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Les vautours des Causses lozériens. - Publiée le 10-08-2008

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LA CHRONIQUE
J'étais il y a quelques jours sur un sentier à flanc de falaises dans les gorges du Tarn, parti à la rencontre des oiseaux les plus impressionnants vivants en liberté sur notre territoire : les vautours.

Les traces les plus anciennes de la présence des vautours sur les Causses lozériens remontent à plus de 70.000 ans. Ils y étaient également présents à l'époque des menhirs et des dolmens, comme en témoigne une flûte taillée dans un os de vautour contemporaine de cette période, et jusqu'en 1940, année de leur disparition.




Victimes des poisons utilisés contre les nuisibles, chassés comme trophée, les vautours qui avaient traversés les millénaires quittèrent ce territoire lorsque, par peur des infections microbiennes, les hommes commencèrent à enfouir les carcasses de bétails, les privant ainsi de nourriture.



Leur réintroduction fut un long parcours et débuta par un échec. En effet, sur les quatre jeunes vautours qui furent lâchés en juillet 1971, deux disparurent, un s'électrocuta sur une ligne électrique et le dernier fut abattu par un chasseur.
Loin de se décourager, les passionnés à l'origine de ce projet travaillèrent durant 10 ans à une nouvelle tentative, en nourrissant de carcasses les captifs pour les fixer sur le site et en sensibilisant les populations locales à leur démarche.
En 1980, la première naissance en captivité avait lieu, signal que la liberté était toute proche.
Le 15 décembre 1981, les premiers couples étaient enfin relâchés, rejoints par d'autres jusqu'en 1986. La soixantaine d'oiseaux réintroduits formeront une colonie qui compte aujourd'hui plus de 200 individus. Les vautours fauves, et depuis 1992 les vautours moines, se sont répandus dans les gorges du Tarn et de la Jonte, et ont prit possession des airs.



Il faut dire que le site est propice à leur présence, les courants ascendants générés par le réchauffement des parois rocheuses facilitent leur envol, et les anfractuosités des falaises leur offrent autant de sites de nidification possibles.


Plus on s'approche de l'endroit où la Jonte se jette dans le Tarn, plus ils sont nombreux et impressionnants.

En vol plané le plus souvent, le vautour silencieux surprend le promeneur par son ombre qui glisse sur le sol et trahit soudain sa présence.


Il semble aller et venir sans effort, se jouant des courants d'air, parcourant les gorges creusées par le Tarn dans les plateaux calcaires, ou survolant les Causses en quête d'une charogne abandonnée.


Son décollage est spectaculaire et bruyant, surtout lorsqu'il se déroule au dessus de nos têtes. La sensation est unique. Certains rochers accessibles se présentent comme des avancées dans le vide, et sont pour les amateurs de photo des lieux de rencontre uniques avec cet oiseau. Celui-ci, habitué à la présence de l'homme, se rapproche encore et encore, au point de remplir l'objectif de son envergure.


Sa bonne reproduction permet aujourd'hui d'être confiant en l'avenir, même si les accidents avec les lignes électriques sont le principal facteur de mortalité. En fait, c'est le maintien de l'activité pastorale et la présence de grandes prairies sur les Causses qui sont ses meilleurs atouts pour l'avenir. Le vautour des Causses est intimement lié à l'Homme, à l'Homme de tout faire pour que ce grand voilier des airs continue à porter son ombre sur ce si beau territoire.

Photos : © Olivier FRIGOUT - Tout droit réservé.

Sources : vautours-lozere.com

                olivier, pour la Rédaction.


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