6:34 - dimanche juillet 23, 2017

La nature au cinéma : quatre paysages pour grand écran

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By Eve Lamendour, Maître de conférences en sciences de gestion, Université de La Rochelle

Rendez-vous mortel dans le désert pour la deuxième saison de la série  » True Detective. DR

Duel au soleil, un western de King Vidor réalisé en 1946, serait une parfaite métaphore pour évoquer la manière dont les cinéastes traitent la nature : elle est cette femme inaccessible au centre du récit. Incapable de la posséder, l’homme préfère s’acharner à la détruire quitte à le faire au prix de sa propre perte.

Le constat peut sembler définitif et nécessite sans doute d’être nuancé. Allons explorer la cartographie cinéphile à travers quatre paysages emblématiques d’un rapport compliqué de l’homme à la nature.

L’immensité désertique

Le Technicolor et le CinemaScope semblent avoir été inventés pour faire l’éloge du paysage nord-américain. Quand il est célébré par un John Ford, cela donne La Prisonnière du désert (1956), tourné en Technicolor et VistaVision.

Le film offre une image séminale de l’Ouest américain à travers les paysages de la bien nommée Monument Valley. Ford reviendra y tourner à sept reprises. Inoubliables, ces perspectives sont le fond âpre qui va alimenter l’imagination de tous ceux qui joueront aux cow-boys et aux indiens.

 » La Prisonnière du désert : une ferme dans le désert, un oxymore qui maintient à l’orée d’un monde primitif, dangereux parce qu’indompté (la nature, les indiens, la tempête de sable).

La nature qui emplit l’écran s’impose moins par l’aridité du milieu que par sa dimension qui écrase les individus, les renvoie avec brutalité à leur médiocre condition humaine. Elle est une machine à fantasmes : y aller pour le spectateur devenu voyageur, y survivre en dépit de la menace silencieuse, invisible qui l’habite, accepter de s’y perdre comme John Wayne qui à la fin du film, sa nièce retrouvée, repart vers cette immensité désertique, comme tous ces gangsters qui seront abattus et abandonnés à l’orée du désert dans les polars américains (comme dans Casino ou la saison 2 de True Detective).

En tournant ses westerns en Espagne (en totalité pour Le Bon, la brute et le truand (1966) ou en partie pour Il était une fois dans l’Ouest (1968) dont les extérieurs sont aussi filmés à Monument Valley et dans le désert de Moab), le très italien Sergio Leone réinvestit, avec un projet satirique, le paysage nord-américain pour en donner une représentation iconique. L’âpreté de la nature imprègne le récit, le caractère des personnages et bientôt leurs visages filmés comme autant de paysages ravinés.

Les paysages ravinés de Sergio Leone.
DR

La forêt vierge

Parmi les réalisateurs européens, John Boorman est celui qui a célébré une nature sauvage, récalcitrante et en tout point irréductible.

Vierge folle, elle avale les hommes avant de les recracher, définitivement atteints dans leur masculinité et, bien plus, dans leur humanité (Délivrance, 1972). La descente de rivière Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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