8:00 - samedi décembre 10, 2016

Arche de Tchernobyl : des dimensions pharaoniques

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COUVERCLE. Trente ans après la catastrophe qui a dévasté le site nucléaire ukrainien, les travaux de construction d’une arche de confinement gigantesque ont été achevé. Elle a été déplacée, le 29 novembre 2016, au-dessus du réacteur de la centrale qui a explosé le 26 avril 1986, transformant les alentours en villes fantômes. Un premier sarcophage avait été érigé à la hâte six mois après la catastrophe. Sous cette coquille de béton et d’acier, des matières hautement radioactives, dont 190 tonnes de combustible (uranium) étaient prises dans un amalgame vitrifié de déchets de béton et d’acier. Ci-dessous, la représentation à 360° des dimensions du sarcophage, avec quelques éléments pour comparaison. © Damien Hypolite / Sciences et Avenir

« Mais les conditions extrêmement difficiles d’intervention n’ont pas permis d’assurer une conception parfaite du sarcophage » rappellait Bouygues Construction dans un communiqué. « Les composants du toit ont dû être posés à distance à l’aide de grues. Il n’a pas été possible d’assurer leur jointure étanche et leur fixation sur des supports dont la solidité soit certaine« . Les fondations du premier sarcophage n’égtaient plus sûres depuis longtemps. Ce maigre bouclier était dégradé par les intempéries et les eaux de ruissellement ; il se fissurait de toute part. À tel point que la structure avait nécessité des travaux de renforcement en 1999, 2001, puis entre 2005 et 2006. Un effondrement du sarcophage risquait d’envoyer dans les airs des tonnes de poussières hautement radioactives et de causer un nouveau désastre, menaçant la vie des centaines d’employés qui travaillent sur le chantier de l’arche.

Des dimensions pharaoniques pour le sarcophage de Tchernobyl

Confiner cette coquille vieillissante est donc l’une des deux fonctions de cette gigantesque arche. L’autre étant le faciliter le démantellement ultérieur grâce à des ponts roulants faisant office de grue. Cette nouvelle superstructure est sensée résister à des tornades de classe 3 (c’est-à-dire des vents allant de 250 à 330 km/h), ainsi qu’à des séismes d’une intensité allant jusqu’à 6 sur l’échelle de Mercalli (qui mesure l’ampleur des dégâts et l’intensité ressentie des secousses, et non l’énergie libérée. Cette échelle comporte 12 gradations). L’arche est conçue pour durer une centaine d’années. Impossible toutefois, du fait de la radioactivité ambiante, de la construire directement au-dessus de la centrale. Le chantier de la superstructure en acier a donc été lancé à côté de celle-ci, à l’ouest de la centrale. La zone de montage de l’arche se trouvait à 300 m du réacteur. « La zone de montage a été choisie afin d’éviter tout risque de radiation, assurait Bouygues Construction, partie prenante de ces travaux. Des mesures de surveillance du site (radioactivité et contamination atmosphérique) sont assurées en permanence, tout au long de la réalisation du chantier », précisait l’entreprise dans un communiqué. L’entreprise précisait en avril 2016 que « le montage de la structure s’est fait au sol, car le rayonnement augmente avec la hauteur« .

Vidéo montrant l’état du chantier de construction de l’arche de Tchernobyl, en février 2016, filmé par un drone.

Construite sur des rails, cette ossature métallique de 25.000 tonnes a donc été glissée jusqu’à son emplacement final le 29 novembre 2016. Personne n’a encore tenté de déplacer une structure de cette taille ! Comme on peut le voir dans l’animation ci-dessus, les dimensions de cette arche sont en effet pharaoniques. Commencée en 2010, la construction a déjà représenté 17 millions d’heures de travail de la part des 1200 ouvriers et 220 collaborateurs internationaux qui travaillent sur ce projet.

Reste encore à installer bon nombre d’équipements électromécaniques à l’intérieur de l’arche, avant d’entamer son roulage. Le dernier calendrier en date prévoit la fin des travaux à la fin de l’année suivante, en 2017. Mais même s’il est respecté, cela ne clôturera pas pour autant la fin de cette catastrophe industrielle. En effet, l’arche ne constitue en aucun cas une solution miracle ! La structure métallique n’arrêtera pas les rayonnements gamma. Ces ondes, de même nature que la lumière, transportent une énergie beaucoup plus importante. Elles peuvent traverser plusieurs mètres de béton et provoquer des brûlures, des cancers et des mutations génétiques. En d’autres termes, si un oiseau niche sur l’arche, il sera irradié ! En revanche, le confinement permettra aux populations alentour de ne plus être exposées, par inhalation ou ingestion, à la dispersion des poussières radioactives.

Par Olivier Hertel et Erwan Lecomte

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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