12:31 - lundi juin 26, 2017

Montagne d’Or : la biodiversité de la Guyane menacée

Lu 3685 fois Philippe Boury 0 respond
© Collectif Or de question

Montagne d’Or ! C’est le nom choisi, à dessein, pour un méga projet de mine d’or en Guyane. 18 organisations, dont France Libertés, se mobilisent contre ce qu’ils considèrent come une aberration industrielle.

Dans Monde Solidaire la semaine dernière, nous avons abordé l’impact social de ce projet de mine d’or, dans un contexte politique et social de fortes tensions.

Cette semaine regardons les origines de Montagne d’Or. Quelles sont les entreprises qui sont derrière ce projet ?

« C’est un consortium canadien et russe. D’un côté, il y a Colombus Gold, une compagnie minière canadienne qui a les concessions minières depuis 2011 et le permis d’exploration. De l’autre côté, pour l’exploitation, il y a Nordgold, une entreprise russe, qui a été décriée pour son action de mines d’or au Burkina Faso. Tout un rapport de l’ONG Action de Carême montre les conséquences et la mise à mal du mode de vie des populations au Burkina Faso. »

Est-il encore indispensable d’extraire de l’or ?

« Cela interroge sur ce que l’on peut qualifier de besoin réel. Nous, nous considérons que c’est une aberration industrielle, aujourd’hui, d’être dans de telles proportions. Ce qu’il faut savoir c’est que la majorité de l’or qui est extrait part pour le secteur de la joaillerie, à 57%. Pour le reste, 35% va au secteur bancaire. Et il n’y a seulement que 8% de l’or extrait qui part pour l’usage industriel, que l’on pourrait donc qualifier de nécessaire. En plus, en 2015, le recyclage a fourni trois fois plus d’or que ce que les industriels avaient besoin, alors que la filière du recyclage est sous-développée. Cela nous invite à poser cette question du besoin réel ou pas. Cette extraction est loin d’être indispensable. »

© Collectif Or de question

Quels sont les risques que ce projet fait porter sur l’environnement ?

« Les risques sont multiples. Avec ce projet Montagne d’Or, en Guyane, on se trouve entre deux réserves naturelles. Les risques sont graves, puisque cela porterait atteinte au poumon de la planète et à la biodiversité. On est sur des conséquences environnementales classiques. Il y a un nombre de déchets miniers conséquents avec l’utilisation de produits chimiques importants et très toxiques qui peuvent se retrouver dans l’environnement lors des pluies drainantes. Il y a donc des risques majeurs pour le milieu hydrographique de la région. L’autre risque porte sur la question des résidus miniers qui vont être stockés. On a vu au Brésil qu’il y a eu une rupture de digue. Quand cela arrive, ce sont des tonnes de liquides extrêmement toxiques qui se déversent sur l’ensemble du territoire et qui vont le contaminer pour des temps au-delà de l’échelle humaine et mettre à mal la biodiversité et les populations locales qui vivent non loin de l’exploitation minière. »

© Collectif Or de question

18 organisations se mobilisent contre ce projet. Que demandez-vous concrètement au gouvernement français ?

« Nous appelons à l’arrêt immédiat du projet. Il faut ouvrir le débat et inviter la population à s’informer concrètement des conséquences sociales, économiques et environnementales que l’on peut espérer ou non. C’est à chacun de se positionner en ayant tous les éléments en tête. C’est pour cela qu’il y a des conférences publiques qui sont organisées pour faire monter le débat. Actuellement la quasi majorité de la sphère politique est pour le projet. Il faut ouvrir le débat. Nous demandons un moratoire sur l’exploitation minière à grande échelle. Si ce projet voit le jour, c’est la porte ouverte à toutes les multinationales étrangères qui pourraient venir exploiter les ressources du sous-sol guyanais aux dépens d’une richesse inestimable que constitue l’Amazonie et au dépens des populations locales. »

© France Libertés

Pour aller plus loin :

 

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.
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