5:45 - dimanche juin 25, 2017

Les grandes multinationales inconscientes des risques qui pèsent sur leurs approvisionnements

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DISPONIBILITÉ. 842 milliards d’euros par an! C’est la somme totale des achats que font les multinationales en produits bovins, soja, huile de palme et bois et qui demain pourraient venir à manquer du fait de l’arrêt de la déforestation dans le monde. Bien que cela représente un quart de leur chiffre d’affaires, 42% seulement de ces sociétés parmi lesquelles figurent Carrefour, L’Oréal, Sodexo et Nestlé ont réellement évalué les conséquences de réglementations renforcées mais aussi l’impact des changements climatiques sur la qualité et la disponibilité de ces produits. Ces matières premières sont essentielles pour bon nombre de produits de grande consommation, de l’alimentaire à la cosmétique en passant par la construction ou la chimie.

Cette évaluation, la première du genre, n’est pas un calcul de coin de table. CDP (anciennement Carbon Disclosure Project) s’est fait une spécialité du calcul de l’impact des changements climatiques sur l’économie mondiale. Cette enquête sur les sources d’approvisionnement a été réalisée à la demande de 365 grands investisseurs pesant pour plus de 20 000 milliards d’euros de capital. 187 entreprises ont ouvert leurs comptes. Parmi elles, figurent des sociétés peu connues du grand public mais qui sont situées tout en amont de la chaîne de valeur des produits agricoles comme Archer Daniels Midlands Company, Bunge, Cargill et Louis Dreyfus Company. Trois des plus gros abattoirs brésiliens ont également répondu aux enquêteurs. Ce sont ces sociétés qui ressentent en premier les impacts météo sur la production. 81% de ces entreprises affirment avoir subi des dommages potentiellement liés à la déforestation. Kimberly-Clark redoute ainsi une augmentation de ses coûts de production et des ruptures d’approvisionnement dans ses plantations d’eucalyptus au Brésil. Le géant indonésien de la pâte à papier APP reconnaît des risques sur l’augmentation de maladies et de ravageurs liée au changement climatique. Golden-Agri Ressources a enregistré une baisse de sa production fruitière à cause des fumées des incendies de tourbières en Indonésie. Au total, 68% des producteurs, transformateurs et courtiers estiment que leur chaîne d’approvisionnement pourrait connaître des difficultés dans les six prochaines années. 65% des fabricants et des vendeurs de détail pensent de même.

Des normes pour une gestion plus durable

AVEUGLEMENT. Des entreprises ont déjà réagi. Dès 2019, Unilever n’utilisera plus que de l’huile de palme RSPO certifiée sans déforestation. De très nombreux papetiers adoptent la norme FSC “Forest stewardship council” qui garantit une gestion durable de la forêt. Henkel AG, Colgate-Palmolive développent des politiques d’aides envers de petits producteurs. Mais la prise de conscience se fait encore attendre. 72% des entreprises estiment en effet qu’elles n’auront malgré tout pas de problèmes d’approvisionnement dans les prochaines années. Or, selon le rapport, cet aveuglement risque de leur coûter cher. Cette cécité s’explique. 30% seulement des industriels connaissent l’origine des matières premières qu’ils utilisent. 56% n’ont des liens qu’avec le dernier tiers de leur chaîne d’approvisionnement. Difficile dans ce cas d’appréhender les risques de pénurie.

D’ici 2030, les entreprises vont subir une pression supplémentaire qui ne viendra pas uniquement des ONG. Au cours de 2015, la Communauté internationale a pris des engagements solennels qu’il faudra bien tenir. Sur les 17 ” objectifs pour le développement durable » (ODD) adoptés à New York en septembre 2015 lors de l’Assemblée générale de l’ONU, l’un –le quinzième baptisé “vie terrestre”- concerne la déforestation. Cet objectif qui engage les Etats vise à ” protéger, restaurer et promouvoir l’utilisation durable des forêts, de combattre la désertification, de stopper la dégradation des terres et d’arrêter la dégradation de la biodiversité ». L’accord de Paris sur le changement climatique (COP21) a même raccourci les délais. C’est en 2020 que les Etats doivent avoir arrêté toute déforestation et l’accord de préciser que les nations doivent “ agir pour conserver et maintenir en bon état les puits et réservoirs de gaz à effet de serre, incluant les forêts ». Pour CDP tous ces textes internationaux “montrent clairement aux hommes d’affaires et à leurs financiers à quoi ressemblera une économie globale durable et quelles stratégies d’entreprises ont des chances de réussir ».

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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