10:39 - lundi juillet 24, 2017

Climat : sauvetage des données chez les scientifiques américains

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Par peur de voir englouties des données climatiques accumulées pendant des décennies dès que la nouvelle administration de Donald Trump (hostile à la lutte contre le changement climatique) entrera en scène le 20 janvier 2017, des scientifiques anticipent et organisent un sauvetage à l’échelle du pays. L’Université de Pennsylvanie (Etats-Unis) a lancé une opération de sauvegarde des données, baptisée #DataRefuge. Tout scientifique se sentant concerné peut ainsi mettre à l’abri ses données dans des serveurs indépendants, internationaux. Margaret Janz, bibliothécaire chargée des données de l’Université de Pennsylvanie, répond à Sciences et Avenir.

Sciences et Avenir : Pourquoi protéger les données sur le climat avant la future présidence Trump?

Margaret Janz : À chaque nouvelle administration présidentielle, les sites Web du gouvernement changent. Et l’Histoire récente des États-Unis fournit de multiples exemples de cas où l’accès public à des informations gouvernementales a été altéré. Les expériences canadiennes et australiennes ont illustré à quel point l’accès à l’information scientifique peut être réduit rapidement. En effet, leurs administrations réfutent le changement climatique et sont favorables au pétrole, au gaz et aux intérêts du charbon. En Australie, sous la bannière de Tony Abbott, le financement de la science a été considérablement réduit, certains programmes ont été éliminés complètement et le poste du ministre des Sciences a été aboli. Dans le cadre de l’administration Harper au Canada, de nouvelles règles ont été mises en place pour permettre aux scientifiques d’obtenir la permission de parler aux médias ou au public – processus qui a pris beaucoup de temps et qui a souvent été refusé. Le financement et les programmes ont été coupés, de nombreuses bibliothèques scientifiques gouvernementales ont été fermées.

Les données scientifiques seraient donc clairement menacées aux Etats-Unis ?

Pour administrer les principales agences fédérales qui recueillent et diffusent des données cruciales sur le climat et l’environnement, le président-élu Donald Trump a nommé des hommes niant les faits du changement climatique : Scott Pruitt pour l’EPA (Environmental Protection Agency), l’ancien gouverneur du Texas Rick Perry pour le ministère de l’Énergie. Ils ont dit pour l’essentiel qu’ils démontreraient leur pouvoir en démantelant des missions de base des organismes qu’ils doivent diriger. Ce qui rend plus probable l’hypothèse que les données publiques puissent être retirées.

N’êtes-vous pas paranoïaques ?

Les enjeux sont trop élevés et l’incertitude de la situation est tout simplement trop énorme. Nous sommes tous fermement convaincus qu’il vaut mieux prévenir que guérir et nous travaillons donc avec un large réseau de collaborateurs à essayer de préserver l’accessibilité, autant que possible, des données climatiques et environnementales existantes. C’est l’objectif de #DataRefuge, un projet dont le but est de s’assurer que les données aient un abri.

Quelle est votre stratégie ?

Nous nous sommes engagés à utiliser un modèle décentralisé dans lequel les données recueillies migreront dans des serveurs situés dans de nombreux endroits aux États-Unis et à l’étranger. Nous travaillons toujours sur les détails du lieu de stockage.

Comment garantir la sécurité de ces données?

Nous disposons d’une stratégie pour assurer la confiance dans les données. La façon dont nous protégerons les données dépendra, dans une certaine mesure, du type de données recueillies. Nous nous inspirons, en cela, du projet End of Term Harvest (La récolte de la fin de période), projet indépendant de sauvegarde des données des sites web gouvernementaux lors des passations de pouvoir présidentiel, qui utilise déjà un processus très fiable.

Qui a répondu à votre appel jusqu’à présent ?

Nous avons eu des centaines d’offres d’aide et de soutien. Pas seulement des scientifiques du climat mais aussi des sciences humaines, des bibliothécaires, archivistes, des informaticiens et d’autres, et aussi du secteur privé. Il est réconfortant d’entendre d’autres groupes désireux de lancer des initiatives locales, que nous les appelons des #DataRescue events (événements). Ce week-end a eu lieu le Guerilla archiving event à Toronto (Canada), notre premier événement conçu pour tester, recueillir les données climatiques et établir les bonnes pratiques, avant les prochaines sessions prévues à Philadelphie, New York, Los Angeles… L’événement de Philadelphie (organisé par le Programme Penn en sciences humaines de l’environnement en collaboration avec un grand nombre de partenaires universitaires et communautaires), se déroulera du 14 au 15 janvier 2016, juste avant l’investiture présidentielle.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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