Ces derniers jours, un journal télévisé a proposé un reportage sur les dégâts qu'occasionne dans les prés un rongeur peu connu : le rat taupier. Appelé communément « quatre dents », ce campagnol terrestre, commun en Europe et qui vit sous terre dans les jardins, les prairies ou les vergers, est symptomatique de la façon dont nous qualifions de nuisibles certaines espèces, mais également des déséquilibres que nous avons générés en éradiquant certaines d'entre elles. |
Cet animal creuse des galeries avec ses incisives, repousse la terre derrière lui avec les pattes, formant des sortes de taupinières. Végétarien, il se nourrit principalement des parties souterraines des plantes, comme les racines, les bulbes, ou les tubercules. Il cause ainsi de gros dégâts, notamment dans le Nord, l'Est, le Centre et le Sud-Ouest où sa population est importante. Lassés de voir le fruit de leur travail réduit à néant, professionnels et amateurs de la terre sont bien évidemment tentés par des méthodes de lutte chimique, dont l'impact sur l'environnement est non négligeable. Et pourtant, comme toujours, une espèce a ses prédateurs et ses faiblesses, que l'on peut aisément utiliser contre elle. Comme tous les rongeurs, le rat taupier est la proie des hermines, des belettes, des renards ainsi que des rapaces. Certains d'entre eux, considérés comme nuisibles eux-mêmes, ont vu leur population se réduire. La régression de la prédation a immanquablement favorisé le développement de populations de rongeurs. L'une des premières solutions consiste donc à réhabiliter ces espèces combattues depuis toujours, car elles ont toutes un rôle à jouer dans l'équilibre naturel. D'autre part, des moyens de lutte passive existent aussi contre ce rongeur. Par exemple, le rat taupier est très sensible au sureau. Ainsi, une haie de sureaux en bordure de champ est une première protection contre cet animal. |

Le sureau peut être également utilisé en purin, déversé dans les galeries, au même titre que le tourteau de ricin, excellent répulsif. Les copeaux de thuya ou même l'ail sont également efficaces. Enfin, sensible au bruit, le rat taupier fuira le sifflement que ne manqueront pas de générer des bouteilles d'eau coupées en deux enfoncées à moitié dans la terre. Le piégeage est envisageable pour les plus exaspérés, mais attention : le rat taupier repère l'odeur humaine. Les pièges ne devront pas être manipulés à main nue si l'on souhaite avoir une chance qu'ils fonctionnent. Les poisons utilisés sont des anticoagulants. Leur recours est évidemment proscrit si l'on souhaite préserver l'environnement, d'autant qu'ils empoisonnent aussi les prédateurs du rat taupier. Quant au gazage, il se pratique avec de l'hydrogène phosphoré qui est un gaz particulièrement dangereux. Extrêmement irritant pour les voies respiratoires, l'hydrogène phosphoré est un toxique cellulaire qui conduit à la défaillance de nombreux organes pouvant conduire au décès. L'idéal est donc d'user de toutes ces techniques naturelles qui s'offrent à nous et que les anciens connaissaient. Associées à la protection des prédateurs du rat taupier, elles devraient permettre à tous ceux qui travaillent la terre de retrouver équilibre naturel et sérénité, dans le cadre d'une pratique agricole plus respectueuse de notre environnement. Photos : Renard : © Greenpeace Buse : © O. FRIGOUT Gazage : © srpv-auvergne Sources : www.franche-comte.ecologie.gouv.fr agmed.sante.gouv.fr www.srpv-auvergne.com olivier, pour la Rédaction. |