1:56 - jeudi août 17, 2017

Selon RTE, il n’y aura pas de coupures électriques cet hiver

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DÉFAILLANCE. Pas de panique, le courant devrait passer tout l’hiver ! Certes, avec une puissance moyenne en décembre inférieure de 10 000 mégawatts (MW) par rapport à décembre 2015, le parc nucléaire connaît une défaillance historique. « Avec l’équivalent de 9 réacteurs nucléaires indisponibles en moyenne sur l’hiver, c’est le niveau de disponibilité le plus faible depuis dix ans », signale Réseau de transport de l’électricité (RTE, filiale à 100% d’EDF) dans sa note d’analyse de l’équilibre offre/demande pour l’hiver 2016/2017. Ces réacteurs sont arrêtés en partie pour des raisons d’inspection de leurs cuves du fait de défauts dans leurs constructions. A ce déficit, s’ajoute la fermeture de 1200 MW de centrales thermiques à flamme généralement mises en service lors des pics de consommation. L’hydraulique présente peu de marge de manœuvre, les barrages étant à leur niveau décennal le plus bas. Seuls l’éolien et le solaire augmentent leur capacité de 1900MW et contribueront plus fortement à la couverture des besoins électriques. Au total, le déficit de production s’élève à 11 300MW.

En bleu clair, la production nucléaire hivernale de 2007 à 2014. En ligne bleu foncé, la disponibilité hivernale du parc nucléaire est nettement plus basse.

Cet hiver, l’électricité ne manquera pas

Faut-il s’affoler ? Certes pas. La France n’est pas un îlot énergétique. Son réseau est connecté au système électrique européen, lequel est en surcapacité, du fait notamment de la montée en puissance des énergies renouvelables. Les échanges sont donc quotidiens. Avec son parc nucléaire, la France est traditionnellement exportatrice. Du fait de l’arrêt des réacteurs, ces exportations ont diminué de 89% en octobre, ce qui a contribué à faire remonter un prix européen du mégawatts/heure (MWh) jusqu’ici très bas. La création de nouvelles interconnexions, dont notamment la liaison à courant continu avec l’Espagne, font que les capacités d’importation de courant sont estimées à 12 200 gigawatts (GW), un niveau jusqu’ici jamais atteint. Les simulations faites par RTE montrent que la production étrangère peut permettre de couvrir de 7000 à 11 000 MW lors d’une vague de froid durable. Si l’hiver se situe dans la moyenne des températures, le courant ne manquera pas.

PICS. Le risque se situe lors des pointes de consommation. Celles-ci interviennent tous les jours le matin entre 8h et 13h et surtout le soir entre 18h et 20h, ce qui correspond au mode de vie de ménages rentrant du travail ou de l’école et qui montent le chauffage et utilisent les appareils ménagers et audiovisuels.

Consommation type d’une journée d’hiver.

Ces pointes dépendent fortement du climat du fait du taux de pénétration du chauffage électrique en France supérieur à 30%. Pour un 1°C de moins, ce sont 2400 MW de puissance qui sont appelés, soit la consommation intra muros de Paris. Le record national de pic de consommation a été enregistré le 8 février 2012 avec 102 100MW appelés à 19h. A l’inverse, l’an dernier, hiver très doux, la pointe maximale n’a atteint que 88 600MW. En théorie, même en cas de vague de froid intense, les producteurs d’électricité ont la capacité de répondre à la demande. Un arrêté de janvier 2015, impose aux producteurs de garantir les capacités d’assurer un pic de consommation. Et cet arrêté entre en vigueur au 1er janvier 2017. Par ailleurs, l’hiver 2016-2017 sera vraisemblablement le dernier où la situation sera tendue. En effet, la pénétration d’appareils de chauffage plus efficaces et d’un électroménager plus sobre va faire baisser la consommation. RTE estime ainsi que la consommation nationale va passer de 479 milliards de kWh en 2015 à 471 milliards en 2021, soit une baisse représentant la consommation du département de la Haute-Garonne. La pointe hivernale ne pourra plus alors excéder les 100 000GW.

EFFACEMENT. Produire, n’est pas la seule réponse à la demande. RTE a également mis en place des systèmes d’effacement de la consommation électrique. Le gestionnaire du réseau a signé des contrats avec des entreprises très consommatrices pour rémunérer leur engagement à arrêter leur activité lors des pointes de consommation. RTE a ainsi sous le pied une capacité d’effacement de 3150MW. En une occasion, 1750MW ont ainsi été soustraits de la demande. Si l’effacement ne suffit pas, RTE peut mettre en œuvre « l’interruptabilité ». 21 sites industriels les plus gourmands sont alors débranchés pour épargner 1500MW. En cas de prolongation de la vague de froid, il reste la capacité de baisser la tension sur le réseau de 5% réduisant ainsi la demande de 4000MW supplémentaires. Les appareils électriques supportent cette baisse, mais ils tournent moins vite et mettent plus de temps pour s’allumer. Enfin, ultime solution, des délestages programmés, momentanés et tournants peuvent être décidés pour maintenir le service au plus grand nombre d’usagers possible.

Un appel aux citoyens

Exemple d’alerte aux éco-gestes.

APPLICATION. Chaque consommateur peut aussi contribuer à l’équilibre du réseau. RTE lance ce 5 décembre Eco2mix, une application pour mobiles, tablettes et sites Internet qui donne en temps réel la consommation électrique du pays. Les consommateurs seront ainsi informés la veille pour le lendemain par des « alertes rouges » des pics de consommation et donc des risques que ceux-ci excèdent les capacités de production et entraînent une rupture de service. Chacun chez soi sera ainsi incité à ne pas faire sa lessive entre 18h et 20h et à différer l’usage des appareils de lavage aux heures creuses, à baisser la température de son logement de 1 à 2°C, à éteindre complètement son ordinateur en fin de journée, à limiter le nombre de lumières allumées dans les pièces et à éteindre complètement les pièces inoccupées et les appareils en veille. RTE ne doute pas de l’efficacité de telles mesures. « En Bretagne, où l’approvisionnement électrique est toujours très tangent, le programme Ecowatt de réduction volontaire de la consommation de 45 000 abonnés seulement ont permis de réduire de 3% un pic historique de 18 000 MW pendant 7 jours en février 2012 », explique-t-on chez le gestionnaire des lignes à haute tension. Avec ces mesures individuelles, RTE espère obtenir une baisse des besoins de 3000MW. Tout additionné, ces mesures compensent largement la défaillance du parc nucléaire.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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