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Biodiversité et environnement : L’hirondelle rustique disparaît

SCIENCES ET NATURE
Chronique du 1-05-2006

Par Olivier FRIGOUT
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LA CHRONIQUE
... quelques grammes de graisse pour traverser mer et désert.

A l'opposé du martinet, qui est plus urbain, l'hirondelle fréquente nos villages dès le mois d'avril et va y rester jusque fin septembre, date à laquelle la migration vers l'Afrique commence. Ainsi, l'hirondelle s'est adaptée en colonisant deux milieux qui ne lui sont chacun favorables que quelques mois dans l'année. Mais l'évolution des effectifs, analysée au Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d'Oiseaux, est à la baisse : 36% pour l'hirondelle rustique et jusqu'à 84% pour l'hirondelle de fenêtre. Nos comportements agricoles et les accidents climatiques ont leur part de responsabilité dans cette hécatombe.
L'hirondelle rustique, de l'ordre des passériformes, est souvent confondue avec le martinet. Elle s'en distingue pourtant par sa robe aux reflets bleu métallique, son ventre blanchâtre lavé de roux, et sa silhouette élégante et fuselée, terminée par une queue fourchue très échancrée dont les brins appelés "filets" sont très longs chez le mâle.
Bâti avec de la boue et des brindilles, le nid d'hirondelle rustique ressemble à une demi coupelle accrochée à une solive, une poutre ou encore un mur, mais toujours à couvert.
Etables, écuries, garages et granges sont des endroits parfaits à condition qu'ils soient ouverts à l'extérieur.

© Copyright Olivier FRIGOUT - 2005

La femelle va y pondre de 3 à 6 œufs qu'elle couvera environ 2 semaines. La température des œufs devant rester constante, elle ne s'absentera que peu de temps pour se nourrir.
Après l'éclosion, les adultes vont les nourrir pendant une vingtaine de jours, faisant jusqu'à 400 allers et retours quotidiens.
Quinze jours après, les parents ont changé de comportement à leur égard. Comme pour les inciter à les suivre, ils alternent becquées et passages près du nid le bec chargé de nourriture en poussant des cris d'alerte. Les oisillons se rapprochent du bord du nid, évaluent la distance qui les séparent du sol, battent des ailes pour éprouver leurs forces. Enfin, le plus courageux, tenaillé par la faim, s'élance et disparaît avec les hirondelles adultes dans les airs.

© Copyright Olivier FRIGOUT - 2005

Il finira par rejoindre le nid, cédant la place à un autre apprenti. Les jours qui vont suivre verront les sorties de plus en plus fréquentes, les hirondeaux prenant confiance en eux. C'est vers le trente-cinquième jour que l'émancipation des jeunes aura lieu, permettant aux adultes de produire une autre ponte.
Fin septembre, la migration va reprendre. Les hirondelles se rassemblent dans les roselières autour des marées ou à défaut les champs de maïs pour y passer la nuit.
Les jours qui précèdent le départ sont consacrés à la chasse qui leur permettra d'emmagasiner les quelques grammes de graisse indispensables aux milliers de kilomètres qu'elles s'apprêtent à franchir. La Méditerranée puis le désert saharien seront impitoyables pour les plus faibles, au cours d'un voyage les emportant vers les pays au Nord de l'équateur comme le Cameroun, le Congo, le Gabon, ou encore le Centrafrique.
Etonnamment, les hirondelles qui migrent depuis le Royaume-Uni ou encore la Russie franchiront l'équateur pour s'établir bien plus au sud, parcourant ainsi plus de 10.000 kilomètres.
Une migration qui reste une énigme.
L'hypothèse la plus probable suppose que ces oiseaux cherchent pour se reproduire un milieu où la concurrence pour la nourriture est moins forte, période durant laquelle ils n'ont que peu de temps pour chasser et de nombreux becs à nourrir.
Concurrencées par les moineaux qui convoitent leurs nids, les hirondelles sont surtout victimes de l'activité humaine. Insecticides, agriculture intensive, assèchement des marées, disparition des roselières portent atteinte à la source alimentaire de cet oiseau. Le comportement des citoyens change et les nids sont de plus en plus menacés. Transformation des granges, démolition des vieilles bâtisses, intolérance des salissures engendrées, réduisent le nombre d'endroits à couvert propices à l'installation d'un nid. Il s'agit pourtant de délits car l'hirondelle est une espèce protégée par la Loi (1).
Les épisodes de froids intenses au printemps et de canicule l'été sont de plus radicales menaces encore pour ces oiseaux. Surprises par une température inférieure à 10 degrés, les hirondelles ne vont plus trouver de nourriture et sacrifier la couvée en éjectant les oisillons du nid. En 1974, bloquées par le froid, 470.000 d'entre-elles furent sauvées par les naturalistes qui les renvoyèrent en Afrique par avion. Les hivernages constatés en divers endroits en France supposent que l'hirondelle pourrait se sédentariser si le climat continue à évoluer dans le sens d'un réchauffement. Mais comme pour l'ensemble des espèces, l'augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes est un danger. Des mois d'avril glacials comme celui de 2005 pourraient se reproduire.
Si vous avez un moment, installez-vous dans une grange début juin et observez comment les hirondeaux se préparent à affronter la vie. Le spectacle est tout simplement, merveilleux.

(1) Loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature, codifiée aux articles L 411-1 et suivants du code de l'environnement et de l'arrêté ministériel du 17/04/1981 modifié le 5/03/1999.
Jusqu'à 9 146,94 euros et/ou une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 6 mois (art. L 415-1 du Code de l'environnement).

                Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.



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kevine a écrit le 10-07-2006 : les hirondelle on besoin de vivre tout comme nous avon besoin nous ossi!!


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