5:39 - dimanche juin 25, 2017

La vie sexuelle des truffes révélée

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D’où viennent les truffes (Tuber sp.), ces champignons aux vertus culinaires incomparables ? Les chercheurs savaient que le fruit rond d’un noir profond qui parfume de prestigieuses assiettes est le résultat des ” amours » souterraines d’individus constitués d’un réseau de filaments, le mycélium. Mais l’équipe de Marc-André Selosse, mycologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, avec l’aide de chercheurs de l’université de Montpellier, vient d’écarter un peu plus le rideau de l’alcôve dans Molecular Ecology en détaillant ce phénomène. Des travaux qui laissent espérer une amélioration d’une production nationale anémique : alors que plus de 1000 ha de truffières sont plantés tous les ans (pour une surface totale de 10.000 ha), 40 à 100 tonnes de truffes seulement sortent de terre. Contre 1000 tonnes à la fin du 19e siècle. (Dans la vidéo ci-dessous, le botaniste au MNHN Olivier Escuder explique comment un pistachier a permis, en 1716, au scientifique Sébastien Vaillant d’étudier et de démontrer scientifiquement la sexualité des végétaux).

Un hermaphrodisme très rare chez les champignons

Hermaphrodite, ce champignon ne s’autoféconde pas et a donc besoin d’une relation ” mâle-femelle » pour se reproduire, comme une partie des membres de ce règne à part, ni végétal ni animal. Mais, ici, la surprise vient de la grande différence entre ces individus. “Les analyses génétiques de 950 échantillons montrent que la truffe que nous consommons résulte de la fécondation d’une femelle de grande taille et d’un mâle de petite taille, explique Marc-André Selosse. La première couvre quelques mètres carrés de terrain, vivant plusieurs années dans le sol, alors que le second est petit et ne vit souvent qu’une année”. Associée aux racines des arbres voisins (chênes et noisetiers principalement), la ” mère » a ainsi une taille suffisante pour contribuer à la fabrication des spores (l’équivalent des graines pour les champignons) et fournir la chair de la truffe qui les protège et les nourrit.

De constitution plus faible, le mâle, lui, ne contribue qu’à la formation des spores. Ce schéma permet d’expliquer la répartition des femelles et des mâles dans les truffières. “C’est une question de compétition, poursuit Marc-André Selosse. Quand une spore éclôt à proximité d’un individu déjà installé, le nouveau mycélium adopte le sexe opposé pour avoir une chance de disperser son patrimoine génétique”.

Cas très rare chez les champignons, Tuber sp. s’adapte ainsi aux individus pour offrir le sexe opposé. De l’avantage d’être hermaphrodite… Autre enseignement de ces analyses génétiques : les truffières plantées par l’homme comptent plus de mâles que les sites où le champignon vit à l’état naturel. “Cela pourrait être dû aux pratiques des trufficulteurs qui ont pris l’habitude d’épandre au pied des arbres des fragments de truffes non commercialisables”, suppute Marc-André Selosse. Ce faisant, ils disséminent des spores supplémentaires qui produiront autant de mâles supplémentaires à proximité des grosses femelles déjà installées. De quoi songer à étudier ces pratiques sur lesquelles personne ne s’est encore penché.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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