7:16 - mercredi décembre 7, 2016

Ardennes françaises mystérieuses (52-2/61) : Saint-Menges : Un intérêt majeur du Patrimoine

Lu 316 fois Pierre Guelff 0 réaction
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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Saint-Menges est un village situé au nord de Sedan et à sa mairie on m’a directement évoqué l’église qui se trouve juste en face du bâtiment civil officiel :

« L’église Saint-Memmie constitue un élément important du patrimoine sedanais, tout en incarnant la conjugaison de différents types d’architecture, communion des cultures ardennaises et champenoises, union du schiste et de la pierre calcaire.

Un monument à faire connaître et à respecter, toujours empreint du souvenir des terribles Guerres de Religion, témoins des vicissitudes d’un passé foisonnant… »

 

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L’église Saint-Memmie.

 

Saint Memmie ou saint Menge (s)

 

Romain de naissance, il fut envoyé en Gaule et il prêcha l’évangile. Il devint le premier évêque de Châlons en Champagne et premier évangélisateur de la région.

D’abord repoussé par la population, il se retira dans les bois, attendit, pria, travailla… ressuscita le fils du gouverneur qui s’était noyé.

D’autres miracles émurent les habitants : l’heure de l’évangélisation avait donc sonné !

Memmie est mort à la fin du IIIe siècle.

Depuis 1318, ses reliques sont contenues avec celles de sa sœur, sainte Pome, dans une châsse.

 

Prison ou Palais ducal

 

Au XVIe siècle, Saint-Menges, situé aux portes de la principauté souveraine de Sedan, protestante, fut la cible de bandits, on craignait des heurts entre catholiques et calvinistes, des incursions de mercenaires allemands…

L’église a été fortifiée, ainsi que le mur d’enceinte du cimetière, comme celui de Douzy, de Floing, d’Illy…

Alors, le mur pignon de l’édifice religieux fut soutenu du côté nord par un fortin, percé de petites canonnières, le tout nommé « Prison » ou « Palais ducal ».

La tour carrée contient un escalier en colimaçon fabriqué de vieux chênes datant du XIVe au XVe siècle.

Cet endroit servit de mairie, Saint-Menges fut « débaptisé » à la Révolution et s’appela « Union » et l’église transformée en « temple de la déesse Raison ».

 

Sur le linteau du grand portail, une inscription fut peinte : « La Convention reconnaît l’existence d’un Être suprême et l’immortalité de l’Âme ».

Au XIXe siècle, l’église fut restaurée, mais, durant la guerre 1914-1918, une infirmerie allemande y fut installée, les cloches volées par l’occupant, les vitraux détruits lors de la Seconde Guerre mondiale…

 

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Prison ou Palais ducal.

 

 

Aujourd’hui, on remarque le chœur gothique du XIIIe siècle et sa piscine liturgique, des colonnettes à crochets, un reliquaire contenant des ossements sacrés de saint Memmie, des fonts baptismaux en marbre rouge du XVIIIe siècle, des dalles tumulaires…

 

La Maison forte

 

À quelques mètres de la frontière belge, en traversant la Forêt de Sedan, une maison fortement détériorée où flotte un drapeau tricolore français attire l’attention. Il est même demandé au passant de se souvenir…

De se souvenir de l’offensive allemande du 10 mai 1940, que les Allemands entrèrent dans Bouillon le 11 mai, foncèrent vers la Meuse à l’Ouest avec pour but : atteindre Dunkerque au plus vite.

Quelques maisons avaient été construites tardivement à la veille des hostilités, le long de la frontière, et elles n’étaient fortes que de nom. Bien sûr, elles ne purent que retarder brièvement l’avancée inexorable du torrent humain et mécanique nazi.

 

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« Ici, le 12 mai 1940, sont tombés glorieusement au combat, pour la défense de tes libertés : le lieutenant Boulenger, le brigadier Collette, le pointeur Guilbert, les canonniers Bellenou et Le Gleut. »

Ici, sur le territoire de Saint-Menges, le 12 mai 1940, le lieutenant Boulanger et ses quatre hommes ouvrirent le feu sur les premiers chars ennemis au débouché de la forêt.

À vrai dire, ils firent le sacrifice de leur vie en résistant jusqu’au bout pour la liberté, pour notre démocratie. Il faut, effectivement, s’en souvenir avec respect.

Militaire ou pacifiste ?

 À Floing, un village situé entre Saint-Menges et Sedan, le monument du Général Margueritte attire surtout l’attention par sa dédicace :

« La famille du général Margueritte, qui porte le nom d’une commune des environs de Nîmes, est originaire du Gard, mais les hasards de la vie l’ont fait naître dans le département de la Meuse en 1823.

Brillant officier de cavalerie, il prend part à la campagne du Mexique en 1867 avant de prendre le commandement du 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique en Algérie.

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Le général Margueritte.

 Rappelé en France comme général de brigade, il est nommé général de division le 29 août 1870 pour prendre la tête de la 2ème Division de réserve de cavalerie formée en toute hâte de quatre régiments d’élite et de deux batteries d’artillerie.

C’est au moment où la cavalerie va s’élancer contre l’infanterie ennemie qu’il est mortellement blessé, au début de l’après-midi du 1er septembre. Transporté en Belgique, il meurt à Beauraing le 6 septembre.

 

Cette belle statue pleine d’ardeur tragique, rendue à la France par l’Algérie en 1968, a été transportée de Kouba à Floing pour être placée au cœur même de la commune : elle est celle d’un chef exemplaire qui, avec ses cavaliers, se sacrifie pour que l’honneur soit sauf alors qu’il savait la situation sans espoir.

 

Quelques-unes de ses plus belles paroles ont été : « Je crois que ma véritable vocation n’est pas d’être soldat. Je n’aime pas la guerre. J’en ressens l’entraînement quand je suis soumis à son action, mais de sang-froid j’en ai horreur : bâtir, planter, cultiver la terre, faire des travaux d’utilité, voila ce qui me convient, et c’est à cela que j’ai trouvé satisfaction dans ma carrière. Signé : Général Margueritte. »

 

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Pierre Guelff
Pierre GUELFF est journaliste, écrivain (Éditions Jourdan) et chroniqueur radio. À travers ses ouvrages, ses émissions et ses chroniques, il défend avec passion la Nature, les notions de « Terroir », de « Tradition »… À « Fréquence Terre », il anime “Littérature sans Frontières”, "Nature sans Frontières" et "La Nuit porte conseil". Sur son site officiel retrouvez toutes ses émissions radio et tv (RTBF, VivaCité, TV5 Monde), ses ouvrages, sa biographie... Son site officiel

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