3:33 - samedi avril 29, 2017

Pourquoi les territoires doivent s’emparer de la bioéconomie

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By Jean-Marc Callois, Directeur du département « Territoires », Irstea

Utiliser les ressources naturelles renouvelables sous toutes leurs formes. Oregon Department of Forestry/Flickr, CC BY

La bioéconomie, c’est l’économie basée sur les ressources issues du monde vivant : agricoles, forestières, piscicoles ; mais aussi les déchets organiques et les produits de l’activité des micro-organismes.

L’usage croissant de cette notion, notamment dans les discours politiques, témoigne du fait que ces ressources du monde vivant (appelées  » bioressources) sont aujourd’hui en grande partie sous-exploitées. La moitié de l’accroissement naturel en forêt n’est par exemple pas valorisé (ce qui représente environ 50 millions de mètres cubes en France métropolitaine), tandis que les sols agricoles sont menacés de dégradation (on estime que 16 % des sols européens sont dégradés).

Plus ou moins durable

Historiquement, le terme de bioéconomie correspondait à une vision englobante visant à replacer la production au sein de l’écosystème ; une façon donc de promouvoir une économie soucieuse de préserver le fonctionnement des systèmes naturels.

Depuis, d’autres courants sont apparus, s’inscrivant pour certains à l’opposé de cette première définition. Ainsi, le Club des bioéconomistes propose-t-il l’optimisation du potentiel de production permis par la photosynthèse pour répondre aux besoins (notamment alimentaires) croissants, sans considération pour les aspects écologiques autres que ceux nécessaires au maintien de la production.

Depuis 2012, date à laquelle la Commission européenne s’est dotée d’une stratégie en faveur de la bioéconomie, nombre de pays tentent de s’approprier ces nouvelles perspectives.

En France, la bioéconomie s’entend comme  » l’ensemble des activités liées à la production, à l’utilisation et à la transformation de bioressources. Elles sont destinées à répondre de façon durable aux besoins alimentaires et à une partie des besoins matériaux et énergétiques de la société, et à lui fournir des services écosystémiques.

Une nouvelle organisation

Mais la bioéconomie, et sa recherche de durabilité, est avant tout une manière nouvelle de penser l’organisation économique.

Remettre le vivant au cœur de l’économie, ce n’est pas seulement préférer des produits directement issus des processus vivants (biogaz plutôt que carburants fossiles, matières recyclables plutôt que minérales). C’est aussi penser la production de manière  » organique et donc sortir du schéma classique : exploitation de ressources, transformation, consommation, mise en déchet.

La recherche de durabilité et d’efficacité implique à la fois de valoriser chaque fois que faire se peut les coproduits et de maintenir le potentiel de production des écosystèmes à l’origine des bioressources. C’est le principe à la base de l’agroécologie, qui vise à renforcer la résilience des systèmes agricoles sans remettre en cause leur productivité, par exemple en favorisant un couvert végétal permanent (qui maintient la qualité des sols) et en introduisant des légumineuses (qui diminuent les besoins en engrais).

Une telle démarche implique de chercher au maximum à réutiliser sur place des coproduits qui passent d’un statut de déchet à un statut de ressource. C’est le cas typique de la méthanisation qui à partir de déchets organiques peut permettre à la fois une production d’énergie et un digestat aux propriétés fertilisantes. Ce principe de  » circularité peut s’étendre à bien d’autres filières.

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Cette info vient du site : The Conversation

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