erreur) et de la qualité de l’analyse ADN.

Avant tout résultat quantitatif, les chercheurs ont remarqué que la collecte d’échantillons salivaires était nettement moins énergivore et invasive que celle des poils ou des fèces. L’échantillonnage de salive peut effectivement se faire en absence de structure récolteuse de poils et à partir d’un bateau, permettant de minimiser le dérangement auprès des ours se trouvant sur les berges. Les résultats des analyses, eux, ont montré que la qualité de l’ADN trouvée dans la salive était bien meilleure et un nombre plus important d’individus a ainsi pu être déterminé. De plus, le coût monétaire des analyses s’est avéré être deux fois plus élevé concernant les excréments comparé à celui de la salive. « Pour nous, utiliser la salive d’ours n’est pas seulement plus simple et moins cher, c’est surtout un outil de recherche très efficace« , déclare la chercheuse.

Des méthodes complémentaires

Malgré ces résultats, quelques biais existent tout de même. Les ours chassent de manière hétérogène ; certains arrivent plus que d’autres à capturer des saumons ce qui peut entraîner une sur-représentation de leur salive dans les données récoltées. La pluie et l’eau peuvent également jouer sur la fiabilité des échantillons. Sans oublier que certains charognards (coyote, vison, martre …) peuvent également croquer dans les poissons morts, ce les qui contamine.

Bien que la qualité de l’ADN présente dans la salive soit meilleure que dans celle des fèces, les chercheurs recommandent d’utiliser les deux méthodes pour réduire la marge d’erreur et obtenir un maximum d’informations sur la population étudiée. À travers leurs recherches, ils espèrent inspirer d’autres biologistes. « Beaucoup de prédateurs laissent de la salive sur les restes de leur nourriture. Nous sentons que ce type de salive pourrait devenir un outil important du suivi des populations sauvages« , conclut Taal Levi, un des auteurs de l’étude.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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