5:43 - dimanche juin 25, 2017

Les quotas de prise de bars suffiront-ils à sauver le stock ?

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TAC. Le bar des côtes atlantiques est-il sauvé ? C’est ce que claironne un communiqué du secrétariat d’Etat à la mer. Les totaux admissibles de capture (TAC) permettraient donc d’améliorer la population de Dicentrarchus labrax tout en permettant aux pêcheurs de vivre. Le moratoire instauré en Manche entre Brest et la frontière belge en 2015 est maintenu, mais, précise le ministère ” sans remettre en cause l’objectif d’une reconstitution du stock dans le cadre du moratoire actuel, la France a obtenu des assouplissements afin de tenir compte des captures inévitables de certains engins de pêche et d’éviter les rejets en mer ». En théorie, les chalutiers n’ont plus le droit de prendre du bar, mais il leur arrive de tomber sur un banc alors qu’ils cherchent une autre espèce. Ces “prises accessoires » peuvent donc être débarquées mais ne sauraient cependant excéder 400 kilos par an. Comme l’an dernier, les petits “métiers de l’hameçon” (ligneurs et palangriers) sont protégés avec un quota de 10 tonnes par bateau et par an qui leur assurent la rentabilité de leur pêche. ” La protection des petits métiers de la mer est une bonne chose, reconnaît Stephan Beaucher, spécialiste des négociations pour le Pew Charitable Trust. Mais les mesures sont insuffisantes et peu applicables pour la pêche récréative qui en Bretagne prend autant de bars que les petits professionnels soit environ 4500 tonnes par an ». En théorie, selon les zones de pêche, les amateurs devront soit rejeter en mer leur prise, soit respecter un quota qui va d’un à cinq poissons par jour. Mais qui va aller vérifier les débarquements de cette flotille aux moteurs parfois aussi puissants que celle des professionnels?

Dans la zone sud du golfe de Gascogne, les prises de ce poisson à haute valeur ajoutée ne pourront excéder 2490 tonnes. Mais aucune différence n’est faite entre pêche industrielle et petits métiers. “ La France s’est engagée, en lien avec le travail en cours avec les représentants professionnels, à un bilan des captures au 1er trimestre et à la mise en place de mesures de gestion complémentaires afin de maintenir un équilibre entre métiers » promet le ministère.

L’avis scientifique s’efface souvent devant la valeur du poisson

RENDEMENT. Ce stock de bars de Gascogne fait partie de l’un des 44 stocks de l’Atlantique sur les 210 déterminés par les halieutes pour l’Atlantique, la mer du Nord et la Baltique, où les recommandations des scientifiques du Conseil international pour l’exploitation de la mer (CIEM) sont strictement respectées. Le CIEM donne en effet un avis sur l’état des stocks et calcule le “rendement maximal durable” (RMD), c’est-à-dire le volume total de prises au-delà duquel l’espèce ne se renouvelle pas et décline. L’Union européenne a imposé aux Etats membres l’objectif d’un RMD appliqué pour tous les stocks d’ici 2020. Par ailleurs, les poissons capturés mais pas recherchés par le commerce ne sont plus rejetés à la mer mais débarqués au port et font désormais partie des quotas. Dans ces conditions, les négociations entre pays pêcheurs (principalement Espagne, France, Royaume-Uni et Irlande) sont de plus en plus rudes, surtout sur les espèces à haute valeur ajoutée. Et les recommandations du CIEM passent alors par pertes et profits.

Ainsi, alors que la Commission demandait une réduction de 68% des prises de cabillaud de la mer Celtique, c’est une baisse de 38% qui a été obtenue. Pour la sole de la Manche, c’est une baisse de 15% qui a été décidée alors que le CIEM préconisait -26%. Quant à la baudroie, le taux de prise a été reconduit alors que les scientifiques plaidaient pour une baisse de 12%. Le stock de merlu aurait dû bénéficier d’une baisse de 31% alors que -8% a été accordé. Ces concessions arrachées à la Commission au détriment de l’avis des scientifiques font l’objet de communiqués triomphants de la part d’un ministère qui estime avoir répondu à sa mission de défense de la profession. “Mais plus on recule le moment de l’action, plus elle sera difficile à mettre en œuvre et les pêcheurs risquent d’avoir de gros sacrifices à faire en 2019 et 2020 quand il faudra respecter le règlement européen » prévient Stephan Beaucher. Une attitude d’autant plus dommageable qu’en agissant très tôt, les stocks se reconstituent plus vite, autorisant leur augmentation. Ainsi, en 2017, les pêcheurs de langoustines du golfe de Gascogne pourront prendre 8% de crustacés en plus, fruit de quelques années de bonne gestion du stock.

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