2:49 - lundi août 21, 2017

Otoktonia : sauver la Terre par la coopération

Lu 3743 fois Philippe Boury 0 respond
© Otoktonia

Sauver la Terre par la coopération. C’est l’objet d’un jeu lancé par la Fédération Léo Lagrange, la Fondation France Libertés et Les petits citoyens.

Otoktonia, c’est son nom, va permettre aux participants de découvrir les peuples autochtones de la planète et leurs savoirs traditionnels, de prendre conscience des menaces qui pèsent sur eux et de se familiariser avec les actions à mener pour les aider à lutter contre ces menaces.

  • Avec Marion Véber, chargée de mission Droits des peuples à la Fondation France Libertés.

C’est un jeu coopératif. La Fondation avait déjà publié Equilibro sur la place de l’eau sur la planète. Pourquoi passer par le jeu, et le jeu coopératif,  pour faire de la sensibilisation aux intérêts de ces peuples ? Qu’est-ce qui a motivé la démarche ?

« On l’avait fait avec Equilibro et on a trouvé que c’était un bel outil pour toucher un public différent des actions que l’on mène habituellement. La Fondation agit plus généralement dans de actions de sensibilisation du grand public adulte, ou du plaidoyer envers les institutions. A travers le jeu, c’est une façon d’élargir le public et d’amener la question des peuples autochtones, peu débattue en France, auprès d’un public large, y compris des enfants. Cela permet qu’enfants et adultes s’emparent de cette question et activent leur curiosité pour ces peuples. »

Quels peuples allons-nous découvrir ?

« On a choisi huit peuples répartis sur l’intégralité de la planète. Les Munduruku, qui vivent en Amazonie brésilienne, les Matuche, les Pygmées, les Massaï, les Mentawai en Indonésie, les Jummas du Bangladesh, les Inuits et les Kanaks pour la France. »

© Otoktonia

Comment se déroule le jeu ? Le joueur incarne un citoyen, un membre, de ces peuples ?

« C’est un jeu coopératif. Les petits citoyens font face à une planète surmenée par les menaces, telles que le changement climatique, la déforestation, la discrimination. Ils vont faire appel aux peuples autochtones. Chaque joueur incarne un petit citoyen en alliance avec un peuple. Il y a une double dynamique. A la fois, les joueurs jouent sur un plateau de jeu central qui représente la planète. Leur objectif est de faire en sorte qu’il n’y a ait pas trop de menaces sur Terre pour qu’elle soit vivable, pour les écosystèmes et pour les habitants. Il y a un jeu d’échange qui se créé avec la mise en place de stratégies entre les joueurs. L’autre volet c’est que chaque joueur a devant lui un plateau qui représente son peuple autochtone. Au-delà de nettoyer les menaces, les joueurs vont aussi en apprendre le plus possible sur leur peuple, ce qui va les renforcer dans le jeu. On découvre que les peuples autochtones ne sont pas juste des victimes de toutes ces menaces, mais que ce sont bien des acteurs à part entière et qu’ils ont des moyens d’action. Ces peuples ont énormément de choses à nous apprendre et c’est en mettant en avant tous leurs savoirs traditionnels et leurs modes de vie que l’on peut trouver des solutions pour lutter contre les nombreux défis auxquels on fait face. »

Au cours du jeu, on va donc pouvoir découvrir les peuples et leurs savoirs traditionnels, les menaces qui pèsent sur eux, et les actions à entreprendre pour les protéger ?

« On n’est pas dans un jeu purement éducatif, mais il est globalement très ludique. On va tirer des leçons par le jeu. Quand on tombe sur la case discriminations, on a une action de moins. On s’aperçoit que la discrimination donne moins de chances à certaines personnes. On n’est pas obligé d’avoir des effets de questions-réponses à la Trivial Poursuite, mais on est plus  dans de l’apprentissage en vivant le jeu. Avec le coté coopératif, soit tous les joueurs gagent, soit ils perdent tous ensemble. Cela donne envie de rejouer, soit parce qu’on a perdu et qu’on essaie de gagner, et on sera dans du  coopératif plus intensif, soit parce qu’on a gagné mais que l’on cherchera à avoir de meilleurs conditions de victoires dépendantes du nombre de savoirs traditionnels acquis. Plus on apprend sur son peuple, plus on est renforcé dans le jeu. »

© Otoktonia

C’est un jeu qui s’adresse à toute la famille. Comment faire pour être pédagogique et didactique pour les plus jeunes, sans être trop simpliste pour les adultes ?

« C’était un grand défi. On a fait en sorte d’être au plus près de la réalité des peuples tout en ayant un langage le plus compréhensible pour les enfants. On peut d’abord jouer sans être obligé de lire tous les explicatifs. On peut jouer et s’arrêter sur une illustration pour comprendre ce qu’elle représente, et venir aux explications sans y être forcé. Avec le site internet, il y a des éléments pour les animateurs ou les adultes pour approfondir une question. A travers ce jeu on donne à voir toutes les actions que mène France Libertés, comme l’extractivisme, ou la biopiraterie. »

Pour aller plus loin :

 

 

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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