5:39 - dimanche juin 25, 2017

Carbon Warfare : comment sensibiliser au climat en détruisant la planète

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MALÉFIQUE. Pour sensibiliser aux risques que représente le changement climatique, vous pouvez présenter les faits (élévation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère, acidification des océans, fonte des glaces, augmentation de la fréquence ou de l’intensité des évènements climatiques extrêmes…), identifier les sources d’émission de ce CO2 et lister les initiatives visant à réduire ces émissions. “Mais trop de jeu visant à sensibiliser à une cause se contentent de matraquer le message au détriment du plaisir de jouer“, déplore Jean-Baptiste Fleury, directeur de la création au sein du studio mobile de Paris Notre-Dame, et co-créateur du jeu pour smartphone Carbon Warfare. Aussi, c’est une approche radicalement opposée et transgressive qui a été choisie.

Niveau de conscience à surveiller

Carbon Warfare vous place à la tête d’un empire agro-économico-industriel dont la mission est… d’investir dans un maximum de secteurs polluants. Les profits générés (qui varient d’un continent et d’un secteur à l’autre) permettent de réaliser de nouveaux investissements qui, en fonction de leur nature, vont générer plus ou moins de CO2. Ainsi, en développant l’industrie des véhicules utilitaires de sport gourmands en essence, la généralisation des climatiseurs, le commerce de bois, les scieries, l’industrie de la viande hachée et les élevages intensifs… vous générez du CO2. En s’accumulant, les points de CO2 obtenus permettent de débloquer des catastrophes (incendies, sécheresses, guerres…) dont la fréquence augmente au fur et à mesure que la planète se fragilise. En effet, votre mission n’est ni plus ni moins que de détruire le monde, ville par ville. Mais prenez garde car toutes ces activités polluantes finissent petit à petit par éveiller l’attention du public. En effet, si le niveau de conscience grimpe trop sur le continent, les recherches sur des projets de captation du CO2 accélèrent, tout comme la fréquence des conférences sur le climat. Et si l’humanité trouve une parade, vous avez perdu la partie.

On retrouve donc des mécanismes de jeu, un esprit, et des stratégies très similaires à celles d’un autre jeu appelé Plague (dont les concepteurs de Carbon Warfare se sont d’ailleurs fortement inspiré). Ce jeu consiste à superviser la dissémination et les mutations génétiques d’un agent pathogène censé exterminer l’humanité, tout en passant sous le radar des chercheurs qui travaillent à un vaccin. Très ludique, il a aussi d’excellentes vertus pédagogiques puisqu’il permet de bien appréhender les mécanismes de propagation des maladies, et l’effet bénéfique de la recherche ainsi que des mesures sanitaires. Dans Carbon Warfare, on y développe des stratégies similaires : par exemple effectuer une pollution progressive mais relativement silencieuse jusqu’à atteindre un certain palier où l’on dépense d’un coup tous les points de CO2 pour multiplier les catastrophes sur la planète et neutraliser le plus grand nombre possible de villes en un temps record. Toute la difficulté étant de passer à l’offensive au bon moment.

Une pédagogie par le contre-exemple efficace

Pour mettre au point Carbon Warfare, les concepteurs du jeu ont contacté plusieurs spécialistes du climat, afin de coller le plus possible à la réalité. “Car nous voulions que, pour gagner, il faille entrer dans les détails de la compréhension des mécanismes de la pollution, et de ses effets“, poursuit Jean-Baptiste Fleury. Certains nous ont conseillé sans souhaiter être associés à notre démarche. Mais finalement, nous avons trouvé l’aide qu’il nous fallait auprès de Yoram Bauman”, un économiste américain exerçant à l’Université de Washington, qui pratique également le stand-up. Il est aussi auteur ou co-auteur de travaux sur les impacts du réchauffement climatique sur la production de lait aux États-Unis, ou encore sur les effets d’une taxe carbone. “Yoram nous a permis de comprendre des mécaniques scientifiques et de les transformer en mécaniques de gameplay. Il nous a par exemple permis de pondérer chaque type de pollution et de leur attribuer un taux plus ou moins élevé de dégagement de CO2 et de rentabilité économique.” Et cette pédagogie par le contre-exemple est plutôt efficace. Purement ludique, il ne cherche pas à expliquer ce qui se passe lorsque la Terre se réchauffe de 6°C, mais montre plutôt au joueur comment on parvient à ce résultat. On notera pour l’anecdote que le jeu a été développé entre la France et la Chine où se trouvent le plus gros de l’équipe des développeurs. “On pourrait croire que les Chinois dont certains vivent dans des villes parmi les plus polluées du monde ne s’intéressent pas à ces problématiques de la pollution, mais rien n’est plus faux, relève Jean-Baptiste Fleury. Tous ceux qui ont travaillé avec nous sur ce projet voient là une excellente manière de faire passer un message.” Sorti le 15 novembre 2016, ce jeu payant (2,99 euros) est disponible sur Androïd, comme sur iTunes. Une version pour PC est prévue pour le premier ou le second trimestre 2017.

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