1:15 - vendredi août 18, 2017

A Taïwan, des mangroves dans des tétrapodes

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ÉROSION. C’est un bien triste paysage qui se dessine sur les plages de Taïwan. Des tétrapodes, ces structures bétonnées « à quatre pieds », sont empilés le long des côtes pour faire barrière aux vagues limitant ainsi l’érosion qui touche tout le littoral. Cependant, cette solution implantée par le gouvernement n’est pas acceptée par les habitants, et notamment par les deux designers Sheng-Hung Lee et Wan Kee Lee. « Cela casse la connexion émotionnelle qu’offre la nature« , déplorent-ils. Ils ont alors imaginé une autre idée pour protéger le littoral : le ‘Tetrapot’.

 » Le protecteur de la mer

Tetrapot est un projet se voulant écologique et davantage en accord avec le paysage. Les tétrapodes sont, certes, une solution contre l’érosion mais ils ne sont pas toujours très efficaces puisque les vagues passent à travers les interstices et éloignent ainsi le sable de la plage. De surcroit, ces constructions perturbent les écosystèmes locaux. Les deux ingénieurs ont donc choisi de s’inspirer directement d’un système naturel particulièrement efficace : les mangroves.

MANGROVE. Cet écosystème est formé majoritairement de palétuviers, des arbres à racines longues poussant dans les habitats salins côtiers. Très tolérantes aux aléas de ces milieux, les mangroves constituent un système de fixation du sol protégeant ainsi les côtes de catastrophes naturelles telles que les tsunamis par exemple. De plus, elles constituent un sanctuaire pour de nombreuses espèces de faune et de flore. Malheureusement, 35% des mangroves mondiales auraient disparu à cause de l’effet de serre et de l’érosion progressive.

Le principe de Tetrapot est simple : réimplanter la mangrove en plantant des arbres dans des tétrapodes creux pour qu’ils soient protégés de l’érosion.

Mode de fonctionnement des tétrapots – © Sheng-Hung Lee et Wan Kee Lee

Les graines sont tout d’abord plantées dans un pot biodégradable au sommet du tétrapode (1). Lors des marées, l’eau va monter puis redescendre. Un peu d’eau va rester coincé dans une petite cavité située au centre de la structure, humidifiant l’air à l’intérieur (2). Au bout de 2 ou 3 mois, toute la strate organique du pot va se décomposer et l’arbre va pousser (3). Les racines, une fois bien développées, vont pouvoir descendre et sortir par les trous forés sur les côtés et ainsi recouvrir peu à peu le tétrapode (4). Les entremêlements de racines vont ainsi devenir une protection naturelle. « Les arbres protègent la structure artificielle (tétrapode) et celle-ci protège les mangroves », résument les designers. Ainsi, la boucle est bouclée. Ces « tétrapots » seraient disposés aléatoirement sur le littoral et non en amas comme le sont les tétrapodes bétonnés actuellement. Ainsi, les deux inventeurs espèrent protéger la mer et la côte sur une longue période grâce aux mangroves qui fixeront le sol durablement. « Je n’ai pas imaginé cela pour nous faire de l’argent. Je l’ai surtout inventé pour aider Taïwan. Mes enfants ou mes petits-enfants pourront ainsi avoir l’occasion de voir une belle plage« , explique Sheng-Hung Lee. Sans compter que ces nouvelles mangroves constitueraient également « une maison pour d’autres formes de vies« , accueillant par exemple des requins, des oiseaux, des crabes ou encore des singes.

Les mangroves poussant dans les tétrapots accueilleront une riche biodiversité – © Sheng-Hung Lee et Wan Kee Lee

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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