
LES LOMBRICS : PRECIEUX AUXILIAIRES DES JARDINS.
Sous nos pieds le sol est vivant. Il existerait environ 2500 espèces de vers de terre, dont une centaine en France. Dans ce monde souterrain, dans les jardins, les prairies, nous retrouvons les lombrics, appelés aussi vers de terre. Malheureusement pour eux, ils sont loin de compter parmi les animaux les plus sympathiques aux yeux des gens, et pourtant ces invertébrés se révèlent essentiels au maintien de la bioverdisité des sols.
Le vers de terre est hermaphrodite, c'est-à-dire qu'il porte en lui les organes mâles et femelles à la fois. Néanmoins pour la reproduction, il faut deux vers de terre. Il n'a pas de poumon, il a une respiration cutanée. C'est pour cela que son corps doit toujours rester humide. Cet animal à sang froid, se dessèche et meurt lorsqu'il est exposé au soleil, c'est pour cette raison qu'il s'enfouit dans la terre à le recherche de l'humidité. S'il n'a pas d'yeux, il possède à la surface de sa peau des terminaisons nerveuses très sensibles à la lumière. Par contre lorsque la température descend énormément il est capable d'hiberner, soumis au gel, il meurt.
Il se déplace dans le sol verticalement, creuse des galeries dans lesquelles il s'enfonce, parfois même jusqu'à 2 mètres de profondeur. Dans la biologie des sols, il joue un rôle fondamental. Le lombric étant un animal fouisseur, il brasse continuellement les différentes couches minérales et organiques, mélangeant ainsi les éléments nécessaires à la bonne santé des terrains. De plus les tunnels sont favorables non seulement à un bon enracinement des plantes, mais aussi participent à l'aération et au drainage.
Sa nourriture se compose de végétaux morts, de racines, de champignons, mais aussi de la terre qui les enrobe. Il peut ingérer jusqu'à un tiers de son poids. Il se déplace en mangeant et en excrétant, et comme son système digestif est riche en bactéries, ses excréments accélèrent le processus d'humidification et enrichissent le sol, car elles sont riches en matières nutritives. En transformant les matières organiques en humus ils assurent également une bonne fertilité des sols. Dans votre jardin, si vous voyez sur la terre de drôles de petits tortillons, (appelés « turricules »), c'est que vous avez des lombrics. Ce sont des déjections non digérés composés d'un mélange de terre, de micro-organismes, de bactéries très actives et d'un liant.
Mais pour cette espèce, comme pour tant d'autres, c'est la descente aux enfers. Les lombrics ne survivent pas à la monoculture, au labourage intensif, aux engrais chimiques, pesticides, et de plus le sol devient stérile. Les nitrates traversent toutes les couches et se retrouvent dans les nappes phréatiques. Alors notre lombric disparaît, dans certaines régions, il n'en n'existe même plus du tout, alors qu'auparavant il était courant de trouver environ 250 vers par m², Certains scientifiques ont d'ailleurs fait le rapprochement entre les inondations et l'absence des lombrics. Pourquoi ? Et bien tout simplement, parce qu'avec la présence des lombrics elles auraient pu être évitées. Les lombrics creusant de très nombreuses galeries, ces dernières auraient pu absorber une partie de l'eau des crues, en jouant un rôle d'éponge.
Notre rôle est de protéger les lombrics. Si vous avez un jardin utilisez plutôt une fourche- bêche et non une bêche, pour éviter de le blesser. Si par malheur vous le coupez en deux, seule la partie antérieure se régénérera. Certains ont pris conscience de l'intérêt majeur de leur présence dans les sols, et les élèvent pour produire du compost, c'est la lombriculture. Chacun d'entre nous peut se procurer un lombricomposteur. Avoir des lombrics dans un terrain, est signe de bonne santé de votre terrain. Préservez-les en leur donnant à manger des épluchures de légumes et de fruits, du marc de café avec filtre, ou des sachets de thé (produits issus de l'agriculture biologique évidemment). Mais surtout ne le ramassez pas pour servir d'appât à la pêche, cette méthode barbare qui consiste à le transpercer vivant et à le noyer, prive aussi la nature d'un élément essentiel. Outre les prédateurs naturels des lombrics (salamandres, couleuvres, crapauds...) son plus grand ennemi reste l'homme avec ses activités dévastatrices. Respectons la nature et les animaux, et ils nous le rendront au centuple.
Contact : Ferme lombricole du Moutta. Chemin du Moutta 64330 BOUEILH
Fermedumoutta@gmail.com
Marine Revenusso, pour la Rédaction.