8:00 - samedi décembre 10, 2016

Perturbateurs endocriniens : une manipulation de la Commission européenne ?

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« Les perturbateurs endocriniens peuvent (…) être traités comme la plupart des substances [chimiques] préoccupantes pour la santé humaine et l’environnement. » C’est sur cette seule phrase, issue de la conclusion d’un avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2013, que la Commission européenne aurait basé son projet à venir de réglementation des perturbateurs endocriniens. La première réglementation au monde sur ces substances capables d’interférer avec notre système hormonal à des doses infimes et suspectées d’altérer la reproduction humaine ou de créer des troubles neurologiques. Les termes employés dans la phrase de l’EFSA ont toute leur importance : si les perturbateurs endocriniens sont considérés comme des produits comparables aux autres, ils n’ont nul besoin d’une réglementation sévère. Or le journal Le Monde l’affirme ce 29 novembre 2016: « cette phrase clé sur laquelle repose l’édifice réglementaire proposé par la Commission a été rédigée avant même que l’expertise scientifique ait véritablement commencé ». Autrement dit, la Commission européenne aurait élaboré ses propres éléments de preuves pour éviter une réglementation trop sévère des perturbateurs endocriniens…

Une phrase clé de l’EFSA reprise comme argument par les industriels

Documents internes à l’appui, Le Monde raconte qu’en décembre 2012, l’EFSA avance déjà par mail des « conclusions/recommandations » aux experts qu’elle a rassemblés pour émettre un avis : « Les perturbateurs endocriniens et leurs effets nocifs devraient être traités comme tout autre produit chimique préoccupant pour la santé humaine ou l’environnement », est-il écrit. La phrase clé est donc déjà là, quelques jours seulement après la toute première réunion de mise en place du travail et trois mois avant la publication de son avis. Cette petite phrase figurerait aussi « à tout-va » dans les correspondances entre les grands groupes de l’industrie des pesticides correspondent et les institutions européennes, à en croire le journal.

Contactée par Sciences et Avenir, l’EFSA assure n’avoir rendu son avis qu’après « avoir consulté les documents émis par des experts et assemblées internationaux » qui analysaient « les critères scientifiques pouvant distinguer les perturbateurs endocriniens des autres groupes de produits chimiques ». Mais en 2013, des experts de cette instance européenne s’interrogent sur le bien-fondé de leurs conclusions à venir, selon Le Monde. Un mois avant la publication de l’avis, l’Organisation mondiale de la santé et le programme des Nations unies pour l’environnement publient un rapport conjoint sur les perturbateurs endocriniens, parvenant à la conclusion que la méthode traditionnelle d’évaluation des risques des produits chimiques est inadéquate. Or l’EFSA parvient justement… au constat inverse ! Les « conclusions actuelles où nous expliquons que les perturbateurs endocriniens peuvent être traités comme la plupart des autres substances chimiques (…) nous isolent du reste du monde et pourraient être difficiles à défendre », écrit un fonctionnaire de l’EFSA. Contactée également par Sciences et Avenir, la Commission européenne n’a, quant à elle, pas souhaité s’exprimer sur les accusations du Monde.

Cette affaire tombe mal pour Bruxelles, déjà accusée en juin 2016 d’avoir livré une définition des perturbateurs endocriniens exigeant des effets avérés sur la santé humaine, excluant donc les résultats obtenus chez l’animal et entravant toute interdiction de ces molécules… En complément de l’enquête publiée ce 29 novembre 2016 dans Le Monde, près d’une centaine de scientifiques ont signé une tribune dans ce même journal. Ils y dénoncent « la fabrication du doute » par les industriels dans le domaine des perturbateurs endocriniens et y défendent la création d’un groupe – à l’image du GIEC pour le climat – chargé d’évaluer les connaissances scientifiques destinées aux responsables politiques dans l’intérêt général et sans l’influence des lobbys.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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