
Peut-on voyager en Corée du Nord?
A priori ce pays est très fermé et souvent pointé du doigt pour ses provocations multiples et l'oppression de son peuple...
Pourtant chaque année, près de 2000 touristes viennent visiter ce pays.
Une agence notamment s'est spécialisée dans ce genre de circuits au départ de Pékin. Depuis 17 ans,
Koryo tours... un tour opérateur fondé par des britanniques propose aux touristes de se faire leur propre opinion, loin des images négatives relayées par les médias
Simon Cockerell, l'un des fondateurs
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On veut permettre aux gens de visiter le pays. On n'a pas l'intention de changer les mentalités ou de leur dire ce qu'il faut penser. On essaie juste de les mettre dans les bonnes conditions pour visiter et se faire leur propre opinion."
Au programme donc: la capitale Pyong Yang avec le mausolée de Kim Il Sung, le père de la révolution, le musée de la guerre de Corée, mais aussi la Zone démilitarisée entre les deux Corée et quelques éléments culturels et religieux.
Mais les restrictions sont nombreuses... les déplacements sont très contrôlés, les contacts avec la population limités et les photos à peine tolérées...
Tout acte de contestation du régime autoritaire en place est bien sûr malvenu et il est demandé aux groupes de saluer la statue de Kim... quand ils arrivent dans le pays.
Pour autant, Simon Cockerell rejette les fausses idées qui circulent sur le pays
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J'ai entendu des gens qui racontaient des histoires croustillantes sur leur voyage en Corée du Nord... ils étaient suivis par des agents du gouvernement, mis sur écoute...
Mais soyons honnêtes pour des touristes, ce n'est pas vraiment réaliste. Oui, vous devez rester avec votre guide tout le temps, prévoir votre parcours à l'avance mais ça c'est votre tour opérateur qui le fait, pas le gouvernement nord coréen."
Mais ce discours très positif, masque mal l'embarras quand on évoque la question des droits de l'homme
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Nous sommes une agence de tourisme. Si vous voulez des commentaires sur les droit de l'homme, peut-être devriez-vous demander aux Nations Unies."
Droits de l'homme et tourisme n'ont rien à voir ensemble... le
CETO, le centre d'étude des Tours opérateurs en France ne partage pas cette position.
Selon Jürgen Bachmann, son secrétaire général, on ne peut pas distinguer la culture d'un pays de son histoire et de sa vie quotidienne
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Vous avez forcément des commentaires à faire sur la vie d'aujourd'hui même si vous faites un programme basé sur l'histoire.
L'intérêt d'un programme c'est de découvrir une culture et la culture ce n'est pas uniquement les pierres."
Le CETO rappelle qu'une destination ne peut être ouverte qu'à condition que la sécurité des touristes soit assurée et qu'il n'y ait pas de contrainte pour établir un programme.
Photo: Défilé militaire à Pyong Yang Grégory LESCA, pour la Rédaction.